Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Maupassant - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Maupassant

Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:

Ce livre des œuvres complètes de Guy de Maupassant est exhaustif. Il réunit ses huit romans (dont deux inachevés), ses quelques 350 nouvelles réunies en 24 recueils, ses sept pièces de théâtre (dont deux inachevées), toutes ses poésies (réunies en deux volumes), ses carnets de voyages ainsi que les centaines d’articles qu’il écrivit pour la presse entre 1876 et 1891 (classées par dates de publication et par recueils annuels). Une introduction de l’éditeur explique le parcours et l’œuvre de Guy de Maupassant. Ce livre est le fruit d'une somme de travail considérable. Les quelques milliers de pages de « Maupassant : Œuvres complètes » sont réparties en 57 volumes, ayant chacun un sommaire interactif propre. Aussi, un sommaire général permet d’accéder instantanément à n'importe lequel de ses volumes, ou, au choix, à un de ses chapitres, nouvelles, contes fantastiques, poésies, articles de presse, etc. Toutes ces œuvres ont été relues, corrigées lorsque cela était nécessaire, et mises en page avec soin pour en rendre leur lecture aussi agréable que possible.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
Перейти на страницу:

Un procès a lieu.

La concierge se voyant dans une position dangereuse nie avoir bavardé et menti et se tire d’affaire par un faux serment.

— Si on rapportait au tribunal tout ce qu’on dit, n’est-ce pas, on ne pourrait plus causer de rien.

Or l’agent mis en cause se trouve ainsi avoir indignement calomnié une honnête et charmante femme. Il est condamné à deux ans de prison et deux mille francs d’amende.

Le malheureux, qui faisait, il est vrai, une besogne ignoble, mais non punie par la loi, avait été poussé par son patron et trompé par son témoin. Donc, innocent jusqu’à un certain point, il trouve dure la peine et en appelle.

Mais la jeune femme, victime, affreusement frappée, meurtrie, désespérée, tire un coup de revolver sur son tortureur et l’abat. L’homme agonise dix jours et meurt.

Et l’opinion publique crie « Bravo ! vive l’héroïne ! », pousse des hurlements d’enthousiasme, veut qu’on acquitte séance tenante la meurtrière !..

Pourtant…

Pourtant les juges ont apprécié et jugé. Ils ont rendu l’arrêt légal que nous devons respecter d’une façon absolue !

La jeune femme ne se trouve pas assez vengée. Rien en effet ne peut compenser la souffrance morale qu’elle a subie.

Mais qu’arrivera-t-il si nous en appelons tous, par le couteau, le revolver ou le vitriol, des jugements que nous estimons insuffisants ?

Or quel est l’homme lésé qui trouve suffisante la compensation accordée par la loi ?

En quoi l’horrible agonie de cet agent infime, moins coupable que son patron introuvable, rend-elle plus éclatante l’innocence reconnue incontestée de sa victime ?

Quelles seraient les conséquences de cette jurisprudence nouvelle ?

Quelle femme n’a pas été calomniée mille fois par ses concierges, ses domestiques, ses amies et ses ennemies ? Quelle femme n’a pas appris un jour par une bouche affectueuse et malveillante que telle ou telle personne avait dit sur elle une chose infâme ?

Devra-t-elle acheter un revolver et tuer ? N’y sera-t-elle pas un peu autorisée par un verdict d’acquittement ?

Puis, après ? Oui, après les femmes calomniées, nous aurons les femmes suspectées avec raison qui voudront se refaire un honneur à coups de pistolet. Et elles seront nombreuses celles qui, n’ayant rien à perdre, auront tout à gagner d’un crime retentissant capable de retourner et d’établir en leur faveur le cours de l’opinion publique ?

Elles joueront le tout pour le tout, pile ou face, acquittement ou condamnation, car avec les jurés français tout arrive.

N’avons-nous pas déjà, comme exemple du sentiment substitué à la stricte justice, tous les cas de vitriol jugés depuis quelques années par ce tribunal fantaisiste qu’on nomme un jury.

Toutes les fois qu’il s’agit d’amour, l’indulgence attendrie du tribunal est acquise d’avance à celle qui a mutilé son séducteur. Elle est acquittée d’enthousiasme.

Or, cinq fois sur dix, c’est le vitriolé qui a séduit, car le monde est peuplé de filles et de femmes qui emploient des ruses de Peau-Rouge et une adresse et des astuces, et un déploiement d’innocence, de naïveté et de candeur incroyables, à découvrir et conquérir le séducteur de leur choix.

La profession de fille et de femme séduite et payée a du bon. Or, si le séducteur leur échappe, c’est toute une campagne à recommencer. Leur dépit exaspéré les pousse à une vengeance terrible pour lui et sans danger pour elles.

J’admets qu’elles aiment follement.

L’amour peut-il être une excuse ?

Qu’est-ce que l’amour qui frappe, sinon de l’égoïsme que les jurés acquittent, en donnant aux liens illégaux une sanction poétique et une valeur presque légale, en ce temps où il devient si facile de rompre les liens réguliers du mariage.

De sorte qu’on peut maintenant se débarrasser à son gré d’une femme légitime, par un petit jugement, tandis qu’on a tout à craindre en se débarrassant d’une maîtresse !

Vive le sentiment, à bas la loi !

La création des jurys a été d’ailleurs, en principe, la substitution du sentiment à la justice, car les jurés jugent selon leur cœur, et ces braves gens seraient fort embarrassés pour faire autrement puisqu’ils n’ont que ça pour juger.

On leur soumet des cas compliqués de psychologie, or ils sont préparés à les résoudre, uniquement par les romans-feuilletons de leur journal.

Une fille séduite ! Ils ne connaissent que ça ! Ils ont assez pleuré en lisant « La Folle du Carrefour », et ils voient immédiatement une situation analogue. Ils se rappellent aussi toutes les scènes de tribunal, de cour d’assises, les plaidoiries, les preuves accablantes, les circonstances dramatiques des œuvres de MM. Richebourg et autres. Et ils jouent une de ces scènes, ils font partie d’un de ces romans !

Pouvait-il en être autrement, du jour où l’on choisissait pour pénétrer dans le tréfonds du cœur humain, pour démêler les fils délicats des intentions, non pas des criminalistes de profession, non pas des hommes supérieurs habitués à voir, à comprendre et à juger toutes les évolutions de l’esprit, mais le boucher, le boulanger, le mercier, le commerçant quelconque, qui apprécient selon leur cœur, parbleu, à défaut du reste.

Je voudrais qu’on fît une simple expérience.

On prendrait dix jurés et on leur poserait cette question :

— Que pensez-vous du 2 Décembre ?

Le premier répondrait : « C’est un crime ignoble pli par des bandits. »

Le second : « Ce fut un coup de génie qui sauva pour quelques années la France agonisante… »

Aucun d’eux ne dira : « Ce fut un coup d’État comparable à toutes les révolutions qui ont changé le gouvernement d’un pays. »

Or, s’ils sont six du premier avis, tant pis pour les réactionnaires qu’ils auront à juger.

Mais s’ils sont au contraire six de la seconde opinion, tant pis pour les républicains.

Il en est de même en matière de sentiment ; et voilà ce que nous appelons la justice.

Donc, les femmes sont aujourd’hui à peu près autorisées à régler toutes leurs affaires à coups de revolver et de vitriol.

Quoi d’étonnant à cela, puisqu’un homme attaqué dans son honneur n’a pas d’autre ressource, en ce moment, que le duel.

Et c’est là un signe singulier de cette tendance de plus en plus visible du tempérament français à remplacer la justice par le hasard, ou plutôt par une fantaisie imprévue, arbitraire et sentimentale.

Nous avons horreur de la loi et de la logique !

Examinons donc la jurisprudence du duel telle qu’elle s’établit chez nous.

Nous sommes loin des jours, proches cependant, où on concédait que le duel, vieille coutume de la chevalerie, devenue souvent, de nos jours, la ressource des chevaliers d’industrie qui se font un honneur à coups d’épée, était admissible seulement dans certains cas d’appréciation délicate où la loi est impuissante et dans certaines situations que l’amour ou la trahison d’une femme, ainsi que des haines particulières, peuvent créer entre deux êtres.

Aujourd’hui, le combat singulier est devenu la règle et la loi dans tous les cas d’injures, calomnie ou médisance, entre hommes.

L’insulté, le lésé, sous peine d’être dix fois déshonoré, devra avoir recours aux armes et non aux tribunaux.

S’il se bat, étant même une crapule et un fripon, il redevient instantanément un honnête homme.

S’il fait intervenir les juges, il n’est plus qu’un couard, même avec un honneur irréprochable.

Qui est l’insulteur ? La galerie ne s’en informe guère. Homme du demi-monde vivant d’expédients, publiciste aux abois vivant de chantage. Peu importe. On le salue, on lui serra la main. Cela suffit.

Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)