Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]
- Автор: Азимов Айзек
- Серия: Fondation #5
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-30438-8
- Переводчик: Jean Bonnefoy
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Terre et Fondation [Foundation and Earth - fr]». Краткое содержание книги:
— Le choix n’est pas de mon fait, conseiller. S’il ne tenait qu’à moi, je vous laisserais débarquer sur Comporellon tout de suite, mais j’ai un épais règlement qui me guide dans chacune de mes actions. Je suis obligé de le suivre sinon on le retournera contre moi… Bien entendu, je présume que vous êtes attendu par quelque haute personnalité gouvernementale. Si vous voulez bien me dire de qui il s’agit, je contacterai la personne et si elle m’ordonne de vous laisser passer, eh bien, nous en resterons là. »
Trevize hésita quelques instants. « Cela ne serait pas très politique, monsieur Kendray. Puis-je parler à votre supérieur immédiat ?
— Très certainement, mais vous ne pouvez pas le voir comme ça…
— Je suis sûr qu’il se présentera aussitôt, dès qu’il aura compris qu’il s’adresse à un fonctionnaire de la Fondation…
— En fait, reprit Kendray, et de vous à moi, cela ne ferait qu’empirer les choses. Nous ne faisons pas partie du territoire métropolitain de la Fondation, voyez-vous. Nous sommes classés comme Puissance associée et nous prenons ce qualificatif fort au sérieux. Les gens sont très désireux de ne pas apparaître comme des marionnettes de la Fondation – j’utilise simplement l’expression populaire, entendez-moi bien – et ont tendance à regimber pour montrer leur indépendance. Mon supérieur s’attendra à être bien noté s’il rechigne à accorder une faveur particulière à un fonctionnaire de la Fondation. »
L’expression de Trevize s’assombrit. « Et vous aussi ? » Kendray secoua la tête. « La politique, ça me passe au-dessus, monsieur. Personne ne me note bien pour quoi que ce soit. Je suis déjà bien content qu’on me règle mon salaire. Et même si je n’ai pas droit à des points supplémentaires, je peux toujours recevoir des blâmes, et très facilement en plus. J’aimerais autant éviter ça.
— Considérant ma position, vous savez que je pourrais prendre soin de vous ?
— Non, monsieur. Je suis désolé si cela paraît impertinent mais je ne crois pas que vous puissiez… et, monsieur, enfin, c’est embarrassant de dire ça, mais je vous en prie, ne me faites aucune proposition en espèces. Ils font des exemples des officiers qui acceptent ce genre de choses et ils s’y entendent à les déterrer, ces derniers temps.
— Je ne songeais pas à vous acheter. Je songeais simplement à ce que le Maire de Terminus pourrait vous faire si vous entraviez ma mission.
— Conseiller, je ne risque absolument rien aussi longtemps que je peux me réfugier derrière le règlement. Si les membres du Présidium comporellien se font plus ou moins taper sur les doigts par la Fondation, c’est leur problème, pas le mien… Mais si ça peut vous aider, monsieur, je peux vous laisser passer, vous et le docteur Pelorat, avec votre vaisseau. Si vous laissez mademoiselle Joie à la station d’entrée, nous la retiendrons quelque temps et la laisserons descendre à la surface dès que ses duplicatas seront arrivés. Si pour quelque raison ses papiers ne pouvaient être obtenus, nous la renverrons vers sa planète sur le premier transport commercial. Dans ce cas, j’ai bien peur, toutefois, que quelqu’un ne doive acquitter son billet de retour. »
Trevize surprit l’expression de Pelorat à ce discours et dit : « Monsieur Kendray, puis-je vous parler en privé, dans le poste de pilotage ?
— Très bien, mais je ne peux demeurer à bord très longtemps encore, ou l’on va m’interroger.
— Ce ne sera pas long. »
Dans le poste de pilotage, Trevize prit bien soin de fermer hermétiquement la porte puis il lui dit, à voix basse : « J’ai visité bien des endroits, monsieur Kendray, mais jamais encore je n’ai vu une telle insistance à appliquer à la lettre des règlements d’immigration, en particulier à l’égard de citoyens de la Fondation et surtout de ses fonctionnaires.
— Mais la jeune personne n’est pas de la Fondation.
— Quand bien même.
— Ces choses-là, ça va, ça vient. Nous avons eu quelques scandales tout récemment, alors on serre la vis. Vous reviendriez l’année prochaine, il se pourrait que vous n’ayez aucun problème, mais au jour d’aujourd’hui, je ne peux rien faire pour vous.
— Essayez, monsieur Kendray », dit Trevize en prenant une voix suave. « Je me remets entièrement entre vos mains, j’en appelle à vous, d’homme à homme. Pelorat et moi sommes sur cette mission depuis un bout de temps. Lui et moi. Rien que lui et moi. Certes, nous sommes bons amis mais on se sent un peu seul, si vous voyez ce que je veux dire… Il y a quelque temps, Pelorat a trouvé cette petite dame. Je n’ai pas besoin de vous dire ce qui est arrivé, mais nous avons décidé de l’emmener. Ça nous requinque de l’utiliser de temps à autre.
« Maintenant, le hic, c’est que Pelorat a une relation là-bas, sur Terminus. Pour moi, pas de problème, voyez-vous, mais Pelorat est un homme âgé, et à ces âges-là, n’est-ce pas, ils ont tendance à être… un peu désespérés. Ils ont besoin de retrouver leur jeunesse, ou je ne sais quoi. Bref, il n’arrive pas à la lâcher. En même temps, si jamais la jeune femme est mentionnée, officiellement, ça risque de barder pour le matricule de ce vieux Pelorat le jour où il rentre à Terminus.
« Il n’y a pas de mal là-dedans, vous comprenez. Mademoiselle Joie, comme elle se baptise elle-même – un nom adéquat si l’on considère sa profession –, n’est pas exactement une lumière ; ce n’est pas ce qu’on lui demande, d’ailleurs. Faut-il absolument que vous la mentionniez ? Ne pouvez-vous pas simplement n’inscrire que moi et Pelorat à bord ? Nous sommes les seuls censés y être, après tout ; il n’y a pas d’autres noms inscrits à Terminus. Et elle n’est porteuse d’absolument aucune maladie. Vous l’avez noté vous-même. »
Kendray fit la grimace. « Je ne voudrais vraiment pas vous ennuyer. Je comprends la situation et, croyez-moi, je compatis. Écoutez, si vous croyez que monter la garde des mois durant sur cette station ce soit rigolo, vous vous fourrez le doigt dans l’œil. Et ici non plus, ce n’est pas mixte ; pas à Comporellon. » Il hocha la tête. « En plus, j’ai une femme, moi aussi, alors je comprends… Mais, écoutez, même si je vous laissais passer, sitôt qu’on s’apercevra que la… euh… la dame est sans papiers, elle est bonne pour la prison, et vous et monsieur Pelorat pour des ennuis qui ne manqueront pas de retentir jusqu’à Terminus. Quant à moi, à coup sûr, je perds mon boulot…
— Monsieur Kendray, dit Trevize, faites-moi confiance sur ce point. Une fois débarqué sur Comporellon, je ne risque plus rien. Je pourrai parler de ma mission à qui de droit et quand ce sera fait, il n’y aura plus aucun problème. J’endosserai l’entière responsabilité de ce qui aura pu se passer ici, si jamais la question est soulevée – ce dont je doute. Qui plus est, je recommanderai votre promotion et vous l’obtiendrez car je veillerai à ce que Terminus fasse pression sur quiconque hésitera dans l’affaire – alors nous pouvons bien faire une fleur à Pelorat. »
Kendray hésita puis répondit : « Bon, d’accord. Je vous laisse passer… mais je vous préviens : à partir de cet instant, je tâche de trouver le moyen de sauver ma peau si jamais l’affaire éclate au grand jour. Et je n’ai pas la moindre intention de lever le petit doigt pour sauver la vôtre. Qui plus est, je sais comment ce genre de choses se passe sur Comporellon, pas vous, et Comporellon n’est pas un monde facile pour ceux qui ne filent pas droit.