Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]
- Автор: Азимов Айзек
- Серия: Fondation #5
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-30438-8
- Переводчик: Jean Bonnefoy
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]». Краткое содержание книги:
Il ferma les yeux et réfléchit…
Rien.
Cela pouvait-il provenir du surcroît de puissance qu’il recevait de l’ordinateur ? Il plaqua les paumes sur la console et sentit la chaleur de l’étreinte des mains de la machine. Il ferma les yeux et, une fois encore, réfléchit.
Toujours rien.
12.
Le Comporellien qui monta à bord portait une carte d’identité holographique. Elle affichait avec une remarquable fidélité son visage poupin agrémenté d’une courte barbe, avec en dessous son nom : A. Kendray.
L’homme était d’assez petite taille et de corps aussi rond que l’était son visage. Il était d’abord et de manières aimables et contemplait le vaisseau avec un étonnement manifeste.
« Comment avez-vous fait pour descendre si vite ? Nous ne vous attendions pas avant deux heures.
— C’est un nouveau modèle », expliqua Trevize avec une réserve polie.
Kendray n’était malgré tout pas aussi innocent qu’il en avait l’air. Il pénétra dans le poste de pilotage et dit aussitôt : « Gravitique ? »
Trevize ne voyait pas l’intérêt de nier ce qui était apparemment évident. Il confirma, d’une voix atone : « Oui.
— Très intéressant. On en entend parler mais en fait, on n’en voit jamais. Les moteurs sont dans la coque ?
— Exact. »
Kendray avisa l’ordinateur. « Idem pour les circuits électroniques ?
— Exact. En tout cas, c’est ce qu’on m’a dit. Je ne suis pas allé vérifier.
— Oh ! très bien. Moi, tout ce qu’il me faut, ce sont les papiers du vaisseau ; numéro de moteur, lieu de fabrication, code d’identification, tout le tintouin. L’ensemble est dans l’ordinateur, j’en suis sûr, et il peut sans doute me sortir en une demi-seconde le formulaire dont j’ai besoin. »
Cela prit à peine plus de temps. Kendray parcourut de nouveau les lieux du regard. « Il n’y a que vous trois à bord ?
— C’est exact, dit Trevize.
— Aucun animal vivant ? Pas de plantes ? État de santé ?
— Non. Non. Et bon, répondit Trevize avec raideur.
— Hum, fit Kendray en prenant des notes. Pouvez-vous glisser votre main ici ? Simple routine… La main droite, je vous prie. »
Trevize considéra l’appareil sans indulgence. D’un usage de plus en plus répandu, il devenait de jour en jour plus élaboré. On pouvait presque connaître l’état d’arriération d’une planète d’un seul regard à l’état d’arriération de son microdétecteur. Rares étaient désormais les mondes, si arriérés fussent-ils, qui ignoraient encore cet appareil. Le mouvement avait commencé avec l’effondrement ultime de l’Empire, alors que chacun de ses fragments devenait de plus en plus anxieux de se protéger des maladies et des micro-organismes étrangers apportés par tous les autres.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? » demanda Joie, à voix basse, l’air intéressé, en se dévissant le cou pour examiner l’objet d’abord d’un côté, puis de l’autre.
« Je l’ignore, dit Pelorat.
— Ça n’a rien de mystérieux, répondit Trevize. C’est un appareil qui examine automatiquement une portion de votre corps, intérieurement aussi bien qu’extérieurement, à la recherche de tout micro-organisme susceptible de transmettre des maladies.
— Celui-ci classe également les micro-organismes », ajouta Kendray non sans une touche de fierté. « Il a été entièrement mis au point ici même, sur Comporellon… et si vous n’y voyez pas d’inconvénient, je voudrais toujours avoir votre main droite. »
Trevize inséra sa main droite dans l’appareil et regarda une série de petits voyants rouges danser sur une rangée de lignes horizontales. Kendray effleura un contact et une copie-papier en couleurs apparut aussitôt. « Si vous voulez bien signer ici, monsieur », dit-il.
Trevize s’exécuta. « Je vais comment ? demanda-t-il. Je ne cours aucun danger grave au moins ?
— N’étant pas médecin, je ne saurais vous le dire en détail, répondit Kendray, mais le diagnostic ne présente aucun indice qui pourrait requérir votre refoulement ou la mise en quarantaine. Moi, c’est tout ce qui m’intéresse.
— Quel heureux dénouement », dit sèchement Trevize en secouant la main pour se débarrasser du léger picotement qu’il ressentait.
« A vous, monsieur », dit Kendray.
Pelorat glissa sa main dans le microdétecteur, non sans une certaine appréhension, puis signa le reçu.
« Et vous, madame ? »
Quelques instants plus tard, Kendray fixait le résultat en remarquant : « Jamais encore rien vu de semblable. » Il leva les yeux pour contempler Joie avec une terreur respectueuse. « Vous êtes négative. Totalement. »
Sourire engageant de Joie : « Comme c’est aimable.
— Oui, madame. Je vous envie. » Il consulta de nouveau le premier diagnostic et dit : « Votre identification, monsieur Trevize. »
Trevize lui présenta sa carte. Kendray y jeta un œil puis leva de nouveau un regard surpris : « Conseiller du Parlement de Terminus ?
— C’est exact.
— Haut fonctionnaire de la Fondation ?
— Parfaitement exact, confirma Trevize d’une voix glaciale. Aussi, j’aimerais qu’on en finisse rapidement, voulez-vous ?
— Vous êtes commandant de ce vaisseau ?
— Oui.
— Motif de la visite ?
— Sécurité de la Fédération et c’est la seule réponse que vous aurez de moi. Comprenez-vous cela ?
— Oui, monsieur. Combien de temps comptez-vous rester ?
— Je n’en sais rien. Peut-être une semaine.
— Très bien, monsieur. Et cet autre monsieur ?
— C’est le docteur Janov Pelorat, dit Trevize. Vous avez ici sa signature et je me porte garant pour lui. C’est un érudit de Terminus et il me tient lieu d’assistant dans l’affaire qui justifie ma visite.
— Je comprends, monsieur, mais je dois voir son identification. Le règlement, c’est le règlement, j’en ai peur. Vous au moins, j’espère que vous comprenez, monsieur. »
Pelorat présenta ses papiers.
Kendray acquiesça. « Et vous, mademoiselle Joie. Est-ce votre unique nom, au fait ? »
Trevize intervint d’une voix douce : « Inutile d’ennuyer cette dame. Je me porte garant pour elle également.
— Certes, monsieur. Mais j’ai besoin de son identification.
— J’ai peur de ne pas avoir le moindre papier, monsieur », lui dit Joie.
Kendray fronça les sourcils. « Je vous demande pardon ?
— La jeune femme ne les a pas emportés, intervint Trevize. Simple négligence. Tout est parfaitement en règle. J’en assume l’entière responsabilité.
— J’aimerais vous laisser faire, mais je n’en ai pas le droit. C’est à moi que revient la responsabilité. Au vu des circonstances, tout cela n’a pas tellement d’importance. Il ne devrait pas y avoir de difficultés à obtenir des duplicatas. Mademoiselle Joie, je présume, est originaire de Terminus.
— Non.
— Alors, de quelque part dans le territoire de la Fondation ?
— Pour tout dire, non. »
Kendray considéra tour à tour Joie, puis Trevize. « Voilà une complication, conseiller. Obtenir un duplicata d’une planète extérieure à la Fondation risque de prendre plus de temps. Puisque vous n’êtes pas citoyenne de la Fondation, mademoiselle Joie, je dois avoir le nom de votre planète de naissance et du monde dont vous êtes citoyenne. Il vous faudra ensuite attendre l’arrivée des doubles de vos papiers.
— Bon, écoutez, monsieur Kendray, intervint Trevize. Je ne vois aucune raison justifiant une attente quelconque. Je suis un fonctionnaire de haut rang du gouvernement de la Fondation et je suis ici en mission, une mission de la plus haute importance. Je n’ai pas à être retardé pour une vulgaire question de paperasses.