Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » LA RÔTISSERIE DE LA REINE PÉDAUQUE
LA RÔTISSERIE DE LA REINE PÉDAUQUE - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

LA RÔTISSERIE DE LA REINE PÉDAUQUE

Электронная книга - «LA RÔTISSERIE DE LA REINE PÉDAUQUE». Краткое содержание книги:

The Project Gutenberg eBook, La rotisserie de la Reine Pedauque, by Anatole France
This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.net
Title: La rôtisserie de la Reine Pédauque
Author: Anatole France
Release Date: March 21, 2004 [eBook #11645] [Date last updated: October 3, 2005]
Language: French
***START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LA ROTISSERIE DE LA REINE PEDAUQUE***
Produced by Carlo Traverso, Vital Debroey and the Online Distributed Proofreading Team.
This file was produced from images generously made available by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr.
1 ... 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ... 53
Перейти на страницу:

"Retournons au Paradis terrestre, où le Démiurge avait placé les deux vases façonnés de sa main, Adam et Eve. Ils n'y vivaient point seuls parmi les animaux et les plantes. Les Esprits de l'air, créés par les Démiurges du feu, flottaient au-dessus d'eux et les regardaient avec une curiosité où se mêlaient la sympathie et la pitié. C'est bien ce que Jéhovah avait prévu. Hâtons-nous de le dire à sa louange, il avait compté sur les Génies du feu, auxquels nous pouvons désormais donner leurs vrais noms d'Elfes et de Salamandres, pour améliorer et parfaire ses figurines d'argile. Il s'était dit, dans sa prudence: "Mon Adam et mon Ève, opaques et scellés dans l'argile, manquent d'air et de lumière. Je n'ai pas su leur donner des ailes. Mais, en s'unissant aux Elfes et aux Salamandres, créés par un Démiurge plus puissant et plus subtil que moi, ils donneront naissance à des enfants qui procéderont des races lumineuses autant que de la race d'argile et qui auront à leur tour des enfants plus lumineux qu'eux-mêmes, jusqu'à ce qu'enfin leur postérité égale presque en beauté les fils et les filles de l'air et du feu.

"Il n'avait rien négligé, à vrai dire, pour attirer sur son Adam et sur son Ève les regards des Sylphes et des Salamandres. Il avait modelé la femme en forme d'amphore, avec une harmonie de lignes courbes qui suffirait à le faire reconnaître pour le prince des géomètres, et il parvint à racheter la grossièreté de la matière par la magnificence de la forme. Il avait sculpté Adam d'une main moins caressante, mais plus énergique, formant son corps avec tant d'ordre, selon des proportions si parfaites que, appliquées ensuite par les Grecs à l'architecture, cette ordonnance et ces mesures firent toute la beauté des temples.

"Vous voyez donc, mon fils, que Jéhovah s'était appliqué selon ses moyens à rendre ses créatures dignes des baisers aériens qu'il espérait pour elles. Je n'insiste point sur les soins qu'il prit en vue de rendre ces unions fécondes. L'économie des sexes témoigne assez de sa sagesse à cet égard. Aussi eut-il d'abord à se féliciter de sa ruse et de son adresse. J'ai dit que les Sylphes et les Salamandres regardèrent Adam et Ève avec cette curiosité, cette sympathie, cet attendrissement qui sont les premiers ingrédients de l'amour. Ils les approchèrent et se prirent aux pièges ingénieux que Jéhovah avait disposés et tendus à leur intention dans le corps et sur la panse même de ces deux amphores. Le premier homme et la première femme goûtèrent pendant des siècles les embrassements délicieux des Génies de l'air, qui les conservaient dans une jeunesse éternelle.

"Tel fut leur sort, tel serait encore le nôtre. Pourquoi fallut-il que les parents du genre humain, fatigués de ces voluptés sublimes, cherchassent l'un près de l'autre des plaisirs criminels? Mais que voulez-vous, mon fils, pétris d'argile, ils avaient le goût de la fange. Hélas! ils se connurent l'un l'autre de la manière qu'ils avaient connu les Génies.

"C'est ce que le Démiurge leur avait défendu le plus expressément. Craignant, avec raison, qu'ils n'eussent ensemble des enfants épais comme eux, terreux et lourds, il leur avait interdit, sous les peines les plus sévères, de s'approcher l'un de l'autre. Tel est le sens de cette parole d'Ève: "Pour ce qui est du fruit de l'arbre qui est au milieu du Paradis, Dieu nous a commandé de n'en point manger et de n'y point toucher, de peur que nous ne fussions en danger de mourir." Car, vous entendez bien, mon fils, que la pomme qui tenta la pitoyable Ève n'était point le fruit d'un pommier, et que c'est là une allégorie dont je vous ai révélé le sens. Bien qu'imparfait et quelquefois violent et capricieux, Jéhovah était un Démiurge trop intelligent pour se fâcher au sujet d'une pomme ou d'une grenade. Il faut être évêque ou capucin pour soutenir des imaginations aussi extravagantes. Et la preuve que la pomme était ce que j'ai dit, c'est qu'Ève fut frappée d'un châtiment assorti à sa faute. Il lui fut dit, non point: "Tu digéreras laborieusement," mais bien: "Tu enfanteras dans la douleur." Or, quel rapport peut-on établir, je vous prie, entre une pomme et un accouchement difficile? Au contraire, la peine est exactement appliquée, si la faute est telle que je vous l'ai fait connaître.

"Voilà, mon fils, la véritable explication du péché originel. Elle vous enseigne votre devoir, qui est de vous tenir éloigné des femmes. Le penchant qui vous y porte est funeste. Tous les enfants qui naissent par cette voie sont imbéciles et misérables.

—Mais, monsieur, m'écriai-je stupéfait, en saurait-il naître par une autre voie?

—Il en naît heureusement, me dit-il, un grand nombre de l'union des hommes avec les Génies de l'air. Et ceux-là sont intelligents et beaux. Ainsi naquirent les géants dont parlent Hésiode et Moïse. Ainsi naquit Pythagore, auquel la Salamandre, sa mère, avait contribué jusqu'à lui faire une cuisse d'or. Ainsi naquirent Alexandre le Grand, qu'on disait fils d'Olympias et d'un serpent, Scipion l'Africain, Aristomène de Messénie, Jules César, Porphyre, l'empereur Julien, qui rétablit le culte du feu aboli par Constantin l'Apostat, Merlin l'Enchanteur, né d'un Sylphe et d'une religieuse, fille de Charlemagne, saint Thomas d'Aquin, Paracelse et, plus récemment, M. Van Helmont.

Je promis à M. d'Astarac, puisqu'il en était ainsi, de me prêter à l'amitié d'une Salamandre, s'il s'en trouvait quelqu'une assez obligeante pour vouloir de moi. Il m'assura que j'en rencontrerais, non pas une, mais vingt ou trente, entre lesquelles je n'aurais que l'embarras de choisir. Et, moins par envie de tenter l'aventure que pour lui complaire, je demandai au philosophe comment il était possible de se mettre en communication avec ces personnes aériennes.

—Rien n'est plus facile, me répondit-il. Il suffit d'une boule de verre dont je vous expliquerai l'usage. Je garde chez moi un assez grand nombre de ces boules, et je vous donnerai bientôt, dans mon cabinet, tous les éclaircissements nécessaires. Mais c'en est assez pour aujourd'hui.

Il se leva et marcha vers le bac où le passeur nous attendait étendu sur le dos, et ronflant à la lune. Quand nous eûmes touché le bord, il s'éloigna vivement et ne tarda pas à se perdre dans la nuit.

Il me restait de ce long entretien le sentiment confus d'un rêve; l'idée de Catherine m'était plus sensible. En dépit des sublimités que je venais d'entendre, j'avais grande envie de la voir, bien que je n'eusse point soupé. Les idées du philosophe ne m'étaient point assez entré dans le sens pour que j'imaginasse rien de dégoûtant à cette jolie fille. J'étais résolu à pousser jusqu'au bout ma bonne fortune, avant d'être en possession de quelqu'une de ces belles furies de l'air qui ne veulent point de rivales terrestres. Ma crainte était qu'à une heure si avancée de la nuit, Catherine se fût lassée de m'attendre. Prenant ma course le long du fleuve et passant au galop le pont Royal, je me jetai dans la rue du Bac. J'atteignis en une minute celle de Grenelle, où j'entendis des cris mêlés au cliquetis des épées. Le bruit venait de la maison que Catherine m'avait décrite. Là, sur le pavé, s'agitaient des ombres et des lanternes, et il en sortait des voix:

—Au secours, Jésus! On m'assassine!… Sus au capucin! Hardi! piquez-le!—Jésus, Marie, assistez-moi!—Voyez le joli greluchon! Sus! sus! Piquez, coquins, piquez ferme!

Les fenêtres s'ouvraient aux maisons d'alentour pour laisser paraître des têtes en bonnets de nuit.

Soudain tout ce mouvement et tout ce bruit passa devant moi comme une chasse en forêt, et je reconnus frère Ange qui détalait d'une telle vitesse que ses sandales lui donnaient la fessée, tandis que trois grands diables de laquais, armés comme des suisses, le serrant de près, lui lardaient le cuir de la pointe de leurs hallebardes. Leur maître, un jeune gentilhomme courtaud et rougeaud, ne cessait de les encourager de la voix et du geste, comme on fait aux chiens.

1 ... 16 17 18 19 20 21 22 23 24 ... 53
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)