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Les Pardaillan – Livre III – La Fausta

Электронная книга - «Les Pardaillan – Livre III – La Fausta». Краткое содержание книги:

Nous sommes en 1573. Jean de Kervilliers, devenu monseigneur l'?v?que prince Farn?se, fait arr?ter L?onore, sa ma?tresse, fille du baron de Montaigues, supplici? pendant la Saint Barth?l?my. Alors que le bourreau lui passe la corde au coup, elle accouche d'une petite fille. Graci?e par le Pr?v?t, elle est emmen?e sans connaissance vers la prison. Devant les yeux du prince Farn?se tortur? par la situation, le voil? p?re et cependant homme d'?glise, la petite Violette est emport?e par ma?tre Claude, le bourreau…
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– Ah! c’est à Saint-Paul?…

– Oui, monseigneur.

– Eh bien, fit tout à coup le duc de Guise, non seulement je vous autorise à vous rendre à ce bizarre rendez-vous, mais je vous y accompagne! Pardieu! je veux, moi aussi, voir la fiancée de Maurevert.

En parlant ainsi, le duc assura sa rapière et jeta un manteau sur ses épaules. Maineville et Bussi-Leclerc se regardèrent, cessant de rire. En somme, ils venaient de commettre quelque chose comme une trahison – sans importance si le duc gardait le secret, mais qui les mettait en vilaine posture si Maurevert voyait le Balafré.

– Monseigneur, dit Bussi-Leclerc avec une certaine hésitation, nous avons promis à Maurevert de ne rien dire à personne, et surtout à vous…

– Soyez tranquilles… je m’arrangerai de façon à tout voir sans être vu. En route, messieurs…

Rassurés par cette parole du maître, Maineville et Leclerc, lesquels, d’ailleurs, n’étaient pas gens à longtemps s’embarrasser de scrupules, suivirent le duc de Guise qui, sans autre escorte, sortit de l’hôtel, enchanté de cette excursion nocturne et plus heureux encore de pouvoir échapper une heure à ses propres pensées.

Les trois hommes arrivèrent rapidement à Saint-Paul. Bussi-Leclerc et Maineville pénétrèrent dans l’église, laissant le duc sous le portail, selon ce qu’ils avaient convenu en route. Le Balafré demeura immobile, caché dans la nuit du porche, ému, malgré lui, d’il ne savait quelle angoisse.

Des ombres passèrent près de lui; des gens qui, silencieusement, pénétrèrent dans l’église; puis un carrosse vint s’arrêter devant le portail même, sans faire de bruit; puis, plus loin, il sembla à Guise qu’une litière stationnait…

«Que signifie tout cela? songea le duc. Est-ce que je serais tombé sur quelque bon complot?… Hum!… Maurevert est une louche physionomie sur laquelle je n’ai jamais pu lire la vérité vraie… Cette histoire de mariage à minuit… cette instance à ne pas vouloir que je sois prévenu… ces gens qui viennent d’entrer en grand mystère…»

Très brave sur un champ de bataille, dans le bruit, la fumée et l’ivresse du sang, Guise en pleine nuit, seul, regretta de s’être ainsi aventuré. Il toucha d’un geste rapide la cotte de mailles qu’il portait toujours sous le pourpoint de velours. Puis la curiosité devint la plus forte, et il fit un pas pour entrer dans l’église. À ce moment, du fond de la nef, parvint jusqu’à lui une clameur de détresse; puis, un bruit de lutte violente.

– Ce n’était pas un complot, murmura Guise rassuré, c’était un meurtre, mais qui tue-t-on?

Il entra. Les cris, brefs et étouffés, les cliquetis d’armes remplissaient l’église. Là-bas vers le chœur, dans l’obscurité, s’agitait violemment un groupe d’ombres… puis, tout à coup, il vit qu’on entraînait quelqu’un, et toute la bande passa à trois pas de lui… Quelques instants plus tard, il entendit le carrosse qui s’élançait et comprit que le quelqu’un était emporté vers une destination inconnue.

Un inexprimable étonnement s’empara alors de Guise. En effet, au moment où il croyait tout fini, il venait d’entendre encore un cri… un cri de femme… et portant les yeux vers le chœur, il voyait un prêtre qui officiait à l’autel, et, agenouillés, pareils à deux fiancés, un homme et une jeune fille vêtue de blanc… l’homme, l’époux, soutenait la jeune fille de son bras, et il sembla à Guise, de la place où il se trouvait, que cette fiancée se laissait aller avec abandon au bras de Maurevert… Car l’homme ne pouvait être que Maurevert.

Une foule de pensées rapides se succédèrent dans l’esprit de Guise. L’étrangeté de cette scène, cet homme qu’on venait d’entraîner violemment, ce prêtre qui officiait dans l’église redevenue silencieuse, ces deux époux qui semblaient s’aimer si tendrement, ce mariage tenu si secret par Maurevert, tout cela surexcitait sa curiosité.

Qui était celui qui venait d’être emporté par le carrosse?… Un jaloux?… Un rival?… Qui était cette épousée qui, avec tant de tendre abandon, s’appuyait sur Maurevert?…

Tout à coup, le duc tressaillit et un frisson de terreur presque superstitieux l’agita. La cérémonie était terminée; le prêtre ayant prononcé la formule d’union se retirait; l’époux, Maurevert, se relevait. Et alors, Guise, debout, constata que l’épouse était évanouie, morte, peut-être! Ce qu’il avait pris pour une attitude de tendresse n’était que l’attitude d’un corps qui ne se soutient plus. À ce moment, deux femmes sortaient de la sacristie. Une voix prononça:

– Conduisez-la jusqu’à la litière, et qu’on m’attende.

– La voix de Fausta! murmura le duc avec un étonnement auquel commençait à se mêler de l’épouvante.

Maurevert… l’époux… n’accompagnait pas l’épousée!… Les deux femmes avaient pris l’inconnue vêtue de blanc, et la soutenaient ou plutôt l’emportaient évanouie. Elles passèrent près de Guise. Et à la faible lueur de cette lumière diffuse vaguement répandue dans l’église, il jeta un regard avide sur cette femme évanouie, sur cette épousée qu’on entraînait mourante. Et il étouffa une sorte de rugissement qui gronda sourdement dans sa gorge. Et une stupéfaction mêlée d’une sorte de terreur s’empara de ses sens. Il voulut s’élancer, et il se sentit comme cloué à la dalle…

Cette femme, c’était celle qu’il aimait à en devenir fou, c’était la petite bohémienne, c’était Violetta…

En quelques instants, l’église fut vide. Et Guise, revenu de sa stupeur, gronda dans un furieux mouvement de joie:

– Je la tiens! elle est à moi!…»

Il allait s’élancer, lorsque, du fond du chœur, il vit venir deux hommes dont il reconnut l’un:

Maurevert! L’épousé! Le mari de Violetta!…

Que signifiait cet étrange, ce mystérieux mariage? Pourquoi Maurevert venait-il d’épouser Violetta? Il l’aimait donc en secret!… Ces questions tourbillonnèrent dans sa tête… Il voulait savoir!… Et il se renfonça dans son ombre, prêtant l’oreille à ce que disait Maurevert ou plutôt l’inconnu qui l’accompagnait…

Puisque Maurevert était là encore, Violetta, l’épousée, ne pouvait s’éloigner sans doute!… Les deux femmes qui l’emportaient la garderaient dans cette litière qu’il avait remarquée, jusqu’à l’arrivée de l’époux. Il allait donc savoir la vérité. Haletant, le front couvert de cette suée de la passion qui ressemble aux sueurs de l’angoisse et de l’agonie, à demi penché en avant, il écouta ardemment et, tout de suite, il reconnut la voix de l’inconnu… c’était la même voix qui avait ordonné que l’épousée attendît dans la litière, c’était Fausta.

– Donc, disait Fausta, vous passez au palais de la Cité, et vous y touchez les cent mille livres convenues. Pour le reste, fiez-vous à moi. Le duc sera roi dans un mois. Il oubliera alors la petite bohémienne. Et même, s’il apprenait ce qui vient de se passer, je vous garantis le pardon. Ce qui est dit est dit: vous serez capitaine des gardes de Sa Majesté Henri quatrième, roi de Lorraine et de France.

– Ah! madame, fit Maurevert, la minute où je vous ai rencontrée est une minute à jamais bénie dans mon existence! Comment pourrai-je m’acquitter envers vous?…

– Je vous l’ai dit! répondit Fausta d’une voix sombre.

– Oh! soyez tranquille pour ce qui est convenu de cette petite…

– Donc, vous partez!

– Je pars. Mais vous savez, madame, qu’avant de quitter Paris, j’ai quelqu’un à voir.

Fausta hésita un instant. Puis d’une voix qui parut trembler légèrement, elle reprit:

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