Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]
- Автор: Азимов Айзек
- Серия: Fondation #5
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-30438-8
- Переводчик: Jean Bonnefoy
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]». Краткое содержание книги:
— Et si on nous la refuse, que faisons-nous ?
— Je ne sais pas bien, dit Trevize. Attendons de voir ce qui arrive avant de nous fatiguer à bâtir des plans de remplacement. »
11.
Ils étaient maintenant assez proches de Comporellon pour que la planète leur apparaisse comme un globe de bonne taille, même sans le grossissement du télescope. Avec un tel grossissement toutefois, les stations d’accès devenaient elles-mêmes visibles. Elles étaient situées plutôt en retrait par rapport à la plupart des autres structures en orbite autour de la planète et parfaitement bien éclairées.
A qui approchait, comme ils le faisaient, par le pôle sud de la planète, la moitié de son globe apparaissait en permanence éclairée par le soleil. Étincelantes de lumière, les stations d’entrée sur sa face nocturne étaient bien entendu les plus nettement visibles. Elles étaient régulièrement espacées sur tout le pourtour de l’astre. Six d’entre elles se trouvaient dans leur champ de vision (six autres devaient sans aucun doute se trouver sur l’autre face) et toutes orbitaient avec la même vitesse régulière.
Quelque peu estomaqué par le spectacle, Pelorat remarqua : « Il y a d’autres lumières plus près de la planète. Qu’est-ce que c’est ?
— Je ne connais pas la planète en détail, répondit Trevize, je ne peux donc pas vous dire. Certaines pourraient être des usines en orbite, des labos ou des observatoires, voire des cités d’habitation. Certaines planètes préfèrent ne pas éclairer extérieurement leurs objets en orbite, à l’exception des stations d’accès. C’est le cas de Terminus par exemple. Comporellon adopte à l’évidence une attitude plus souple.
— Vers quelle station nous dirigeons-nous, Golan ?
— Ça dépendra d’eux. J’ai envoyé une demande d’atterrissage sur Comporellon et nous allons bien recevoir des instructions nous indiquant vers quel poste nous rendre. Tout dépend du nombre de vaisseaux en attente d’entrée en ce moment. S’il y en a des douzaines qui font la queue à chaque poste, nous n’aurons pas d’autre choix que de patienter.
— Je ne me suis éloignée que deux fois à des distances hyperspatiales de Gaïa, avoua Joie, et dans l’un et l’autre cas c’était à Seychelle ou à proximité. Je ne me suis jamais trouvée aussi loin. »
Regard sévère de Trevize : « Et après ? Vous êtes toujours Gaïa, non ? »
Un instant, Joie parut irritée mais bientôt son irritation se mua en une espèce de petit gloussement gêné. « Je dois reconnaître que vous m’avez eue cette fois, Trevize. Le mot “ Gaïa ” a deux sens. On peut l’employer en référence concrète à la planète, le globe de matière errant dans l’espace. On peut également l’utiliser pour nommer la chose vivante qui inclut ce globe. Pour parler correctement, on devrait utiliser deux termes différents pour ces deux concepts différents mais le contexte permet toujours aux Gaïens de déduire à quoi l’on fait référence. J’admets toutefois qu’un Isolat puisse être parfois intrigué.
— Eh bien, dans ce cas, reprit Trevize, en admettant que vous soyez à des milliers de parsecs de Gaïa, le globe, faites-vous toujours partie intégrante de Gaïa, l’organisme ?
— Si vous faites référence à l’organisme, je suis toujours Gaïa.
— Pas d’atténuation ?
— Essentiellement, non. Je suis certaine de vous avoir déjà expliqué qu’il y avait un certain surcroît de complexité à demeurer Gaïa dans l’hyperespace mais je demeure toutefois Gaïa.
— Vous est-il venu à l’idée que Gaïa pourrait être envisagée comme un Kraken galactique – la pieuvre monstrueuse des légendes – étendant partout ses tentacules. Vous n’avez qu’à placer quelques Gaïens sur chacune des planètes habitées et vous aurez virtuellement formé Galaxia. En fait, c’est sans doute ce que vous avez déjà fait. Où avez-vous placé vos Gaïens ? Je présume que vous en avez au moins un ou peut-être même plus sur Terminus, idem sur Trantor. Jusqu’où cela va-t-il ? »
Joie avait l’air manifestement mal à l’aise. « Je vous ai dit que je ne vous mentirais pas, Trevize, mais ça ne signifie pas que je me sente obligée de vous fournir toute la vérité. Il est certaines choses que vous n’avez pas besoin de savoir et la situation comme l’identité des fragments individuels de Gaïa en font partie.
— Ai-je besoin de connaître la raison de l’existence de ces tentacules, Joie, même si j’ignore où ils se trouvent ?
— L’opinion de Gaïa est que non.
— Je présume, malgré tout, que je peux deviner. Vous êtes persuadés d’être les gardiens du Plan Seldon.
— Nous avons le souci d’établir une Galaxie stable et sûre ; une Galaxie paisible et prospère. Le Plan, tel que mis en œuvre à l’origine par Hari Seldon, est conçu pour préparer un second Empire Galactique, plus stable et plus opérationnel que ne le fut le premier. Continuellement modifié et amélioré par la Seconde Fondation, le Plan a très bien fonctionné jusqu’à maintenant.
— Mais Gaïa ne veut pas d’un second Empire Galactique, n’est-ce pas ? Vous voulez Galaxia – une Galaxie vivante.
— Puisque vous l’autorisez, j’espère, en son temps, voir naître Galaxia. Si vous ne l’aviez pas permis, nous nous serions battus pour le second Empire de Seldon, en gardant le secret dans la mesure du possible.
— Mais que reprochez-vous à… »
Son ouïe décela le doux bourdonnement du signal : « C’est l’ordinateur qui m’avertit. Je suppose qu’il reçoit des instructions concernant la station d’entrée. Je reviens tout de suite. »
Il entra dans le poste de pilotage, posa les mains sur les empreintes marquées sur le tableau de bord et effectivement, les instructions pour l’approche d’une station bien précise étaient là – avec ses coordonnées en référence à l’axe menant du centre de Comporellon à son pôle nord et l’itinéraire prescrit.
Trevize accusa réception puis se laissa aller contre son dossier.
Le Plan Seldon ! Il n’y avait plus songé depuis un bout de temps. Le premier Empire Galactique s’était effondré et depuis cinq siècles la Fondation avait grandi, d’abord en compétition avec l’Empire, puis seule sur ses ruines – toujours en accord avec le Plan.
Il y avait eu l’interruption du Mulet qui, durant un temps, avait menacé de faire éclater le Plan mais la Fondation s’en était sortie – sans doute avec l’aide de la Seconde, toujours cachée, peut-être également avec celle de cette Gaïa encore mieux dissimulée.
Et voilà que le Plan était confronté à une menace encore plus sérieuse que ne l’avait été celle du Mulet. Il devait être distrait du projet de renouvellement de l’Empire vers quelque chose de totalement différent de tout ce que l’histoire avait connu : Galaxia. Et lui-même avait donné son accord à cela.
Mais pourquoi ? Y avait-il une faille dans le Plan ? Une faille fondamentale ?
L’espace d’un éclair, Trevize eut l’impression que cette faille existait bel et bien et qu’il savait en quoi elle consistait, qu’il l’avait su lorsqu’il avait pris sa décision – mais cette impression se dissipa aussi vite qu’elle était venue, sans laisser de traces.
Tout cela n’était peut-être qu’une illusion ; aussi bien lorsqu’il avait pris sa décision que maintenant. Après tout, il ne connaissait rien au Plan ; pas un seul détail, et certainement pas la moindre parcelle de ses mathématiques.