Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «La valse lente des tortues». Краткое содержание книги:

Qu'un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s'en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l'argent de son best seller, celui que sa sœur Iris avait tenté de s'attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode. Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu'au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l'aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d'oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l'a chavirée. Le bonheur est en vue, à condition d'éliminer l'inquiétant Lefloc-Pinel, son voisin d'immeuble, un élégant banquier dont le charme cache bien trop de turpitudes.
1 ... 130 131 132 133 134 135 136 137 138 ... 165
Перейти на страницу:

À cet instant, il avait eu envie de sauter en parachute aux pieds de Joséphine. La princesse l’avait regardé comme un déchet nucléaire et s’en était allée se rasseoir à sa place.

À l’arrivée, elle portait de larges lunettes noires et l’avait ignoré.

À l’arrivée, il n’avait pas ouvert son parachute.

Un ballon de foot heurta ses pieds. Il le renvoya de toutes ses forces vers le gamin hirsute qui lui faisait signe de shooter. « Well done ! » fit le gamin en bloquant la balle.

Well done, mon vieux, se dit Philippe en ouvrant Le Monde et en se laissant tomber dans l’herbe. J’aurais le cul vert, mais je m’en fous ! Il chercha les pages de la fin pour lire un article sur la Documenta. On y parlait de l’œuvre d’un Chinois, Ai Weiwei, qui avait fait venir mille Chinois de Chine afin qu’ils photographient le monde occidental et qu’il puisse réaliser une œuvre à partir de ces photos. Monsieur Wei. C’était le nom du patron chinois d’Antoine Cortès au Kenya. Avant de disparaître, Antoine lui avait envoyé une lettre. Il désirait s’exprimer « d’homme à homme ». Il y accusait Mylène. Il disait qu’il fallait se méfier d’elle, qu’elle était double. Toutes les femmes l’avaient trahi. Joséphine, Mylène, et même sa fille, Hortense. « Elles nous réduisent en bouillie et nous nous laissons faire. » Les femmes étaient trop fortes pour lui. La vie trop dure à vivre.

Il allait rentrer chez lui et travailler sur le dossier des chaussettes Labonal. Il était fou de ces chaussettes. Elles lui enrobaient le pied telles des pantoufles, douces, élastiques, réconfortantes, ne se déformaient pas au lavage, ne grattaient pas, ne serraient pas, je devrais en envoyer à Joséphine. Un beau bouquet de chaussettes de première qualité. Ce serait un moyen original de lui dire je pense à toi, mais je me prends les pieds dans mes émotions. Il sourit. Et pourquoi pas ? Ça la ferait rire, peut-être. Elle enfilerait une paire de chaussettes bleu ciel ou rose et se pavanerait dans l’appartement en se disant « il ne m’a pas oubliée, il m’aime comme un pied, mais il m’aime ! ». Le PDG des chaussettes Labonal était devenu un ami. Un de ces hommes qui se battent pour la qualité, l’excellence. Philippe lui donnait un coup de main pour survivre dans la féroce compétition mondiale. Dominique Malfait avait effectué de nombreux voyages en Chine. Pékin, Canton, Shanghai… Il y avait peut-être croisé Mylène. Il exportait ses chaussettes en Chine. Les nouveaux riches chinois en étaient fous. En France, il avait eu l’excellente idée, pour vendre ses chaussettes sans passer par les grandes surfaces, d’aller chercher les gens à domicile. Dans des magasins ambulants, rouge éclatant, frappés d’une panthère jaune prête à bondir. Les camions sillonnaient les routes, s’arrêtaient dans les marchés, sur les places des villages. Cet homme-là sait se battre. Il ne gémit pas comme Antoine. Il retrousse ses manches et établit des stratégies. Je ferais bien de mettre au point un plan pour reconquérir Joséphine.

Il referma Le Monde et sortit de sa poche le roman de Romain Gary. Il l’ouvrit au hasard et lut cette phrase : « Aimer est la seule richesse qui croît avec la prodigalité. Plus on en donne et plus il vous en reste. »

— Dis, maman, on fait quoi pour les vacances ? demanda Zoé en lançant un bâton à Du Guesclin qui courut le chercher.

— C’est vrai que ce sont les vacances ! s’exclama Joséphine, observant Du Guesclin qui revenait vers elles, le bâton dans la gueule.

Elle avait complètement oublié. Elle n’arrêtait pas de penser à son rendez-vous avec Garibaldi. Je me suis fait berner. J’ai balancé Antoine. Encore heureux que je n’aie pas parlé de Luca. Ç’eût été complet : Antoine, Luca, Lefloc-Pignel, Van den Brock ! Elle avait honte.

— T’es vraiment à côté de tes pompes, en ce moment ! répondit Zoé en félicitant Du Guesclin qui déposait le bâton à ses pieds. T’as vu comme je l’ai dressé ? La semaine dernière, il m’aurait jamais rapporté ce bâton !

— Qu’est-ce que tu aurais envie de faire ?

— Sais pas. Toutes mes copines sont parties…

— Et Gaétan aussi ?

— Il part demain. À Belle-Île. En famille…

— Il t’a pas invitée à aller chez lui ?

— Son père, il sait même pas qu’on se voit ! s’exclama Zoé. Gaétan, il fait tout en cachette ! Il sort, le soir, par la cuisine, directo dans l’escalier de service jusqu’à la cave, il dit que s’il se fait piquer, il est dead, total dead !

— Et sa mère ? Tu n’en parles jamais…

— Elle est névrotique. Elle se gratte les bras et se bourre de pilules. Gaétan, il dit que c’est à cause du bébé qu’elle a perdu, tu sais, il est mort écrasé dans un parking. Il dit que ça a foutu la vie de sa famille en l’air…

— Comment il sait ça ? Il n’était pas né !

— C’est sa mamie qui lui raconte… Elle dit qu’avant, c’était le bonheur total. Que son père et sa mère rigolaient, qu’ils se tenaient par la main et se faisaient des bisous… et qu’après la mort du bébé, son père, il a changé du jour au lendemain. Il est devenu fou. Tu sais, je comprends. Moi, parfois la nuit, j’ouvre les yeux et j’ai envie de hurler en imaginant papa avec le crocodile. Je deviens pas folle, mais c’est tout juste…

Joséphine passa son bras autour des épaules de Zoé.

— Faut pas que tu penses à ça…

— Hortense, elle dit qu’il faut regarder les choses en face pour les exorciser.

— Ce qui est valable pour Hortense ne l’est pas forcément pour toi.

— Tu crois vraiment ? Parce que ça me fait peur quand j’exorcise…

— Au lieu de penser à sa mort, pense à lui, quand il était vivant… et tu lui envoies plein d’amour, tu lui fais des petites déclarations et tu vas voir, tu n’auras plus peur…

— Mais dis, m’man, pour les vacances…

Hortense partait en Croatie, après sa semaine de stage chez Jean-Paul Gaultier, Zoé allait se retrouver toute seule. Elle réfléchit.

— Tu veux qu’on aille à Deauville, chez Iris ? On pourrait lui demander de nous prêter la maison. Elle, elle reste à Paris.

Zoé fit la grimace.

— J’aime pas Deauville. C’est que des riches qui se la pètent…

— Comment tu parles !

— Mais c’est vrai, m’man ! Y a que des parkings, des boutiques et des gens pleins de tune !

Du Guesclin trottinait à côté d’elles, le bâton dans la gueule, attendant que Zoé veuille bien jouer avec lui.

— Alexandre m’a envoyé un mail. Il part faire un stage de poney en Irlande. Il dit qu’il reste des places. Ça me plairait bien…

1 ... 130 131 132 133 134 135 136 137 138 ... 165
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)