Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Les Pardaillan – Livre VI – Les Amours Du Chico
Les Pardaillan – Livre VI – Les Amours Du Chico - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Pardaillan – Livre VI – Les Amours Du Chico

Электронная книга - «Les Pardaillan – Livre VI – Les Amours Du Chico». Краткое содержание книги:

La suite de Pardaillan et Fausta. Au cours de son ambassade ? la Cour d'Espagne, Pardaillan est amen? ? prot?ger une jeune boh?mienne, La Giralda, fianc?e d'El Torero, Don C?sar, qui n'est autre que le petit-fils secret et pers?cut? de Philippe II. Or, Fausta a jet? son d?volu sur El Torero pour mener ? bien ses intrigues, et elle b?n?ficie de l'appui du Grand Inquisiteur Don Espinoza dans ses criminelles manoeuvres. Le chevalier est aid? dans cette lutte par le d?vouement absolu d'un pauvre d?sh?rit?, le malicieux Chico et sa bien-aim?e Juana…
1 ... 11 12 13 14 15 16 17 18 19 ... 104
Перейти на страницу:

Ces paroles, prononcées avec une violence croissante, produisirent impression sur le Torero. Néanmoins il ne se rendit pas sur-le-champ.

– Pour quel crime me condamnerait-on? fit-il.

Fausta étendit la main sur le balcon, et désignant le bûcher que les lourds rideaux dérobaient à leur vue:

– Le même crime de ce malheureux que vous avez entendu clamer son innocence.

C’était la deuxième fois qu’elle faisait une allusion détournée à la Giralda, et cette fois encore l’allusion sous-entendait une menace. Le Torero le comprit. Il pâlit légèrement.

– Ah! fit-il avec angoisse, est-ce à ce point?

Sur un ton solennel, Fausta répondit:

– Je vous dis que rien ne peut vous sauver.

Si brave que fut le Torero, il sentait la terreur se glisser sournoisement en lui et c’était ce que voulait Fausta.

– Eh bien, soit, fit-il après une légère hésitation, je fuirai. Je quitterai l’Espagne.

Fausta sourit.

– Essayez de franchir une des portes de la ville, dit-elle.

– J’ai des amis, je puis m’assurer les services de quelques braves résolus à tout, pourvu qu’on y mette le prix. Je passerai de force.

– Il vous faudra donc, dit tranquillement Fausta, engager une armée entière, car vous vous heurterez, vous, à une armée, à dix armées s’il le faut.

Le Torero la considéra un instant. Il vit qu’elle ne plaisantait pas, qu’elle était sincèrement convaincue que le roi ne reculerait devant rien pour le faire disparaître. À son tour, il eut la perception très nette que sa vie, comme elle disait, ne tenait qu’à un fil. En même temps, il comprit que la lutte était impossible. Il eut une révolte intérieure. Il ne voulait pas mourir, mourir du moins ainsi, stupidement assassiné, avant d’avoir goûté aux joies de la vie. En même temps aussi, une voix intérieure lui disait que cette femme qui lui parlait était une force capable de lutter contre la puissance qui le menaçait, capable peut-être de battre cette puissance. Machinalement il demanda:

– Que faire alors?

Cette question, Fausta l’attendait. Elle avait tout dit pour la lui arracher.

Très calme, elle reprit:

– Avant de vous répondre, laissez-moi vous poser une question: Voulez-vous vivre?

– Si je le veux! Mordieu! madame, j’ai vingt ans! À cet âge, on trouve la vie assez bonne pour y tenir!

– Êtes-vous résolu à vous défendre?

– N’en doutez pas, madame.

– Encore faudrait-il savoir jusqu’à quel point?

– Par tous les moyens, madame.

– S’il en est ainsi, si vous m’écoutez, peut-être réussirai-je à vous sauver.

– Mort du diable! madame, parlez, et s’il ne tient qu’à moi, je suis assuré de mourir de vieillesse!

– En ce cas, je puis répondre à votre question: vous ne vous sauverez qu’en frappant votre ennemi avant qu’il vous ait mis à mal.

Ceci fut dit avec ce calme glacial que prenait Fausta en certaines circonstances. Il semblait qu’elle avait dit la chose la plus simple, la plus naturelle du monde. Malgré ce calme effroyable, elle appréhendait vivement l’effet de ses paroles, et ce n’était pas sans anxiété qu’elle observait le jeune homme.

Le Torero, à cette proposition inattendue, s’était dressé brusquement, et livide, tremblant, il s’exclamait:

– Tuer le roi!… tuer mon père!… Vous n’y pensez pas, madame… Vous voulez m’éprouver sans doute?

Fausta posa son œil noir sur lui. Elle vit qu’il n’était pas encore au point où elle le voulait. Cependant elle insista.

– Je croyais, dit-elle avec un léger dédain, que vous étiez un homme. Je me suis trompée. N’en parlons plus. Pourtant, moi qui ne suis qu’une femme, je ne laisserais pas la mort de ma mère sans vengeance.

– Ma mère! dit le Torero d’un air égaré.

Impitoyable, elle poursuivait:

– Oui, votre mère! Morte assassinée par celui qui vous assassinera, puisque vous tremblez à la seule pensée de frapper.

– Ma mère, répéta le Torero en crispant les poings avec fureur. Mais le tuer, lui, mon père!… C’est impossible! J’aime mieux qu’il me tue moi-même.

Fausta comprit qu’insister davantage risquait de lui faire perdre le terrain gagné dans cet esprit. Avec une souplesse admirable, elle changea de tactique, et avec un haussement d’épaules:

– Eh! fit-elle avec une certaine impatience, qui vous parle de tuer?

Depuis qu’il avait cru comprendre qu’elle lui proposait un parricide, le Torero, bouleversé, oubliant toute étiquette, allait et venait d’un pas nerveux et saccadé dans l’immense salle encombrée de meubles précieux, de bibelots rares. Cet attentat contre nature lui paraissait si monstrueux qu’il ne pouvait pas tenir en place. Il s’arrêta net et, regardant Fausta en face, il dit vivement:

– Cependant vous avez dit…

– J’ai dit: il faut frapper. Je n’ai pas dit, je n’ai pas voulu dire: il faut tuer.

Le Torero eut un soupir de soulagement d’une éloquence muette. Ses traits convulsés se rassérénèrent, et pour cacher son désarroi, il s’excusa en disant:

– Pardonnez ma nervosité, madame.

– Elle me paraît naturelle, dit gravement Fausta.

– Expliquez-vous, de grâce.

– Je vais donc parler clairement. Ce que le roi craint par-dessus tout, c’est que l’on apprenne que vous êtes son fils légitime et l’héritier de sa couronne.

– Je comprends ceci qui est la conséquence logique de son incompréhensible haine à mon égard.

Fausta approuva d’un signe de tête et reprit:

– Il eût pu employer la procédure usuelle. Cela lui eût simplifié la besogne en lui permettant de vous frapper plus sûrement peut-être. Mais si secret que soit un jugement, si dociles que soient des magistrats, qui peut jurer qu’une indiscrétion ne sera pas commise? Sa terreur à ce sujet est telle qu’il a préféré s’engager dans des voies tortueuses, sacrifier des centaines d’innocents à seule fin que votre mort passât sinon inaperçue – vous êtes trop connu – du moins sans éveiller les soupçons.

– Cependant vous disiez tout à l’heure que j’étais menacé d’une arrestation suivie d’une condamnation à mort, naturellement.

– Oui. Mais le roi ne se résoudra à cette extrémité que lorsqu’il lui sera dûment démontré qu’il ne peut vous atteindre autrement.

– Il n’aura pas cette peine, dit le Torero avec amertume. Que pourrais-je contre le roi, le plus puissant de la terre?

– Vous pouvez plus que vous ne pensez. D’abord exploiter cette terreur du roi au sujet de la divulgation de votre naissance.

– Comment? Excusez-moi, madame, je ne comprends pas grand-chose à toutes ces complications. Puis, que vous dirais-je? La pensée que je suis réduit à comploter bassement contre mon propre père, cette pensée m’est aussi douloureuse qu’odieuse, et j’avoue qu’elle m’enlève toute ma lucidité. Éclairez-moi donc, madame, vous dont le cerveau puissant se joue à l’aise au milieu de ces intrigues qui m’épouvantent.

1 ... 11 12 13 14 15 16 17 18 19 ... 104
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)