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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Peut-être a-t-il été déjà fait allusion au fait que, lorsque Achab se trouvait dans une difficulté provenant indirectement de son malheureux accident, il était presque invariablement irrité ou exaspéré. En l’occurrence, il était exacerbé par la vue de deux officiers du navire étranger qui, penchés sur la lisse, près de l’échelle perpendiculaire, balançaient à son intention une paire de tire-veilles ouvragées avec goût, car de prime abord il ne leur semblait pas être venu à l’idée qu’un unijambiste puisse être suffisamment infirme pour ne pouvoir utiliser ces rampes marines. Ce malaise ne dura qu’un instant car le capitaine étranger, ayant jugé d’un coup d’œil de quoi il en retournait, s’écria: «Je vois! je vois! assez hissé par là! En vitesse, les gars, jetez le palan de dépeçage.

La chance voulut qu’ils aient eu une baleine amarrée deux ou trois jours auparavant et que les palans fussent encore en place et le grand croc à lard, propre et sec, encore suspendu à leur extrémité. Celui-ci étant rapidement descendu jusqu’à Achab, il comprit sur-le-champ, glissa sa cuisse unique dans la courbure du crochet (comme il se fût assis dans l’aile d’une ancre ou dans la fourche d’un pommier), donna l’ordre de le hisser, se cramponna fermement et aida à alléger son propre poids en tirant, main sur main, sur la manœuvre courante de la poulie. Il fut bientôt soigneusement rendu sur le pont et déposé avec douceur sur le chapeau de cabestan. Son bras d’ivoire franchement tendu en signe de bienvenue, l’autre capitaine s’avança et Achab levant sa jambe d’ivoire croisa le fer si l’on peut dire. On eût dit deux espadons, et Achab s’exclama à sa façon de morse: «Oui, oui, chaleureusement! Serrons-nous les os! Un bras et une jambe! Un bras qui ne saurait plier jamais, voyez-vous et une jambe qui jamais ne peut courir. Où as-tu vu la Baleine blanche? Et il y a combien de temps?

– La Baleine blanche, répondit l’Anglais, pointant vers l’est l’ivoire de son bras, en le balayant d’un long regard triste comme avec un télescope: C’est là que l’ai vue sur la ligne, la saison passée.

– Et elle a emporté ce bras, n’est-ce pas? demanda Achab, se laissant glisser au bas du cabestan en prenant pour le faire appui sur l’épaule de l’Anglais.

– Oui, ou du moins elle fut la cause de sa perte. Et cette jambe aussi?

– Racontez-moi toute l’histoire, dit Achab, comment cela s’est-il passé?

– C’était ma première croisière sur la ligne, commença l’Anglais, j’ignorais tout de la Baleine blanche à cette époque-là. Un jour nous mîmes à la mer pour une gamme de quatre ou cinq cachalots et ma pirogue se piqua sur l’un d’eux. C’était un vrai cheval de cirque, il tournait comme un moulin tant et si bien que mon équipage dut s’asseoir sur le plat-bord opposé. Alors, du fond de la mer, une grande baleine fit brèche et s’élança. Elle avait un front d’une blancheur de lait, une bosse et n’était que rides et pattes d’oie.

– C’était elle, c’était elle! s’écria Achab haletant.

– Elle avait des harpons fichés près de sa nageoire de tribord.

– Oui, oui… c’étaient les miens… mes fers, jubila Achab, mais poursuivez!

– Alors, laissez-moi la chance de le faire, dit l’Anglais avec bonne humeur. Eh bien, cette arrière-arrière-grand-mère, avec sa tête blanche et sa bosse, se rua dans la gamme, y soulevant une tempête d’écume, et se mit à mordre furieusement ma ligne de harpon.

– Oui, je vois! elle voulait la couper pour libérer le poisson amarré… un de ses vieux trucs… je la connais.

– Ce qu’il en était exactement, je n’en sais rien, continua le capitaine manchot, mais en mordant la ligne, celle-ci se prit dans ses dents, sans que nous nous en rendions compte sur le moment, de sorte que lorsque nous halâmes, nous fîmes un bond sur sa bosse, tandis que l’autre baleine fuyait au vent, la queue battante. Prenant conscience de la situation, voyant à quelle grande et noble baleine nous avions affaire, la plus noble et la plus grande que j’ai jamais vue, sir, de ma vie, je décidai d’en faire une proie malgré la fureur écumante qui semblait la tenailler. Pensant que cette ligne qui la retenait par hasard se libérerait ou que sa dent lâcherait avec elle (car j’ai un équipage de tous les diables pour embraquer une ligne), voyant tout cela, dis-je, je sautai dans la pirogue de mon second, M. Mountopp ici présent (à propos, capitaine, Mountopp; Mountopp, le capitaine) comme je disais, je sautai dans la pirogue de Mountopp qui, voyez-vous, se trouvait alors plat-bord contre plat-bord avec la mienne, et saisissant le premier harpon, j’en donnai à cette arrière-arrière-grand-mère. Mais, Seigneur, voyez-vous, sir, par mon âme, l’instant suivant, en cinq secs, j’étais aussi aveugle qu’une chauve-souris… des deux yeux… du brouillard partout, réduit à l’impuissance par une écume noire… la queue de la baleine dressée droite au milieu, perpendiculaire sur l’eau, comme un clocher de marbre. Il ne servait à rien de nager à culer, mais tandis qu’en plein midi, sous un soleil aveuglant, resplendissant de tous ses feux, je tâtonnais à la recherche du second fer pour m’en débarrasser, la queue s’abattit comme une tour lors d’un tremblement de terre à Lima, coupa ma baleinière en deux, réduisant chaque partie en éclats, et la queue la première, la bosse blanche recula à travers les épaves comme si elles n’étaient que copeaux. Nous lui portâmes tous des coups. Pour échapper à ce fléau en mouvement, je saisis le manche de mon harpon planté dans sa chair et je m’y cramponnai un moment, comme un rémora. Mais une vague me repoussa et, au même instant, la baleine se lança en avant et sonda comme l’éclair; les barves de ce maudit second fer emporté tout contre moi se plantèrent ici (il serra sa main juste un peu en dessous de son épaule), oui, il m’attrapa juste là, dis-je, et m’entraîna dans les flammes de l’enfer, pensais-je alors; lorsque… lorsque tout soudain, Dieu soit loué, les pointes me labourèrent les chairs tout le long du bras mais se dégagèrent au niveau du poignet et je revins en surface – et ce monsieur vous racontera le reste (à propos, capitaine, le Dr Bunger, chirurgien du bord, Bunger, ami, le capitaine). Et maintenant, Bunger, ami, racontez votre partie de l’histoire.

Rien ne révélait chez l’homme de l’art, ainsi familièrement interpellé, debout près d’eux pendant tout ce temps, le rang élevé qu’il occupait à bord. Il avait un visage tout rond mais austère, portait une chemise de laine d’un bleu fané, des pantalons rapiécés, et, jusque-là, il avait partagé son intérêt entre un épissoir qu’il tenait dans une main et une boîte de pilules qu’il avait dans l’autre, tout en jetant de temps à autre un regard critique sur les membres d’ivoire des deux capitaines. Mais quand son supérieur le présenta à Achab, il s’inclina courtoisement entreprit aussitôt le récit demandé:

– C’était une blessure affreusement mauvaise, commença-t-il, et sur mon conseil, le capitaine Boomer mit le cap de notre vieux Sammy…

– Samuel-Enderby est le nom de mon navire, interrompit le capitaine manchot à l’intention d’Achab, continuez, mon garçon…

– Mit le cap de notre vieux Sammy sur le nord-ouest, pour échapper à la température brûlante de la ligne. Mais cela ne servait à rien… je fis ce que je pus, le veillai la nuit, très strict quant à son régime…

– Oh! très strict! s’accorda à reconnaître le patient lui-même, puis changeant soudain de ton: il buvait de grogs au rhum avec moi toutes les nuits jusqu’à n’y plus voir pour faire les pansements, m’expédiant au lit, à moitié ivre, vers trois heures du matin. Oh! par les étoiles, il veillait avec moi, en vérité et il était très strict en ce qui concernait mon régime. Oh! un grand veilleur, certes, et un diététicien rigoureux, tel est le Dr Bunger. (Bunger coquin, riez donc! pourquoi ne riez-vous pas? Vous savez que vous êtes une jolie canaille.) Mais, allez de l’avant, mon garçon, j’aurais préféré être tué par vous que sauvé par n’importe qui d’autre.

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