La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
- Автор: Bretonne Nicolas-Edme Retif de la
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:
J’abrège ce récit. Je le trompai au bout d’un an, une seule fois, que je le croyais en campagne. Il le sut, et le même soir, je fus conduite à Saint-Martin. C’était un jeudi. Le lendemain, je subis la honte d’être jugée en public avec les autres malheureuses, et je fus conduite à la Salpêtrière. J ’y restai trois mois. En en sortant, je retournai chez la M ***, qui me fit guérir d’une maladie de la peau, et on me coupa les cheveux. Je n’avais absolument pas le sou: lorsque je fus guérie, elle ne me trouva plus digne de sa maison; elle me renvoya. J’allai dans un endroit où je trouvai Ursule, avec laquelle je retournai chez la M ***, qui nous reçut à cause de la réputation de ta sœur, et qui nous garda six mois.
Tu sais le reste, Edmond: voilà ma vie, en y ajoutant, que je… aujourd’hui les passants et que j’ai peut-être l’incommodité de ta sœur. Puis-je paraître devant l’ami? Parle? Ta réponse sera ma loi; je m’interdirai le raisonnement.
Lettre 136. Gaudet, à Laure.
[Le séducteur profanait la sainte amitié, en la ressentant comme il ne méritait pas de le ressentir. Il donne trop tard des maximes de retenue.].
7 juin.
C’est moi qui vous réponds. J’ai lu votre lettre. Vous avez eu tort de me fuir, Laure; et si ce tort n’était pas l’origine de tout ce que vous avez souffert, de tout le dommage que vous vous êtes causé à vous-même, je vous le pardonnerais aisément! mais comment voulez-vous que je vous pardonne le mal que vous avez fait à mon amie, à ma compagne, à celle que je regardais comme une autre moi-même? Insensée! Comment veux-tu que je te pardonne!… à moins que je n’espère réparer tout le mal que tu t’es fait!… Va, ce n’est ni ta beauté, ni ta vertu, ni tes mœurs que j’ai aimées, c’est toi; et tu me restes!… viens, non dans les bras d’un amant… jamais! jamais!… viens renaître dans le sein d’un ami! connais-moi, toi qui m’a quitté, qui m’a redouté, compare-moi aux autres hommes, et donne-moi un nom, si tu peux le trouver!
P.-S. – Lisez le papier ci inclus, Laure, et montrez-le à votre cousine.
(On voit que Gaudet ne sait comment s’y prendre, pour réparer le mal qu’a fait sa fausse doctrine; et ceci est beaucoup plus en faveur des mœurs, que le plus beau traité de morale.).
Ce qu’on ne peut faire.
I. Il n’est pas d’actions défendues absolument; celles qui paraissent les plus criminelles, sont quelquefois permises, d’après les circonstances: l’assassinat, le meurtre, le viol, l’incendie, le poison, le vol, la fraude, le pillage. Si vous ne distinguez pas, et que vous assassiniez, que vous tuiez, que vous forciez la pudicité, que vous mettiez le feu, que vous empoisonniez, que vous voliez, que vous fraudiez, que vous pilliez, vous serez puni par les lois, et en horreur au genre humain.