Le grand livre [Doomsday Book - fr]
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 1994
- Язык: французский
- Год: J’ai lu
- ISBN: 2-277-23761-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
32
« Apocalyptique » devait être le qualificatif qui convenait le mieux à son projet de sauvetage temporel. Quand Colin le reconduisit dans sa chambre, Dunworthy était épuisé et à nouveau fiévreux.
— Reposez-vous, dit l’enfant en l’aidant à s’allonger. Vous risquez une rechute, si vous allez là-bas.
— Je dois m’entretenir avec Badri. Et Finch.
— Je me charge de tout, promit Colin.
Il s’éclipsa sans perdre de temps. Il lui faudrait obtenir un bon de sortie tant pour Dunworthy que pour Badri, et trouver quelqu’un capable d’assurer un soutien médical si Kivrin était malade. Dunworthy devrait en outre se faire vacciner contre la peste. Il se demanda au bout de combien de jours la protection était totale. Mary avait fait les piqûres à Kivrin lors de l’implantation de l’enregistreur, deux semaines avant le transfert. Mais peut-être n’était-il pas nécessaire d’attendre aussi longtemps pour être immunisé.
L’infirmière vint relever sa température.
— Je termine mon tour de garde, annonça-t-elle en jetant un coup d’œil à son moniteur corporel.
— Et moi, est-ce que je sortirai bientôt ?
— Sortir ? fit-elle, surprise. Seigneur, vous devez vous sentir bien mieux.
— C’est exact. Alors ?
— Il existe une sacrée différence entre faire quelques pas dans un couloir et pouvoir rentrer chez soi, dit-elle en réglant le débit de la perfusion. Évitez de faire du zèle.
Elle le laissa et Colin revint, avec Finch et Le Temps des Chevaliers.
— J’ai pensé que ça pourrait vous être utile, pour les costumes et le reste. Bon, je vais chercher Badri.
Il posa le livre sur les jambes de Dunworthy et ressortit en trombe.
— Je vous trouve bien meilleure mine, monsieur, déclara Finch. J’en suis positivement ravi. Nous avons grand besoin de vous, à Balliol. À cause de Mme Meager. Elle nous accuse d’avoir miné la santé de son William. Elle dit que la tension nerveuse et la lecture de Pétrarque l’ont anémié. Elle menace de déposer une plainte auprès du recteur.
— Qu’elle le fasse, si elle réussit à trouver Basingame. Je veux savoir au bout de combien de temps le vaccin contre la peste est efficace. Par ailleurs, il faut préparer notre labo pour un transfert.
— Nous l’utilisons comme entrepôt. Nous y stockons le ravitaillement que nous venons de recevoir de Londres. Naturellement, ils ont oublié le papier hygiénique alors que j’avais bien précisé…
— Déménagez tout dans le réfectoire. Je veux que le transmetteur soit opérationnel le plus tôt possible.
Colin ouvrit la porte d’un coup de coude et poussa la chaise roulante de Badri dans la chambre, en utilisant un bras et un genou pour retenir le battant.
— J’ai dû le passer en douce devant la sœur de garde, dit-il, essoufflé.
Il dirigea le fauteuil vers le lit.
— Je veux…
Dunworthy s’était interrompu en dévisageant le tech. Non, son projet était irréalisable. Cet homme n’était pas en état de se charger d’un transfert. Le simple fait d’avoir été poussé jusque-là l’avait épuisé, et c’était à présent la poche de sa robe de chambre qu’il triturait.
— J’ai préparé la liste du matériel nécessaire, déclara Badri d’une voix qui traduisait de la lassitude mais avait perdu ses accents de désespoir. Il nous faudra également des autorisations pour procéder à votre transfert et à la récupération de Kivrin.
— Et les tarés qui manifestaient aux portes de Brasenose ? Ne vont-ils pas intervenir ?
— Non, ils sont allés s’installer devant le siège du National Trust pour réclamer la fermeture du chantier archéologique.
Parfait, se dit Dunworthy. Occupée à défendre son cimetière, Montoya ne pensera pas à se mêler de nos affaires.
— De quoi d’autre aurez-vous besoin ? demanda-t-il à Badri.
— Tout est là, répondit le tech.
Il remit une liste à Dunworthy, qui la tendit à son secrétaire en précisant :
— Il nous faudra également une assistance médicale pour Kivrin. Et je veux disposer d’un téléphone dans cette chambre.
Finch lut la feuille et se renfrogna.
— Ne me dites pas que nous sommes à court d’un de ces articles, lui lança Dunworthy. Empruntez ou volez ce que nous n’avons pas.
Il se tourna vers Badri.
— Que faudra-t-il encore ?
— Sortir de cet hôpital. Et je crains que ce soit le plus difficile.
— Il a raison, intervint Colin. La vieille chouette ne vous lâchera jamais.
— Qui est votre médecin ? demanda Dunworthy.
— Le docteur Gates, mais…
— Nous devons lui faire comprendre que c’est une urgence.
Badri secoua la tête.
— Il ne faut surtout pas lui révéler nos projets. J’ai réussi à le convaincre de me laisser sortir pour utiliser le transmetteur, pendant que vous étiez malade. Il a accepté malgré ses réticences, et c’est alors que j’ai fait cette rechute…
— Êtes-vous certain de pouvoir vous charger du transfert ? Andrews viendra peut-être, à présent que l’épidémie est sous contrôle.
— Le temps presse, et tout est ma faute. M. Finch pourrait contacter un autre médecin.
— Et aller dire au mien que je dois lui parler, approuva Dunworthy.
Il tendit la main vers le livre de Colin.
— Il me faudra également un costume d’époque.
Il feuilleta l’ouvrage, à la recherche d’une illustration de tenue médiévale.
— Pas de fermeture à glissière, pas de boutons.
Il trouva une image de Boccace et la montra à son secrétaire.
— Il est peu probable que le Vingtième puisse nous fournir quoi que ce soit. Téléphonez à la Société d’Art Dramatique et demandez aux costumiers s’ils n’auraient pas quelque chose qui conviendrait.
— Je ferai de mon mieux, monsieur, dit Finch en lorgnant le dessin avec doute.
La porte s’ouvrit brusquement sur la religieuse qui les chargea en bouillant de rage.
— Vous êtes un irresponsable, monsieur Dunworthy, gronda-t-elle d’une voix qui avait dû être à l’origine de nombreux arrêts cardiaques. Si vous vous fichez de votre santé, ne compromettez pas le rétablissement de nos autres patients.
Elle riva sur Finch un regard lourd de menaces.
— M. Dunworthy ne recevra plus de visites.
Puis elle se tourna vers Colin et lui fit lâcher les poignées du fauteuil roulant de Badri.
— À quoi jouez-vous, monsieur Chaudhuri ?
Elle fit pivoter si brusquement le siège que la force centripète projeta la tête du tech en arrière.
— Vous avez déjà fait une rechute. Je ne vous laisserai pas commettre d’autres imprudences.
Elle le poussa dans le couloir.
— Je vous avais bien dit qu’il était impossible de lui échapper, commenta Colin.
Elle rouvrit la porte et lui lança :
— Pas de visiteurs !
— Je reviendrai, promit-il avant de sortir à son tour.
Sous l’œil vigilant de la religieuse d’âge canonique qui gronda :
— Pas tant que je vivrai !
Mais il fut de retour sitôt qu’elle eut terminé sa permanence. Il venait apporter à Badri un modem qui lui permettrait de se connecter au transmetteur depuis l’hôpital et de communiquer à Dunworthy des renseignements sur le vaccin. Finch avait téléphoné au ministère de la Santé et appris qu’il fallait attendre quinze jours pour bénéficier d’une immunité totale, sept pour une protection partielle.
— Il voudrait savoir s’il doit aussi prévoir des vaccinations contre le choléra et la typhoïde.