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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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C’est ainsi qu’il m’apparaissait tandis que, debout à la barre, je menais durant de longues heures silencieuses ce vaisseau-incendie sur la mer. Enveloppé d’ombre, je n’en voyais que mieux la rougeur, la folie et l’horreur peintes sur le visage des autres. La vue incessante de démons, faisant des entrechats, entre la fumée et le feu, engendra en mon âme d’identiques visions dès que j’eus cédé à l’indicible somnolence qui toujours m’envahit au gouvernail de minuit.

Mais cette nuit-là, une chose étrange m’advint que je ne pus jamais m’expliquer. M’éveillant en sursaut d’un bref sommeil tout debout, je pris une conscience horrible d’une erreur fatale. La barre en os contre laquelle j’étais appuyé me bourra les côtes, le bourdonnement sourd des voiles en train de faseyer siffla à mes oreilles, je crus avoir les yeux ouverts, je crus, à demi conscient porter mes doigts à mes paupières pour les écarquiller. Mais malgré cela je ne voyais nul compas pour guider ma route bien que, me semblait-il, il ne s’était pas écoulé plus d’une minute depuis que j’avais regardé la rose des vents éclairée par la lampe fixe de l’habitacle. Il me paraissait qu’il n’y avait devant moi qu’une obscurité de jais rendue parfois effrayante par des éclairs rouges. Par-dessus tout j’avais l’impression que, quelle que fût la chose ailée, rapide, sur laquelle je me tenais, elle n’allait point tant vers un havre qu’elle ne fuyait les ports derrière elle. Un égarement m’envahit, une rigidité pareille à celle de la mort. Mes mains serrèrent convulsivement la barre et l’idée folle me vint qu’un maléfice l’avait renversée. Seigneur! que m’arrive-t-il? pensais-je. Voilà que dans mon court sommeil je m’étais retourné, face à la poupe, dos à la proue et au compas. Je fis brusquement volte-face, juste à temps pour empêcher le navire d’abattre et sans doute de chavirer. Quelles ne furent pas ma joie et ma reconnaissance d’être libéré de cette hallucination nocturne et de la fatale éventualité d’empanner!

Ne regarde pas trop longtemps le visage du feu, ô homme! Ne rêve jamais quand tu tiens la barre! Ne tourne pas le dos au compas, accepte le premier avertissement de la barre défaillante, ne crois pas aux mensonges du feu lorsque sa rougeur revêt d’horreur toutes choses. Demain, à la lumière du soleil, les cieux seront clairs, ceux dans lesquels les flammes fourchues allumaient le regard menaçant des démons, le matin les modèlera tout autrement avec plus de douceur. La gloire, l’or et la joie du soleil, seule vraie lampe alors que trahissent toutes les autres!

Et pourtant le soleil ne cache pas le Dismal Swamp de Virginie, ni la campagne maudite de Rome, ni l’immense Sahara, ni les millions de milles de déserts et de douleurs du monde. Le soleil ne dissimule pas l’Océan qui est le côté sombre de cette terre dont il couvre les deux tiers, Aussi l’homme mortel qui a en lui plus de joie que de souffrance ne peut pas être vrai, ou il est insincère ou il n’a pas atteint sa plénitude. Il en va de même des livres. Le plus vrai d’entre les hommes fut l’Homme de Douleurs, le plus vrai de tous les livres est celui de Salomon et l’Ecclésiaste est l’acier le plus beau et le mieux trempé de la souffrance. Tout est vanité. Tout! Ce monde obstiné n’a pas encore conquis la sagesse de Salomon, le non-chrétien. Mais celui qui esquive les hôpitaux et les prisons, celui qui se hâte à travers les cimetières et préfère parler opéras qu’enfer, taxe Cowper, Young, Pascal, Rousseau de pauvres diables de malades et passe sa vie insouciante à jurer par l’éphémère sagesse de Rabelais et par sa gaillardise, celui-là n’est pas digne de s’asseoir sur les pierres tombales et d’ouvrir la terre végétale humide et verte des abîmes de l’admirable Salomon.

Mais Salomon lui-même dit: «Celui qui abandonne les chemins de la droiture, sa route conduit chez les trépassés» et cela signifie qu’il sera un mort dans la vie. Dès lors ne t’abandonne pas au feu, de crainte qu’il ne te détourne et ne te prive momentanément de vie, comme il le fit pour moi. Il est une sagesse qui est souffrance; mais il est une souffrance qui est folie. Un aigle de Catskill peut aussi bien plonger dans les gorges ténébreuses de certaines âmes que devenir invisible lorsqu’il en rejaillit à nouveau dans la lumière de l’espace. Et quand bien même il volerait à jamais dans ces gorges, il n’est pas de gorges qu’à l’altitude, de sorte que cet aigle des sommets volera toujours plus haut que les oiseaux des plaines, si haut qu’ils planent.

CHAPITRE XCVII La lampe

Si quittant les fourneaux du Péquod, vous étiez descendu au gaillard d’avant, où dormait la bordée libre de quart, vous auriez pu un instant vous croire dans la chapelle de quelque saint roi ou conseiller. Ils gisaient là, entre les parois de chêne de leurs caveaux triangulaires, le ciseau du silence sculptant chaque visage, le feu d’une vingtaine de lampes sur leurs yeux clos.

À bord des navires marchands, l’huile est pour le matelot plus précieuse que le lait des reines. Se vêtir dans l’obscurité, manger dans l’obscurité et trébucher jusqu’à sa paillasse dans l’obscurité, tel est son lot habituel. Mais le baleinier vit dans la lumière comme il cherche l’aliment de la lumière. Il fait de sa couchette une lampe d’Aladin où s’étendre de sorte que, dans la plus profonde nuit, les fonds du navire sont toujours illuminés.

Voyez avec quelle entière liberté le baleinier apporte sa poignée de lampes – souvent rien de plus que de vieilles bouteilles et fioles – au rafraîchisseur de cuivre des fourneaux et les y remplit comme un pichet de bière à la cuve. L’huile qu’il brûle est aussi la plus pure, non traitée, à son état vierge, liquide inconnu des lampes solaires, lunaires ou astrales, à terre. Elle est douce comme le premier beurre de l’herbe d’avril. Il part chasser son huile pour être sûr de sa pureté et de son authenticité, comme le voyageur poursuit dans la prairie le gibier de son souper.

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