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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Viens me voir; mon cœur s’attendrit; je t’écouterai viens; je péris – viens; peut-être sera-ce pour recevoir mon dernier soupir.

(Il y a toute apparence qu’Edmond n’y alla pas: il la fuyait alors; la vue de son infortunée sœur le déchirait de remords.).

Lettre 134. Edmond, à Laure.

[Le corrupteur, après les avoir tous abattus, est encore debout!].

5 juin.

Prépare ton cœur et ton courage, Laure! arme-toi d’effronterie, si tu le peux: ou plutôt, viens modestement te mettre aux genoux de l’ami le plus digne, et le seul qui nous reste. Gaudet est arrivé.

1er P.-S. – Je n’ajoute rien à ce mot: c’est un coup de foudre. Préviens Ursule: encourage-la, si tu n’es pas toi même sans courage.

2ème P.-S. – Il sait tout: l’excès de sa fureur me prouve son amitié! Dieu! qu’elle était grande et belle! elle m’a causé un mouvement d’honneur, le premier, depuis trois ans…

Lettre 135. Réponse.

[Laure apprécie enfin, et le corrupteur, et le vice; mais il est trop tard! Elle raconte ses folies.].

6 juin.

Mes torts avec l’ami sont-ils de nature à être pardonnés? je t’en fais juge, Edmond; et d’après ta réponse, j’irai le voir, ou je le recevrai; dans les deux cas, je ne veux point paraître en coupable. Je ne la suis pas, d’après ses maximes, et c’est à lui seul qu’il doit s’en prendre, s’il a été trompé.

Quand je commençai d’être infidèle, du temps d’Ursule, l’ami, qui préférait sa possession à la mienne, ferma les yeux, et je m’accoutumai ainsi au vice; car c’en est un que la prostitution: l’état de mon amie, et celui qui me menace chaque jour, le prouvent sans réplique. Lorsque Ursule fut disparue; que tu fus parti pour l’Angleterre, à la poursuite du porteur d’eau, que l’Italien y avait envoyé, sur quelques menaces, que les doutes de l’ami lui avaient fait lâcher, de peur d’avoir ici ce témoin contre lui, toutes les scènes d’horreur qui se succédaient, me tinrent effrayée. Cependant nous ignorions les plus cruelles!… Le porteur d’eau poignardé, toi, sauvé comme par miracle, de retour en France, tu disparus, soit pour te cacher, soit par d’autres causes: mais tu n’avais rien à craindre de l’Italien; il aurait lui-même fait poignarder le porteur d’eau, qu’il n’osait rendre aux fers, s’il n’avait craint que tant d’atrocités ne se découvrissent. Il nous fit dire qu’il ne poursuivrait pas Edmond, qu’il excusait un frère outragé, dont la sœur était avilie jusqu’à ce point. Le trouble causé Par toutes ces infamies se calma. L’ami fut obligé de faire un voyage à Au**; je demeurai seule et ma maîtresse, ma mère étant dès lors comme morte. Je me livrai à tous les égarements, qui avaient perdu ta sœur, et moi, si bonne conseillère du temps de Lagouache, j’en trouvai un pareil, qui me ruina. Tout fut consumé en six mois. L’ami, à qui je n’osais écrire ma position, devait bientôt revenir; je vendis le reste des meubles, et je suivis mon indigne amant dans un hôtel garni, rue Tirechappe. Il ne me fit pas languir: dès le lendemain matin de notre arrivée, tandis que je me livrais au sommeil, dont il m’avait exprès garantie durant la nuit, il disparut avec tout mon argent, tous mes bijoux, ne me laissant que mes hardes, et les choses dont le poids l’aurait embarrassé: mais il fit main basse sur mes dentelles; il m’ôta jusqu’à des boucles d’oreilles que j’avais en ce moment, ainsi que celles de mes souliers. Je m’éveillai, tandis qu’il dégarnissait mes oreilles; il m’embrassa, et me dit de dormir; que cela me blessait. J’étais sans défiance, à demi assoupie, les rideaux tirés. Je me tins tranquille, et il sortit.

Cependant je réfléchissais machinalement aux boucles d’oreilles qu’il venait de m’ôter; je ne me rendormis qu’assez mal, et au bout d’une heure, cette idée m’étant revenue fortement, je sautai hors du lit. Je m’habillais à la hâte, quand un commissionnaire m’apporta une lettre. Je cherchai ma bourse, pour le payer. Je ne la trouvai pas. J’allai à ma malle; je l’ouvris: pas le sou! je brisai enfin le cachet, et je lus:

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