Moby Dick
- Автор: Мелвилл Герман
- Язык: французский
- Жанр: Морские приключения
Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
Ainsi dans ce métier à tisser de la forêt arsacidienne, ce métier vert, trépidant de vie, gigantesque désœuvré, était étendu le blanc squelette vénéré et, tandis que la trame et la chaîne s’entremêlent en bruissant autour de lui, le puissant oisif semble être l’astucieux tisserand, tout tapissé de vignes, chaque mois lui apportant des verdures plus fraîches et plus vertes, à lui qui n’est que squelette pourtant La Vie enveloppant la Mort, la Mort y glissant la Vie, le dieu inexorable épousant la jeune Vie qui lui engendre des gloires aux têtes bouclées.
Or, quand je rendis visite, avec le royal Tranquo a cet étonnant cachalot et que je vis le crâne devenu autel et la fumée montant par où avait passé son souffle, je m’émerveillai de ce que le roi considérât une chapelle comme une curiosité. Il rit. Je m’émerveillai davantage encore de ce que les prêtres puissent jurer que son jet de fumée était authentique. Je passai et repassai devant le squelette, repoussai les vignes, me faufilai entre les côtes et, avec une pelote de fil arsacidien, je déambulai longuement dans ses méandres, dans l’ombre de ses colonnades et de ses mandrins. Mais bientôt ma pelote fut épuisée, je suivis le fil et je me retrouvai à l’entrée. Je n’avais rien vu de vivant à l’intérieur, rien que des os.
Après m’être taillé une baguette verte comme étalon de mesure, je replongeai à l’intérieur du squelette. De la fente en forme de flèche ouverte sur le crâne, les prêtres me surprirent en train de prendre la hauteur de la dernière côte. «Qu’est-ce que cela? crièrent-ils. Tu oses mesurer notre dieu! Cela nous incombe.»
– Bien, prêtres! alors, combien lui donnez-vous de longueur?
Là-dessus, une contestation sauvage surgit entre eux au sujet de pieds et de pouces; ils s’entrebrisèrent le crâne avec leurs mesures de bois, le grand crâne en renvoyait l’écho et, saisissant cette heureuse opportunité, je terminai mes propres mesures.
Je me propose de vous les communiquer. Mais tout d’abord, il faut dire qu’en ce domaine je ne suis pas libre de donner des mesures fantaisistes selon mon bon plaisir car vous pourrez, pour vérifier mon exactitude vous référer à des autorités en matière de squelettes. Il y a, m’a-t-on dit, un musée du léviathan en Angleterre, à Hull, port baleinier de ce pays, où se trouvent de beaux échantillons de dos en rasoir et d’autres cétacés. J’ai également entendu dire que le Musée de Manchester, dans le New Hampshire, détient ce que ses propriétaires appellent: «le seul spécimen parfait d’une baleine du Groenland ou de Rivière, des États-Unis.» En outre, à Burton Constable, quelque part dans le Yorkshire, en Angleterre, un certain sir Clifford Constable possède le squelette d’un cachalot, mais d’une taille moyenne et qui n’est en rien comparable en dimensions à celui de mon ami le roi Tranquo.
Dans l’un et l’autre cas, les cétacés échoués auxquels appartenaient ces squelettes furent revendiqués par leurs propriétaires pour des motifs similaires. Le roi Tranquo s’en empara parce qu’il en avait envie et sir Clifford parce qu’il était seigneur de ces lieux. La baleine de sir Clifford avait été entièrement articulée de sorte que, telle immense commode, vous pouviez ouvrir et fermer tous ses tiroirs, déployer ses côtes comme un gigantesque éventail et vous balancer toute la journée sur sa mâchoire inférieure. Il est question de poser des serrures sur ses trappes et volets, de sorte qu’un valet en fera les honneurs aux visiteurs, un trousseau de clefs au côté. Sir Clifford pense demander deux pence pour jeter un coup d’œil dans la galerie des échos surnaturels de la colonne vertébrale, trois pence pour entendre l’écho dans la cavité du cervelet, et six pence pour la vue incomparable qu’on a de son front.
Les dimensions du squelette que je vais maintenant donner sont copiées textuellement d’après mon bras droit sur lequel je les avais fait tatouer, car mes vagabondages effrénés de cette époque ne m’assuraient aucun autre moyen sérieux de conserver ces précieuses statistiques. Mais, vu l’espace restreint et désireux de laisser en blanc les autres parties de mon corps pour un poème que j’étais alors en train de composer – sur les endroits encore non tatoués qui pouvaient me rester – je ne me mis pas en peine des pouces en plus ou en moins, aussi bien les pouces ne devraient-ils pas entrer en ligne de compte dans une mensuration convenable de la baleine.
CHAPITRE CIII Mesures du squelette du cachalot
Tout d’abord, je souhaite vous faire un simple exposé sur la masse du léviathan vivant, dont nous allons brièvement aborder le squelette, car ce n’est pas inutile.
Selon un calcul minutieux que j’ai fait, partiellement fondé sur les estimations du capitaine Scoresby qui accorde un poids de soixante-dix tonnes à une baleine du Groenland d’une taille maximum de soixante pieds de long, selon mes calculs, dis-je, un cachalot des plus grands, de quatre-vingt-cinq à quatre-vingt-dix pieds de long et d’un peu moins de quarante pieds de diamètre là où il est le plus épais, pèsera au moins quatre-vingt-dix tonnes, de sorte qu’en comptant qu’une tonne représente le poids de treize hommes, le sien dépasserait largement celui de l’entière population d’un village de onze cent habitants.
Ne pensez-vous pas dès lors que pour s’imaginer une quelconque capacité de mouvement dans une masse pareille, un terrien doit lui prêter un cerveau gros comme un couple de bœufs sous le joug?
Je vous ai déjà parlé d’une manière ou d’une autre de son crâne, de son évent, de sa mâchoire, de ses dents, de son front, de ses nageoires et des autres diverses parties de son anatomie, je me bornerai maintenant à relever ce qu’il y a de plus intéressant dans son ossature. Mais comme le crâne colossal fait la majeure partie de son squelette, qu’il en est de loin l’élément le plus complexe et que nous n’y reviendrons pas en ce chapitre, ne manquez pas de le garder soit en mémoire, soit sous le bras faute de quoi vous n’auriez pas une idée juste de la structure générale dont nous allons parler.
Le squelette du cachalot de Tranque mesurait soixante-douze pieds, de sorte que bien en chair et en vie, il devait en faire quatre-vingt-dix, car le squelette perd environ un cinquième de la longueur du corps vif. Sur ces soixante-douze pieds, le crâne et la mâchoire occupent quelque vingt pieds; restent cinquante pieds d’épine dorsale. Sur le tiers environ de celle-ci venait s’attacher le coffre rond des côtes qui enfermait jadis ses organes vitaux. Ce poitrail immense aux côtes d’ivoire, avec sa longue colonne vertébrale formant une droite ininterrompue me rappelle la carène d’un grand navire récemment mis en chantier au moment où une vingtaine seulement de ses membrures nues sont posées et où la quille n’est encore qu’une longue poutre isolée.
Il y avait dix côtes de chaque côté; la première, en commençant à partir du cou, avait près de six pieds de long; les deuxième, troisième et quatrième étaient d’une longueur croissante; la cinquième située au milieu atteignait la longueur maximum de huit pieds et quelques pouces; les autres décroissaient depuis là jusqu’à la dixième et dernière qui ne fait que cinq pieds et quelques pouces. Leur épaisseur paraît proportionnelle à leur longueur. Les côtes centrales sont les plus arquées. Aux Arsacides, elles sont parfois utilisées comme arches de pont pour enjamber de petites rivières.
Considérant ces côtes, je fus une fois de plus frappé d’un fait, plus d’une fois mentionné en ce livre: le squelette du cachalot ne donne en aucune mesure le gabarit de son corps. La plus grande des côtes de Tranque, celle du milieu, se situe sur l’animal vivant à l’endroit où il est le plus épais, ayant seize pieds au moins; or, la côte correspondante n’a guère plus de huit pieds et ne donne donc qu’à moitié l’idée de la taille du cachalot à cet endroit précis. D’autre part, là où je ne vois plus qu’une épine nue, elle portait un manteau fait de tonnes de chair, de muscles, de sang et d’entrailles. Qui plus est, là où se trouvait l’ample queue, ne restent que quelques os disjoints et, en lieu et place des lourdes et majestueuses calmes, il n’y a plus que le néant.