Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Полицейские детективы » La vieille qui marchait dans la mer
La vieille qui marchait dans la mer - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La vieille qui marchait dans la mer

Электронная книга - «La vieille qui marchait dans la mer». Краткое содержание книги:

Lorsqu'on demande à Stephen King, le fameux romancier américain, pourquoi il a choisi d'écrire sur des sujets aussi macabres, il répond : « Qu'est-ce qui vous fait penser que j'ai le choix ? »
Un romancier ne l'a jamais, il obéit au papier, un point c'est tout !
Pour ma part, lorsque j'ai commencé ce livre, j'avais l'intention d'écrire une histoire cocasse, haute en couleur : celle d'une vieille aventurière qui se donne un dauphin avant de raccrocher, et le forme à l'arnaque.
Je ne me doutais pas, à cet instant, que j'allais commettre l'ouvrage le plus grinçant de ma carrière, m'enfoncer dans un conte de fées noir à vous en flanquer le vertige, et peut être même dépasser certaines limites.
Mais je ne regrette rien. Quand on est capable de tout il faut le prouver.
1 ... 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ... 77
Перейти на страницу:

Comme elle paraissait ne pas vouloir prendre l’initiative de la conversation, ce fut lui qui attaqua :

— Vous êtes l’une de nos sœurs de la Vérité ?

Elle secoua négativement la tête.

— J’appartiens au Service Rampant, fit-elle.

Les gros yeux du monstre ne cillèrent pas. Il attendit la suite. La visiteuse ouvrit son sac et en retira une pièce de cinq francs helvétiques.

Sur l’avers on avait gravé en surchage les deux lettres « S » « R », plus un nombre qui devait correspondre au numéro matricule de la femme. Elle présenta la pièce de monnaie à Ramono. Celui-ci avança alors une main aussi démesurée que l’était son visage. Une main de géant, immense et cireuse, maladroite. Il prit la pièce et l’examina à la clarté de la lampe avant de la rendre à sa propriétaire.

— Nous sommes d’accord, madame, murmura-t-il.

Elle rangea soigneusement sa pièce, ensuite elle mit ses deux coudes dans la poussière du bureau et déclara, en s’efforçant de soutenir le regard du monstre :

— Une femme se faisant appeler Ruth Ferguson possède un compte numéro à la Gewerbe Kredit Bank de Zurich. Elle use de celui-ci pour encaisser des sommes provenant d’un chantage éhonté. Le Service Rampant entend mettre fin à cette situation le plus rapidement possible.

La visiteuse se tut, attendant une réaction de son interlocuteur. Celui-ci prenait des notes sur un bloc quadrillé. Son énorme main de presque infirme luttait maladroitement avec un stylo qui disparaissait entièrement entre les gros doigts de l’homme. Quand il eut achevé de noter les indications qu’on lui donnait, il contempla les caractères qu’il avait tracés d’un air stupéfait, comme s’il venait de réussir une prouesse. Sa terrifiante mâchoire pendait sur sa cravate fanée et une vilaine salive mousseuse marquait les commissures de ses lèvres.

L’odeur du chou devenait de plus en plus insistante ; la visiteuse la jugeait intolérable. A l’aigreur naturelle du crucifère se mêlait la louche senteur de la viande avariée. La saucisse vaudoise dont l’ogre comptait faire son repas avait dû se corrompre dans le réduit sans réfrigérateur.

Ramono essuya d’un geste gauche sa salive débordante.

— Pas d’autres indications à propos de cette Md Ferguson ?

— Aucune. La discrétion étant de règle au sein de nos banques, vous vous doutez bien que la GKB s’est limitée à l’essentiel ; vous aurez toute latitude pour questionner les gens qui ont ouvert le compte de cette dame Ferguson.

Elle ouvrit à nouveau son sac à main et y prit une enveloppe qu’elle déposa sur le bureau.

— Cette carte vous accréditera auprès du personnel.

Il acquiesça.

— J’aimerais savoir ce que l’on entend au SR par « mettre fin à cette situation » ?

La visiteuse haussa les épaules.

— Je n’en sais rien moi-même, monsieur Ramono.

Elle fouilla son réticule pour la troisième fois.

— Voici la prime qu’on m’a chargée de vous remettre, peut-être vous fournira-t-elle quelques éclaircissements ?

L’enveloppe jaune, fermée par une bande adhésive bleue était rebondie. L’homme la prit et, sans s’excuser, se retira dans le réduit pour y compter les billets qu’elle contenait. A quelle lumière pouvait-il opérer ? La femme se posa la question. Mais peut-être était-il nyctalope ? On devait s’attendre à tout d’un être pareillement anormal.

Lorsqu’il réapparut, il avait les mains vides.

— Effectivement, fit-il, la prime répond à ma question.

La femme se leva, visage hermétique. Elle craignit un instant que son hôte lui tende son effroyable main, mais l’idée ne lui en vint même pas et ils se séparèrent sur un double hochement de tête.

Adolphe Ramono s’en fut déguster sa saucisse gâtée. Il mangeait debout devant un bahut bancal. A côté de son assiette des liasses mauves de billets de mille francs suisses étaient étalées. Il les contemplait en dévorant son mets putride. Il y avait dix liasses de cent billets chacune, soit un million. Fallait-il que sa réputation fût solide et qu’on eût aveuglément confiance en sa réussite pour qu’on lui payât par avance une somme aussi importante ! Il n’avait jamais déçu car il avait du génie dans ses entreprises.

Concernant cette affaire, il n’aurait plus le moindre contact avec le Service Rampant.

Marbella

9

L’employée lui désigna un meuble d’acajou dont la partie supérieure formait bibliothèque. Elle lui expliqua, dans un anglais chantant, que toute la collection se trouvait là. Lambert songea, en considérant les revues sur papier couché, que cette publication devait être récente car, à raison d’un numéro mensuel, il ne devait pas s’en trouver deux douzaines sur les rayons.

Le garçon se mit à compulser la collection en commençant par la fin. Il feuilletait de la première à la dernière page chaque revue. Celles-ci étaient abondamment illustrées de photos dont les légendes se trouvaient imprimées en anglais et en espagnol. Peu à peu, un écœurement le prenait. Cet étalage impudique de mondanités créait une espèce de provocation. Il n’était question que de gens très riches ou très célèbres, de leurs biens tapageurs, des réceptions qu’ils offraient, de leurs déplacements et de leurs plaisirs affichés.

Tandis qu’il étudiait chacun des numéros, la secrétaire de la revue le regardait avec intérêt. Sans doute le trouvait-elle à son goût car elle prenait des poses et s’efforçait de capter l’attention du jeune homme. Parfois, abandonnant les épaisses pages glacées, coupantes comme des lames de rasoir, Lambert adressait un sourire à la fille. Il songeait qu’il vivait une période de chasteté, la plus longue sans doute qu’il eût connue depuis sa première expérience sexuelle avec une laborantine. Il fréquentait le lycée à cette époque et devait achever sa première. Comme il toussait depuis plusieurs semaines, leur médecin de famille avait ordonné une prise de sang. Il revoyait le labo avec sa clientèle du matin, principalement composée de vieillards inquiets. Après une attente au salon, une jeune femme blonde avait lancé son nom depuis la porte et il l’avait suivie dans un box seulement meublé d’une chaise, d’une table d’auscultation gainée de cuir et d’un portemanteau. Elle l’avait invité à ôter son veston et à retrousser sa manche droite, puis à s’allonger sur la table étroite. Pendant qu’elle garrottait son bras au-dessus du coude, il avait constaté qu’elle ne portait rien d’autre sous sa blouse blanche (déboutonnée du bas) qu’un minuscule slip.

— Détendez-vous !

Il ne se préoccupait pas de la seringue dont elle enfonçait adroitement l’aiguille dans sa veine. Sa main dont le dos était posé sur la jambe tiède de la jolie infirmière avait décrit irrésistiblement un demi-tour afin qu’il pût toucher le genou dénudé.

— Ne bougez pas ! Comment voulez-vous que…

Il bandait comme un fou.

De sa main libre, il avait dégagé son sexe, tant bien que mal et sa queue dodelinait contre l’avant-bras de la fille.

Elle avait achevé l’injection, déposé sa seringue vide dans un plat d’émail et fait sauter le garrot de caoutchouc.

Lambert se rappelait mal l’instant confus au cours duquel la fille avait prestement posé son slip pour se placer à califourchon sur lui et engloutir son sexe fou d’un preste mouvement du bassin. Leur étreinte silencieuse, rapide et précise, n’avait pas duré trois minutes. Il ne se souvenait plus des yeux de la laborantine ; mais l’avait-elle regardé seulement tandis qu’elle dansait sur sa queue ?

1 ... 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ... 77
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)