Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité
- Автор: AdrienH
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: FanFiction.net
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Harry Potter et les Méthodes de la Rationalité». Краткое содержание книги:
"Non !" La voix du directeur était maintenant angoissée. "Je ne peux croire à cela, Harry ! Il doit y avoir plus que ça !"
Pourquoi devrait-il y avoir autre chose ? songea-t-il, mais il ne le dit pas, car il était clair que le directeur pensait que l'univers était une histoire, qu'il avait une intrigue, que d'immenses tragédie n'avaient pas le droit d'avoir lieu en l'absence de raisons également immenses et significatives. "Je suis désolé, professeur. Le Seigneur des Ténèbres n'a pas tellement l'air d'être mon miroir obscur. Il n'y a rien dans l'idée de clouer les peaux de la famille de Yermy Wibble au mur d'une rédaction que je trouve le moins du monde attrayante."
"N'as-tu aucune sagesse à partager ?" dit Dumbledore. Sa voix était plaidante, presque suppliante.
Le mal se produit, pensa Harry, cela ne veut rien dire et ne nous enseigne rien, à part de ne pas être mauvais ? Le Seigneur des Ténèbres n'était probablement qu'un bâtard égoïste qui se fichait de savoir qui souffrait, ou un idiot qui a fait des erreurs bêtement évitables et qui ont fait un effet boule de neige. Il n'y a pas de destin derrière les malheurs du monde ; si Hitler avait eu le droit d'aller en école d'architecture comme il l'avait voulu, toute l'Histoire de l'Europe aurait été différente ; si nous vivions dans le genre d'univers où les choses horribles n'avaient le droit de se produire que pour de bonnes raisons, elles ne se produirait tout simplement pas.
Et évidemment, rien de cela ne constituait ce que le directeur voulait entendre.
Le vieux sorcier regardait encore Harry, au-dessus d'une petite chose délicate qui ressemblait à une volute de fumée figée, un désespoir douloureux dans ces yeux anciens qui semblaient attendre quelque chose.
Eh bien, avoir l'air sage n'était pas difficile. C'était beaucoup plus facile que d'être intelligent, à vrai dire, puisque vous n'aviez pas à dire quoi que ce soit de surprenant ni à trouver de nouvelles idées perspicaces. Vous laissiez juste le logiciel de reconnaissance de forme de votre cerveau compléter le cliché en utilisant n'importe quelle Sagesse Profonde enregistrée auparavant.
"Directeur," dit Harry d'un ton solennel, "je préférerais ne pas me définir par rapport à mes ennemis."
Bizarrement, au milieu de tous ces roulements et ces déclics, il y eut une sorte de silence.
Ça avait sonné un peu plus Profondément Sage que Harry ne l'avait voulu.
"Peut-être es-tu très sage, Harry," dit lentement le directeur. "J'aurais en effet souhaité... avoir pu être défini par mes amis." La douleur dans sa voix était devenue plus profonde.
L'esprit de Harry chercha frénétiquement quelque autre Sagesse Profonde à dire qui adoucirait la force inattendue de ce coup -
"Ou peut-être," dit Harry plus doucement, "est-ce l'ennemi qui fait le Gryffondor, comme c'est l'ami qui fait le Poufsouffle, et l'ambition qui fait le Serpentard. Je sais que c'est toujours, à chaque génération, le puzzle qui fait le scientifique."
"C'est un terrible destin auquel tu condamnes ma Maison, Harry," dit le directeur. La douleur était encore présente dans sa voix. "Car maintenant que tu le mentionnes, je pense que j'ai en grande partie été fait par mes ennemis."
Harry regarda ses propres mains, posées sur ses genoux. Peut-être qu'il devrait juste se taire tant qu'il était en tête de course.
"Mais tu as répondu à ma question," dit Dumbledore plus doucement, comme à lui-même. "J'aurais dû me rendre compte que la clé viendrait de Serpentard. Pour son ambition, tout pour son ambition ; et cela je le sais, mais je ne sais pas pourquoi..." Pendant un moment Dumbledore regarda dans le vide ; puis il se raidit et ses yeux semblèrent de nouveau mettre au point sur Harry.
"Et toi, Harry," dit le directeur, "tu te dis un scientifique ?" Sa voix était entrelacée de surprise et d'une légère désapprobation.
"Vous n'aimez pas la science ?" dit Harry d'un ton un peu usé. Il avait espéré que Dumbledore ait plus d'affection pour les choses Moldues.
"Je suppose que c'est utile pour ceux qui n'ont pas de baguette," dit Dumbledore en fronçant les sourcils. "Mais me semble bien étrange de se définir par cela. La science est-elle aussi importante que l'amour ? Que la gentillesse ? Que l'amitié ? Est-ce la science qui te donne ton affection pour Minerva McGonagall ? Est-ce la science qui fait que tu te soucies de Hermione Granger ? Est-ce vers la science que tu te tournes lorsque tu essaies de faire naître de la chaleur dans le cœur de Draco Malfoy ?"
Vous savez, ce qui est triste, c'est que vous pensez probablement avoir à l'instant proféré une sorte d'argument final incroyablement sage.
Maintenant, comme formuler la réplique de façon à ce qu'elle sonne elle aussi comme quelque chose d'incroyablement sage...
"Vous n'êtes pas Serdaigle," dit Harry avec une calme dignité, "et il ne vous est donc peut-être pas venu à l'esprit que respecter la vérité et la rechercher chaque jour de sa vie peut aussi constituer un acte de grâce."
Les sourcils du directeur s'élevèrent. Puis il soupira. "Comment es-tu devenu si sage, si jeune... ?" Le vieux sorcier semblait triste prononçant ces mots. "Peut-être cela aura-t-il de la valeur pour toi."
Seulement pour impressionner les vieux sorciers qui sont déjà trop impressionnés par eux-mêmes, pensa Harry. Il était à vrai dire un peu déçu par la crédulité de Dumbledore ; ce n'était pas que Harry avait menti, mais Dumbledore semblait bien trop impressionné par la capacité de Harry à formuler les choses pour qu'elles aient l'air profondes, au lieu de les dire dans un français simple, comme Richard Feynman l'avait fait avec sa sagesse...
"L'amour est plus important que la sagesse," dit Harry, juste pour tester les limites de la tolérance de Dumbledore pour les clichés aveuglément évidents complétés par simple reconnaissance de forme sans aucune forme d'analyse détaillée.
Le directeur hocha gravement la tête et dit "En effet."
Harry se leva de sa chaise et étira ses bras. Eh bien, il vaut mieux que que je me dépêche d'aller aimer quelque chose alors, ça va sûrement m'aider à vaincre le Seigneur des Ténèbres. Et la prochaine fois que vous me demanderez un conseil, je vous donnerai juste un câlin -
"Tu m'as grandement aidé aujourd'hui, Harry," dit le directeur. "Et il y a donc une dernière chose que je voudrais demander à ce jeune homme."
Génial.
"Dis-moi, Harry," dit le directeur (et maintenant sa voix semblait simplement perplexe, bien qu'il y ait toujours un soupçon de douleur dans ses yeux), "pourquoi les mages noirs ont-ils tant peur de la mort ?"
"Euh," dit Harry, "désolé, mais sur ce coup je suis avec les mages noirs."
Woosh. Shhh. Ding ; glop, plop, blup -
"Quoi ?" dit Dumbledore.
"La mort est quelque chose de mauvais," dit Harry, rejetant la sagesse au bénéfice d'une communication claire. "Très mauvais. Extrêmement mauvais. Avoir peur de la peur, c'est comme d'avoir peur d'un grand monstre avec des crocs empoisonnés. C'est sensé, et en réalité, n'indique pas qu'on a un problème psychologique."
Le directeur le regardait comme s'il venait de se transformer en chat.
"D'accord," dit Harry, "laissez-moi le formuler ainsi. Souhaitez-vous mourir ? Parce que si oui, il y a ce truc Moldu appelé le SOS suicide -"
"Lorsque le temps sera venu," dit le vieux mage avec douceur. "Pas avant. Je ne chercherai jamais à en accélérer la venue, pas plus que je ne la refuserai lorsqu'elle sera là."
Harry fronçait gravement les sourcils. "On ne dirait pas que vous avez une très grande volonté de vivre, directeur !"