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Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité

Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:

Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
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"Harry..." La voix du vieux sorcier commençait à laisser entendre une légère impuissance ; et il avait déambulé jusqu'à un endroit où sa barbe avec subrepticement glissé dans le bocal cristallin d'un poisson rouge, et elle adoptait lentement une teinte verdâtre qui remontait le long des poils. "Je pense ne pas m'être bien fait comprendre. Les mages noirs ne sont pas empressés de vivre. Ils craignent la mort. Ils ne s'élèvent pas vers la lumière du soleil mais fuient la nuit qui approche vers des cavernes de leur fabrication, infiniment plus sombres, sans lune ni étoiles. Ce n'est pas la vie qu'ils désirent mais l'immortalité ; et ils sont tellement désireux de l'obtenir qu'ils sacrifierait jusqu'à leur âme même ! Veux-tu vivre pour toujours, Harry ?"

"Oui, et vous aussi," dit Harry. "Je veux vivre un jour de plus. Demain, je voudrai encore en vivre un de plus. Par conséquent je veux vivre pour toujours, preuve par induction sur les entiers positifs. Si vous ne voulez pas mourir, cela veut dire que vous voulez vivre pour toujours. Si vous ne voulez pas vivre pour toujours, cela veut dire que vous voulez mourir. Vous devez faire l'un ou l'autre... je ne me fais pas comprendre, n'est-ce pas ?

Les deux cultures s'observèrent d'un bord à l'autre d'un vaste espace d'incommensurabilité.

"J'ai vécu cent dix ans," dit le vieux sorcier avec douceur (sortant sa barbe du bol et la secouant pour faire partir la couleur). "Et j'ai vu et fait un grand nombre de choses, que pour la plupart je souhaiterais n'avoir jamais vues ni faites. Et pourtant je ne regrette pas d'être en vie, car regarder mes étudiants grandir est une joie qui n'a pas commencé à m'être pesante. Mais je ne souhaite pas vivre assez pour que cela le devienne ! Que ferais-tu avec l'éternité, Harry ?"

Harry prit une profonde inspiration. "Rencontrer toutes les personnes intéressantes de la Terre, lire tous les livres et ensuite écrire quelque chose d'encore meilleur, célébrer le dixième anniversaire de mon premier petit-enfant sur la Lune, célébrer le centième anniversaire de mon premier petit-petit-petit-enfant vers les anneaux de Saturne, apprendre les règles profondes et finales de la Nature, comprendre la nature de la conscience, découvrir pourquoi la réalité existe en premier lieu, visiter d'autres étoiles, découvrir des aliens, créer des aliens, avoir un rendez-vous avec tout le monde pour une fête de l'autre côté de la Voie Lactée une fois que nous l'aurons entièrement explorée, retrouver tous ceux nés sur l'Ancienne Terre pour voir le Soleil finalement s'éteindre, et je m'inquiétais de trouver un moyen d'échapper à cet univers avant qu'il ne se vide de néguentropie mais j'ai beaucoup plus d'espoir maintenant que j'ai découvert que les soi-disantes lois de la physique ne sont que des indications optionnelles."

"Je n'ai pas compris grand-chose de tout cela," dit Dumbledore. "Mais il me faut demander si ce sont des choses que tu désires désespérément ou si tu ne les imagines que pour t'imaginer ne pas être un jour fatigué, dans ta fuite permanente de la mort."

"La vie n'est pas une liste finie de choses que l'on coche avant d'avoir le droit de mourir," dit Harry avec fermeté. "C'est la vie, on continue juste de la vivre. Si je ne fais pas ces choses, ce sera parce que j'aurais trouvé quelque chose de mieux."

Dumbledore soupira. Ses doigts martelèrent une horloge ; alors qu'ils la touchaient, les chiffres se changèrent en une écriture indéchiffrable, et les aiguilles apparurent brièvement à d'autres emplacements. "Au cas peu probable où je serais autorisé à tarder jusqu'à cent cinquante ans," dit le vieux sorcier, "je ne pense pas que cela me gênerait. Mais deux cent ans seraient vraiment abuser des bonnes choses."

"Oui, eh bien," dit Harry, sa voix un peu asséchée lorsqu'il songea à son père et à sa mère et à leur espérance de vie si Harry n'y faisait rien, "je soupçonne, professeur, que si vous étiez venu d'une culture où les gens étaient habitués à vivre jusqu'à quatre cent ans, alors mourir à deux cent vous semblerait tout autant tragiquement prématuré que de mourir à, disons, quatre-vingt." La voix de Harry se durcit sur ce dernier mot.

"Peut-être," dit paisiblement le vieux sorcier. "Je ne souhaiterais pas mourir avant mes amis, ni vivre après qu'ils soient tous partis. Les temps les plus difficiles sont quand ceux qu'on aimait le plus sont déjà partis, et que d'autres vivent pourtant, pour le bien desquels il faut rester..." Les yeux de Dumbledore étaient braqués sur Harry et s'emplissaient de tristesse. "Ne me pleures pas trop, Harry, lorsque mon heure viendra ; je serai avec ceux qui m'ont longtemps manqué, en direction de notre grande aventure à venir."

"Oh !" dit Harry, frappé d'un éclair de compréhension soudaine. "Vous croyez à un au-delà. J'avais l'impression que les sorciers n'avaient pas de religion ?"

Pouet. Pouf. Clong.

"Comment peux-tu ne pas y croire ?" dit le directeur, l'air complètement sidéré. "Harry, tu es un sorcier ! Tu as vu des fantômes !"

"Des fantômes," dit Harry d'une voix sans timbre. "Vous voulez dire ces choses comme les portraits, des mémoires enregistrés et des comportements sans conscience ni vie, accidentellement imprimées dans le matériel environnant par les éclats de magie qui accompagnent la mort violente d'un sorcier -"

"J'ai entendue cette théorie," dit le directeur, sa voix devenant coupante, "répétée par des sorciers qui confondent le cynisme et la sagesse, qui pensent que rabaisser les autres permet de s'élever soi-même. C'est l'une des idées les plus sottes que j'ai entendu en cent dix ans ! Oui, les fantômes n'apprennent pas et n'évoluent pas, parce que ce n'est pas à ce monde qu'ils appartiennent ! Les âmes sont censées continuer, il n'y plus de vie pour eux ici ! Et hormis les fantômes, qu'en est-il du Voile ? Et de la Pierre de Résurrection ?"

"Très bien," dit Harry, essayant de maintenir une voix calme, "j'écouterai toutes les preuves parce que c'est ce que les scientifiques font. Mais d'abord, professeur, laissez-moi vous raconter une petite histoire." La voix de Harry tremblait. "Vous savez, lorsque je suis venu ici, lorsque je suis descendu du train arrivé de King's Cross, je ne parle pas d'hier mais de septembre dernier, lorsque je suis descendu du train à ce moment là, professeur, je n'avais jamais vu un fantôme. Je ne m'attendais pas à voir des fantômes. Alors lorsque je les ai vus, professeur, j'ai fait quelque chose de vraiment bête. J'ai tiré des conclusions hâtives. Je, j'ai pensé qu'il y avait un au-delà, j'ai pensé que personne n'était jamais vraiment mort, j'ai pensé que tous ceux que l'espèce humaine avait jamais perdus étaient en fait en bonne santé, j'ai pensé que les mages pouvaient parler à ceux qui avaient disparu, qu'il suffisait du bon sort pour les invoquer, que les sorciers pouvaient faire ça, j'ai pensé que je pourrais rencontrer mes parents qui étaient morts pour moi et leur dire que j'étais au courant de leur sacrifice et que je commencerais à les appeler maman et papa -"

"Harry," murmura Dumbledore. De l'eau étincela dans les yeux du vieux sorcier. Il s'approcha d'un pas -

"Et alors," cracha Harry, la furie entrant pleinement dans sa voix, la rage froide envers l'univers parce qu'il était ainsi et envers lui-même parce qu'il avait été aussi stupide, "j'ai demandé à Hermione et elle m'a dit qu'ils n'étaient que des images rémanentes, brûlées dans la pierre du château par la mort d'un sorcier, comme les silhouettes laissées sur les murs de Hiroshima. Et j'aurais dû le savoir ! J'aurais dû le savoir sans même demander ! Je n'aurais même pas dû y croire pendant trente secondes ! Parce que si les gens avaient une âme, alors les choses comme les lésions cérébrales n'existeraient pas, si votre âme pouvait continuer de parler après que votre cerveau ait disparu, comment une lésion à l'hémisphère gauche pourrait-elle vous enlever votre capacité à parler ? Et le professeur McGonagall, lorsqu'elle m'a raconté comment mes parents étaient morts, elle ne s'était pas comportée comme s'ils étaient juste partis pour un long voyage vers un autre pays, comme s'ils avaient émigré en Australie à l'époque des bateaux à voiles, ce qui est exactement la façon dont les gens se comporteraient si ils savaient vraiment que la mort consistait juste à aller ailleurs, s'ils avaient les preuves concrètes de l'existence d'un au-delà, au lieu de s'inventer des choses pour se consoler, ça changerait tout, ça n'aurait pas d'importance que tout le monde ait perdu quelqu'un pendant la guerre, ce serait un peu triste mais pas horrible ! Et j'avais déjà vu que les gens dans le monde magique ne se comportaient pas comme ça ! Alors j'aurais dû le savoir ! Et c'est à ce moment que j'ai su que mes parents étaient vraiment morts et partis pour toujours et toujours, et qu'il ne restait rien d'eux, et que je n'aurais jamais la possibilité de les rencontrer et, et, et les autres enfants pensaient que je pleurais parce que j'avais peur des fantômes -"

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