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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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La Dame inclina la tête, et elle se tourna ensuite vers Boromir, à qui elle remit une ceinture d’or ; et à Merry et Pippin, elle offrit de petites ceintures d’argent munies de boucles dorées en forme de fleur. Legolas reçut un arc des Galadhrim, plus long et plus robuste que ceux dont on se servait à Grand’Peur, et doté d’une corde en cheveux d’elfe. Il était assorti d’un carquois rempli de flèches.

« Pour toi, petit jardinier et amoureux des arbres, dit-elle à Sam, je n’ai qu’un petit cadeau. » Elle déposa dans sa main un simple écrin de bois gris, sans ornement aucun, sauf une rune d’argent sur le couvercle. « Ce G est mis pour Galadriel, dit-elle ; mais il peut également signifier “germe” dans votre langue. Dans cet écrin se trouve de la terre de mon verger ; et telle, elle porte la bénédiction que Galadriel est encore en mesure d’accorder. Elle ne pourra t’aider à tenir ton chemin, ni te défendre d’aucune menace ; mais si tu la conserves et qu’un jour tu retrouves enfin ton pays, elle pourrait alors te récompenser. Le trouverais-tu entièrement dévasté et sans vie que peu de jardins en Terre du Milieu auront l’éclat de ton jardin, si tu y dissémines cette terre. Alors te viendra peut-être le souvenir de Galadriel, et un lointain aperçu de la Lórien que tu n’auras vue qu’en notre hiver. Car notre Printemps et notre Été sont révolus, et jamais plus on ne les verra sur terre, sauf dans nos mémoires. »

Sam rougit jusqu’aux oreilles et murmura quelque chose d’incompréhensible, refermant sa main sur l’écrin et s’inclinant de son mieux.

« Et quel cadeau un Nain demanderait-il à recevoir des Elfes ? » dit Galadriel, se tournant vers Gimli.

« Aucun, madame, répondit Gimli. Pour moi, il suffit d’avoir vu la Dame des Galadhrim et entendu ses douces paroles. »

« Oyez Elfes, vous tous, oyez ! cria-t-elle à ceux qui l’entouraient. Qu’on ne dise plus jamais des Nains qu’ils sont cupides et désobligeants ! Tout de même, Gimli fils de Glóin, vous désirez sûrement une chose que je puis vous donner ? Nommez-la, je vous prie ! Vous ne serez pas le seul à partir les mains vides. »

« Il n’y a rien, dame Galadriel », dit Gimli, saluant profondément et cherchant ses mots. Rien, si ce n’est – s’il est permis de demander, non, de nommer, une seule mèche de vos cheveux, qui surpassent l’or de la terre comme les étoiles surpassent les gemmes de la mine. Je ne demande pas un tel cadeau. Mais vous m’avez enjoint de nommer mon désir. »

Les Elfes remuèrent, laissant échapper des murmures étonnés, et Celeborn posa sur le Nain des yeux ébahis, mais la Dame sourit. « On dit que les Nains ont les mains habiles mais non la langue, dit-elle ; or il n’en va pas de même pour Gimli. Car nul ne m’a jamais adressé une requête aussi hardie, et pourtant aussi courtoise. Et comment pourrais-je refuser, puisque je lui ai enjoint de parler ? Mais dites-moi, que feriez-vous d’un tel cadeau ? »

« Je le chérirais, madame, répondit-il, en souvenir des mots que vous m’avez adressés lors de notre première rencontre. Et si jamais je retrouve les forges de mon pays, il sera enchâssé dans un cristal impérissable pour devenir un héritage de ma maison, et un gage de bonne volonté entre la Montagne et le Bois jusqu’à la fin des jours. »

Alors la Dame, défaisant l’une de ses longues tresses, en coupa trois cheveux dorés, et elle les déposa dans la main de Gimli. « Ces mots accompagneront le cadeau, dit-elle. Je ne prédis rien, car toute prédiction est désormais vaine : d’une part s’étendent les ténèbres, et d’autre part l’espoir seulement. Mais si l’espoir devait vaincre, alors je vous dis, Gimli fils de Glóin, que vos mains regorgeront d’or ; mais sur vous, l’or n’aura aucun empire.

« Et toi, Porteur de l’Anneau, dit-elle, se tournant vers Frodo. Je viens en dernier à toi, qui n’es le dernier dans mes pensées. Pour toi, j’ai préparé ceci. » Elle éleva une petite fiole de cristal qui étincelait tandis qu’elle la bougeait, et des rais de lumière blanche jaillirent de sa main. « Cette fiole, dit-elle, renferme la lumière de l’étoile d’Eärendil, conservée dans les eaux de ma fontaine. Elle sera plus brillante encore quand la nuit t’entourera. Qu’elle soit pour toi une lumière dans les endroits sombres, quand toutes les autres lumières s’éteindront. Souviens-toi de Galadriel et de son Miroir ! »

Frodo prit la fiole, et tandis qu’elle scintillait un moment entre eux, il revit la Dame dans sa splendeur de reine, grande et belle, mais non plus terrible. Il s’inclina, mais ne trouva rien à dire.

Alors la Dame se leva, et Celeborn les raccompagna jusqu’au quai. Sur l’herbe verte de la Langue, un soleil de midi s’étendait, jaune, et l’eau argentée miroitait. Tout fut enfin prêt. La Compagnie prit place à bord des embarcations, comme auparavant. Parmi les cris d’adieu, les Elfes de Lórien les poussèrent dans le courant avec de longues perches grises, et ils furent lentement emportés par les eaux ondoyantes. Les voyageurs restèrent assis immobiles, sans rien dire. Sur la berge verte, non loin de l’extrême pointe de la Langue, la Dame Galadriel se tenait seule et silencieuse. Parvenus à sa hauteur, ils se retournèrent, et leurs yeux la regardèrent s’éloigner doucement. Car telle était leur impression : la Lórien glissait derrière eux et s’éloignait, comme un éclatant navire mâté d’arbres enchantés qui eût navigué vers des rivages oubliés, tandis qu’eux restaient échoués sur les rives d’un monde gris et dépouillé.

Alors même qu’ils regardaient, l’Argentine joignit ses eaux aux courants du Grand Fleuve, et leurs bateaux virèrent et se mirent à filer vers le sud. Bientôt, la Dame ne fut plus qu’une petite forme blanche et éloignée. Elle brillait comme une fenêtre de verre sur une colline lointaine au couchant, ou comme un lac isolé vu du haut d’une montagne : un cristal tombé dans le giron de la terre. Puis Frodo crut voir qu’elle levait les bras en un dernier adieu ; et sur le vent qui les accompagnait monta le son de sa voix, lointaine mais perçante, et elle chantait. Mais cette fois, le chant était dans la langue ancienne des Elfes d’au-delà de la Mer, et il n’en saisit pas les paroles ; la musique était belle, mais elle ne le consola point.

Et pourtant, comme c’est le propre des mots elfiques, ils restèrent gravés dans sa mémoire, et longtemps après, il les interpréta – du mieux qu’il le put, car la langue était celle des chants elfiques et parlait de choses peu connues en Terre du Milieu.

Ai ! laurië lantar lassi súrinen,

yéni únótimë ve rámar aldaron !

Yéni ve lintë yuldar avánier

mi oromardi lisse-miruvóreva

Andúnë pella, Vardo tellumar

nu luini yassen tintilar i eleni

ómaryo airetári-lírinen.

Sí man i yulma nin enquantuva ?

An sí Tintallë Varda Oiolossëo

ve fanyar máryat Elentári ortanë,

ar ilyë tier undulávë lumbulë ;

ar sindanóriello caita mornië

i falmalinnar imbë met, ar hísië

untúpa Calaciryo míri oialë.

Sí vanwa ná, Rómello vanwa, Valimar !

Namárië ! Nai hiruvalyë Valimar.

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