Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Les Pardaillan – Livre III – La Fausta
Les Pardaillan – Livre III – La Fausta - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Pardaillan – Livre III – La Fausta

Электронная книга - «Les Pardaillan – Livre III – La Fausta». Краткое содержание книги:

Nous sommes en 1573. Jean de Kervilliers, devenu monseigneur l'?v?que prince Farn?se, fait arr?ter L?onore, sa ma?tresse, fille du baron de Montaigues, supplici? pendant la Saint Barth?l?my. Alors que le bourreau lui passe la corde au coup, elle accouche d'une petite fille. Graci?e par le Pr?v?t, elle est emmen?e sans connaissance vers la prison. Devant les yeux du prince Farn?se tortur? par la situation, le voil? p?re et cependant homme d'?glise, la petite Violette est emport?e par ma?tre Claude, le bourreau…
1 ... 130 131 132 133 134 135 136 137 138 ... 171
Перейти на страницу:

– Il est impossible au mensonge de passer par mes lèvres, répondit gravement Fausta. Mais vous qui n’êtes qu’un homme, vous qui portez en vous toutes les faiblesses de l’humanité, je n’ai pas besoin de vous dire que je compte sur votre parole: je saurai vous forcer à la tenir. Adieu, duc!

– Je vous escorte jusqu’à votre logis, dit le Balafré d’une voix altérée.

– Mon logis est partout. Partout je suis en sûreté. Et dussiez-vous un jour me faire jeter dans la Bastille, lorsque je vous aurai jeté, moi, sur le trône de France, sachez-le, les murs de votre Bastille tomberont à mon premier geste…

Elle s’éloigna, laissant Guise frappé de stupeur et aussi de terreur, de voir sa pensée confuse si nettement exprimée par Fausta. Elle s’éloigna de ce pas majestueux, avec cette dignité incomparable qui faisait d’elle plus qu’une reine: une déesse.

– Est-ce que vraiment c’est l’esprit de Dieu qui l’anime! murmura Guise.

Il la chercha des yeux et ne la vit plus. Alors, cette horreur sacrée dont parlent les poètes s’empara de lui. Guise qui n’avait jamais tremblé sur un champ de bataille trembla de se voir seul au fond des ténèbres de cette église où il venait de parler à l’envoyée de Dieu! Et avec un frémissement de tout son être, les cheveux hérissés, les yeux hagards, il s’enfuit…

XLVI LA REVANCHE DE BUSSI-LECLERC

Maurevert, comme il l’avait dit, était attendu dans la rue par Bussi-Leclerc. En sortant de Saint-Paul, il le rejoignit sous un auvent de la rue Saint-Antoine où il lui avait donné rendez-vous. Aussitôt ils se mirent en route vers la Bastille.

– Tout s’est bien passé? demanda Bussi-Leclerc qui songeait en souriant à la présence du duc de Guise.

– Sans doute! fit Maurevert étonné. Pourquoi?…

– Pour rien! Marchons…

– Oui, marchons. J’ai hâte de voir l’homme. Est-il enchaîné?

– Bien et dûment. Ne crains rien…

Bussi-Leclerc se mit à siffler une fanfare de chasse et Maurevert, livide, tête basse, hâta le pas. Quelques minutes plus tard, ils franchissaient le pont-levis et entraient dans la Bastille!

– Voilà mes domaines! fit en riant Bussi-Leclerc. Ce n’est pas gai. Drôle d’idée qu’a eue notre duc de me faire gouverneur de la Bastille!

– Non, ce n’est pas gai! C’est même terrible, dit Maurevert avec une sombre joie. Où est-il?… Allons!…

– Patience, que diable! Holà! quatre gardes et un falot!…

Quatre soldats armés d’arquebuses et un geôlier porteur d’une lanterne s’élancèrent à l’ordre.

– Les clefs du numéro dix-sept! ajouta Bussi-Leclerc.

Le geôlier se précipita et revint quelques instants après avec un trousseau de clefs.

– Le numéro dix-sept? dit-il, à tour du Nord. Deuxième sous-sol. Voilà, monsieur le gouverneur!

– Marche devant, dit Bussi-Leclerc. Et vous, suivez-nous, ajouta-t-il en se tournant vers les quatre arquebusiers.

On traversa des cours enfermées entre des murailles hautes et noires; on passa sous des voûtes aux pierres rongées par le temps; Bussi-Leclerc sifflait entre ses dents; Maurevert frissonnait. Et pourtant, une joie sauvage faisait battre son cœur à grands coups. Pour parler, pour échapper à l’impression d’horreur que dégageait la formidable prison d’État, il dit:

– Non, Bussi, ton domaine n’est pas gai… Et combien as-tu de sujets dans ce royaume de la douleur?

Bussi-Leclerc se retourna vers le geôlier et l’interrogea du regard. Lui ne savait pas.

– Vingt-huit prisonniers, dit laconiquement le geôlier.

– Tu entends, Maurevert. Vingt-huit. C’est peu. Et je suis un bien pauvre sire.

– Qu’ont-ils fait?

– Qu’a fait celui que tu vas voir? répondit le gouverneur en éclatant de rire.

– Allons, allons! dit Maurevert en grinçant des dents.

Ils étaient arrivés dans une étroite cour où on entrait après avoir franchi une lourde grille. La cour était infecte. Le soleil n’y descendait jamais. Là s’arrondissait un colosse de pierre dont la tête se perdait dans le ciel noir: c’était la tour du Nord. Une porte de fer s’ouvrait au pied de la tour.

– C’est là que nous mettons les plus intraitables. N’est-ce pas, Comtois?

Comtois, le geôlier, hocha la tête et se mit à ouvrir la porte, opération qui demanda plusieurs minutes. La porte ouverte, une bouffée d’air méphitique frappa Bussi-Leclerc au visage.

– Oh! oh! fit-il en reculant. Cela sent la mort!…

– Entrons! dit Maurevert en aspirant avec une joie terrible ces émanations d’air corrompu.

– Attention! dit Comtois; il y a des pierres éboulées.

Il commença à descendre; Maurevert, derrière lui, jetait un avide regard au fond des ténèbres où il s’enfonçait; puis venait Bussi-Leclerc; puis les quatre arquebusiers. L’escalier tournait et s’enfonçait comme une effroyable vis de pierres verdâtres; aux parois des murs à demi disloqués brillaient les paillettes impures du salpêtre. Au bout de trente marches, on s’arrêta. L’air était à peine respirable. Sur le sol fangeux rampaient des choses immondes.

– Est-ce là? haleta Maurevert.

– Plus bas! fit le geôlier Comtois.

Bussi-Leclerc toucha du bout du doigt une porte et dit:

– Numéro quatorze!

– Numéro quatorze? fit Maurevert hagard.

– Eh! oui… ce bon petit duc… le rejeton des Valois… M. d’Angoulême…

– Et que m’importe le duc d’Angoulême! gronda Maurevert. Descendons!

Et il poussa le geôlier. À ce moment, du fond du cachot numéro quatorze, un grand cri dément jaillit et réveilla de sinistres échos dans l’escalier. De l’intérieur, la porte fut secouée… une malédiction traversa les ténèbres… puis le silence se rétablit.

– Ils sont tous ainsi dans les premiers temps, dit Comtois en haussant les épaules.

Bussi-Leclerc avait pâli. Ce bretteur, ce spadassin sans foi ni loi, n’avait pas encore l’âme d’un geôlier. Maurevert n’avait rien entendu: il descendait sur les talons de Comtois; il éprouvait une terrible ivresse de vengeance enfin satisfaite. Il eût voulu cet antre plus hideux encore, cet air plus irrespirable, il eût voulu dans cet enfer plus d’épouvante et d’horreur… et pourtant!…

– Voici le numéro dix-sept! dit tout à coup Comtois en s’arrêtant devant une porte.

Ils étaient au deuxième sous-sol.

– Ouvre! dit Maurevert d’une voix rauque.

Il prit le falot des mains du geôlier, et comme celui-ci ne se hâtait pas assez à son gré, il poussa lui-même les verrous. La porte s’ouvrit toute grande. Maurevert, le falot à la main, fit deux pas dans cette sorte de trou qui était un cachot. La faible lueur de la lanterne éclaira le trou, les pierres rongées portant des inscriptions, prières suprêmes, malédictions, menaces, cris de douleur gravés dans le granit et à demi effacés et pareils à des balbutiements de la pierre… les gouttes d’eau qui se formaient à la voûte pour retomber ensuite, comme des larmes… le sol raboteux comme si des ongles l’eussent labouré… les flaques d’eau bourbeuse… Maurevert vit tout cela d’un coup d’œil qui eut la durée d’un éclair. Et son regard s’arrêta au fond du cachot.

Là, contre la paroi, deux anneaux scellés dans le mur supportaient deux chaînes rouillées.

1 ... 130 131 132 133 134 135 136 137 138 ... 171
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)