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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Les pierres de lumière ne lui avaient pas apporté de réponse claire. Sa tentative de divination s’était perdue dans les ambiguïtés et les incertitudes, comme cela arrivait si souvent. « Il faut partir », lui avaient dit les pierres, mais cela Thaggoran le savait déjà. Les mangeurs de glace allaient de toute façon faire intrusion dans le cocon. Mais les pierres ne lui avaient pas dit si le Départ serait couronné de succès ni si le moment était véritablement arrivé.

Il s’éloigna des autres et commença à écrire dans les chroniques.

Hresh s’avança vers le vieillard accroupi près du coffret ouvert, le livre entre les mains, mais il demeura silencieux, comme s’il craignait d’interrompre quelque chose d’important.

Quand Thaggoran eut terminé, il releva la tête.

— Alors, mon garçon ? dit-il. Aimerais-tu écrire quelque chose dans ce livre ?

— Si seulement je pouvais, dit Hresh en souriant.

— Tu sais pourtant écrire.

— Mais pas dans les chroniques, Thaggoran. Jamais je n’oserai toucher aux chroniques.

— Tu as l’air si pieux, mon garçon, dit Thaggoran en riant.

— C’est vrai ?

— Mais je ne suis pas dupe, tu sais.

— Non, dit Hresh, je ne voudrais pas risquer de faire outrage aux chroniques. Je pourrais écrire des bêtises et, dans l’avenir, tout le monde verrait ce que j’ai écrit et se dirait : « C’est cet idiot de Hresh qui a écrit cela. » Ce que je voudrais vraiment, c’est pouvoir lire les chroniques.

— Je fais une lecture au Peuple chaque semaine.

— Oui, je sais, dit Hresh, mais ce que j’aimerais, c’est les lire moi-même. Tout lire, jusqu’aux recueils les plus anciens. Je veux savoir comment le cocon a été construit et par qui.

— C’est Lord Fanigole qui a construit notre cocon, dit Thaggoran. Avec Balilirion et Lady Theel. Tu sais déjà tout cela.

— Bien sûr, mais qui étaient-ils ? Ce ne sont que des noms !

— De grands anciens, répondit Thaggoran. Des êtres d’exception.

— Des yeux de saphir ?

— Pourquoi dis-tu cela ? demanda Thaggoran en lançant au gamin un regard étonné. Tu sais très bien que tous les yeux de saphir ont péri au début du Long Hiver. Lord Fanigole, Balilirion et Lady Theel étaient de notre race. Ils étaient humains, tous les textes concordent sur ce point. Ils se comportèrent tous les trois comme des héros pour faire face à la panique. Quand le froid mortel s’abattit sur la planète, ils surent garder leur calme et nous construire un abri.

Thaggoran tapota le coffret contenant les chroniques.

— Tout est écrit là-dedans, mon garçon. Tout est dans ces livres.

— J’aimerais les lire un jour, répéta Hresh.

— Je pense que tu en auras l’occasion, dit Thaggoran.

De minces traînées de brume poussées par le vent s’approchaient d’eux. Thaggoran commença de remballer ses objets sacrés. Il avait les doigts gourds et ses mains couraient maladroitement sur les serrures du coffret. Au bout de quelques instants, il fit un signe impatient à Hresh pour lui demander de l’aider. Il lui montra ce qu’il fallait faire et ils réussirent à refermer le coffret.

Puis Thaggoran posa ses deux mains glacées sur le couvercle, comme si le contenu du coffret avait le pouvoir de les réchauffer.

— Est-ce que nous retrouverons un jour le cocon ? demanda Hresh.

Thaggoran lui lança un regard perplexe.

— Notre départ du cocon est définitif, mon garçon, répondit-il. Il nous faut maintenant aller de l’avant jusqu’à ce que nous ayons trouvé ce qu’il nous incombe de trouver.

— Que devons-nous trouver ?

— Tout ce qu’il nous faut pour gouverner le monde, répondit Thaggoran. Comme il est écrit dans le Livre de la Voie. Tout cela nous attend ici, dans les ruines de la Grande Planète.

— Et si ce n’était pas le vrai Printemps Nouveau ? poursuivit Hresh. Vois comme il fait froid ! Tu ne t’es jamais demandé si nous ne nous étions pas trompés et si nous n’étions pas sortis trop tôt ?

— Jamais, répondit Thaggoran. Il n’y a aucun doute ; tous les présages sont favorables.

— Il fait quand même très froid, insista Hresh.

— C’est vrai, il fait très froid. Mais tu as vu la nuit rattraper peu à peu le jour et tu vois maintenant le jour naître petit à petit de la nuit. Eh bien, mon garçon, il en va de même pour le Printemps Nouveau. Le printemps n’arrive pas en une grande explosion de chaleur, il naît petit à petit.

Thaggoran frissonna et se frotta les épaules quand une écharpe de brume s’enroula autour de lui.

— Viens, Hresh. Aide-moi à porter le coffret et allons rejoindre les autres.

Cela l’ennuyait de voir que Hresh semblait mettre en question la sagesse de leur départ du cocon, car le gamin faisait souvent montre d’une étonnante clairvoyance et les doutes qu’il nourrissait ne faisaient que reprendre les siens. Thaggoran se demanda si Koshmar n’avait pas fait preuve de trop de précipitation en décrétant que le Temps du Départ était arrivé. Le Faiseur de Rêves ne l’avait pas véritablement annoncé. Il n’avait émis que quelques mots et Koshmar avait achevé la phrase à sa place. Torlyri elle-même le lui avait reproché. Mais nul n’osait s’opposer à Koshmar. Thaggoran savait qu’elle avait résolu depuis bien longtemps que le Départ s’effectuerait sous sa conduite.

De toute façon, il y avait les mangeurs de glace dont l’ascension était non seulement un signe avant-coureur du printemps, mais aussi une menace immédiate pour le cocon. Plutôt que de se lancer à l’aventure dans ces étendues désertes, n’aurait-il pourtant pas mieux valu chercher refuge ailleurs et attendre que le temps se réchauffe ?

Trop tard. Trop tard. La tribu était maintenant en marche et Thaggoran savait qu’elle ne s’arrêterait pas avant que Koshmar ait trouvé la gloire, quelle qu’elle fût, à laquelle elle avait toujours aspiré. Sinon, c’est la mort qu’ils trouveraient tous, jusqu’au dernier. Tant pis, songea Thaggoran. Et advienne que pourra.

La deuxième journée fut particulièrement pénible. Vers le milieu du jour ils furent assaillis par une nuée d’animaux ailés aux yeux blancs effrayants et au bec acéré. Le jeune guerrier Praheurt reçut deux coups de bec dans le dos et Delim eut un bras lacéré. Le Peuple réussit à les chasser en poussant de grands cris, en leur lançant des pierres et en agitant de la paille enflammée. Mais ce fut une dure épreuve, car, pendant plusieurs heures, ils ne cessèrent de revenir à l’assaut. Thaggoran leur donna le nom d’oiseaux de sang. Un peu plus tard, ils en rencontrèrent d’autres, encore plus hideux, avec de lourdes ailes noires terminées par d’horribles pointes cornées et un petit corps rebondi couvert d’une fourrure verte et nauséabonde. A la nuit tombée, ils furent de nouveau en butte aux attaques d’une multitude de piquefeux. Pour entretenir le moral de la troupe, Koshmar ordonna à tout le monde de chanter. Ils obéirent, mais ce fut un chant tristement dénué de gaieté. Au beau milieu de la nuit il tomba une sorte de neige fondue, une eau glacée qui leur brûlait la peau comme une pluie de charbons ardents. Quand elle eut achevé son offrande du matin, Torlyri passa quelques instants avec chacun des membres de la tribu, leur offrant le réconfort de sa douce présence.

— Le pire est passé, disait-elle. Cela ira beaucoup mieux maintenant.

Et ils se remirent en marche.

Le troisième jour, tandis qu’ils descendaient une succession de collines grises et pelées donnant sur une prairie verdoyante, le regard perçant de Torlyri découvrit au loin une étrange silhouette solitaire qui semblait se diriger vers eux.

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