Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Les Habits Noirs Tome I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Habits Noirs Tome I

Электронная книга - «Les Habits Noirs Tome I». Краткое содержание книги:

Ce cycle de huit romans, publiés de 1863 à 1875, est à rapprocher de la série des Rocambole de Ponson du Terrail, qui connaissait un grand succès depuis 1857. Il a été popularisé par une série télévisuelle datant de 1967, du temps de l'ORTF… Les «Habits noirs» est le signe de l'appartenance aux classes «élevées» de la société et en même temps le surnom donné à une bande criminelle réelle qui agissait à Paris dans les années 1830, et qui fut jugée lors d'un procès à sensation en 1845. Ce surnom, les membres de la bande l'avaient acquis en raison de leurs manières raffinées et de l'apparence de respectabilité qu'ils avaient endossée. Ainsi est doublement mise en avant par Féval l'hypocrisie sociale, l'éternelle comédie grinçante d'une société pervertie par l'absence de valeurs, où le crime règne sous le masque même de la loi et de l'ordre, les rongeant ainsi de l'intérieur.
La bande criminelle les «Habits Noirs», dirigée par Lecoq, le bras droit du colonel Bozzo-Corona, le «Maître à tous», organise le vol de la caisse du banquier Bancelle, en 1825, tout en montant une machination compliquée destinée à égarer la justice sur un faux coupable (manoeuvre que les Habits noirs appellent «payer la loi», et qu'ils renouvelleront à chaque épisode). Ce faux coupable est André Maynotte, sur lequel Lecoq satisfait ainsi une ancienne vengeance. André Maynotte est condamné, mais réussit à s'enfuir…
1 ... 117 118 119 120 121 122 123 124 125 ... 164
Перейти на страницу:

– Pouvez-vous faire, demanda brusquement la baronne, à prix d’or ou autrement, que cette jeune fille, Edmée Leber, s’embarque sur-le-champ pour l’Amérique?

M. Lecoq eut un sourire dédaigneux qui se refléta, plus amer, mais plus triste, sur les lèvres de M. Mathieu. M. Lecoq répondit:

– Il y a treize jours de traversée entre New York et Le Havre. Je crois qu’on peut gagner encore un jour ou deux. Envoyer quelqu’un en Amérique! On avait de ces idées-là au temps des navires à voiles et des diligences; mais aujourd’hui, on prend mieux ses précautions. Ne vous inquiétez pas trop de cette jeune fille. C’est le petit côté de la question.

– Vous ne savez pas… l’interrompit la baronne.

– Si fait, je sais. La pensée, ambitieuse ou non, que j’ai eut un jour d’être le gendre de M. le baron Schwartz m’a fait ouvrir les yeux, vous concevrez pourquoi, sur votre riche et honorable maison. Peut-être le premier soupçon m’est-il venu de ce fait que vous cédiez à mes vœux avec une certaine répugnance. Des princes de l’argent comme vous ne doivent pas céder quand ils ont une répugnance. Mais peut-être aussi avais-je des jalons fort antérieurs. Et certes, il me fallait bien quelque motif, un peu romanesque, à mon âge, et dans mon humble état, pour prendre l’audace de briguer cette éblouissante alliance.

– Votre retraite nous a fort étonnés, dit la baronne avec un effort visible.

– Ces choses-là font plaisir ou peine, belle dame… Étonné est un mot de juste milieu qui ne signifie rien. En tout cas je reste votre ami, si vous voulez bien le permettre, et je conserve pour cette chère demoiselle Blanche une affection quasi paternelle. Parlons de vous, et ne parlons que de vous.

Il vint s’asseoir auprès de Mme Schwartz. Évidemment, ce n’était point la première visite qu’elle faisait à l’agence.

– Vous excusez ma robe de chambre, belle dame? reprit M. Lecoq en s’étalant dans son fauteuil. Je suis sans façon, vous savez. Dites-moi: qu’est-ce que contient donc cette divine cassette?

– Vous avez vu mon mari! balbutia-t-elle ébahie.

– Pas encore, répliqua Lecoq.

– Alors, comment savez-vous?…

Lecoq affecta de jouer avec les glands de sa riche cordelière.

– Il faut nettoyer la situation, dit-il en homme qui laisse échapper malgré lui le fond de sa pensée. Il y a longtemps que nous nous connaissons, chère madame, et les gens qui font des comédies ont bien raison de dire qu’il reste toujours quelque chose d’un premier amour! Ne vous offensez pas! Nous aurions maintenant des enfants grands comme père et mère. Et peut-être bien que vous ne seriez pas si près de ce bout de fossé où l’on fait la culbute.

Il avait tenu à la main, pendant toute son entrevue avec Trois-Pattes, l’autographe de Piquepuce, qui était maintenant un chiffon fatigué. Les yeux de la baronne s’y étant reposés par hasard, il le déroula effrontément et le lissa sur son genou, disant:

– Ceci regarde votre maison, chère madame. Vous êtes menacée d’une grande catastrophe; il faut bien arriver à vous l’avouer.

– Mon mari doit être ici, murmura Mme Schwartz.

– Lequel? demanda M. Lecoq d’un ton paisible.

Elle se prit à trembler.

L’estropié, dans son trou, tremblait plus fort qu’elle.

– Il faut nettoyer la situation! répéta M. Lecoq en pliant avec soin la note écrite par Piquepuce dans la voiture de Livry. Ma connaissance avec M. le baron est presque aussi vieille que mes sentiments d’admiration pour vous, et je ne puis m’empêcher de glisser cette observation que ces sentiments, platoniques, il est vrai, eussent pu vous fournir un motif plausible de répugner à mon entrée dans votre famille. Il y a eu en tout ceci du mal joué; vous êtes une pauvre belle âme, égarée dans un méchant pays. Je reprends: si M. le baron voyait ce papier-là, il frissonnerait jusque dans les entrailles de son coffre-fort. Êtes-vous descendue parfois à la caisse, chère madame?

– Jamais, répondit-elle; mais je voudrais vous parler de ma situation…

– Vous auriez vu une chose curieuse, interrompit Lecoq avec une bonhomie cruelle, une chose que vous connaissez beaucoup, du moins par ouï-dire. On appelle cela des marchés de rencontre. De rencontre! le mot est bien trouvé. Le coffre-fort de M. Bancelle, le malheureux banquier de Caen, était à vendre voici quelques années. M. le baron cherchait une caisse semblable, à défense et à secret. Vous n’ignorez pas que je suis spécial dans cette partie. M. le baron me chargea de l’achat, et je trouvai cette pièce véritablement excellente, dont je pouvais répondre, puisque je l’avais vendue moi-même autrefois à cet infortuné M. Bancelle.

– Pourquoi donc me dites-vous cela? demanda Mme Schwartz d’une voix altérée.

– Parce qu’il y a des rapprochements étonnants, madame. Je sais aussi où est le brassard ciselé…

– Le brassard! répéta Julie avec un douloureux tressaillement. C’était bien Julie en ce moment, Julie Maynotte, et non point la baronne Giovanna Schwartz, car depuis une minute, son cœur entier vivait dans le passé.

– Qui donc possède ce brassard? interrogea-t-elle.

– Oh! repartit M. Lecoq, il appartient à des gens qui ne le vendraient point, quoiqu’ils soient très pauvres. Je l’ai reconnu dans la chambre à coucher de Mme Leber.

– La mère d’Edmée! fit la baronne dont la tête s’inclina sur sa poitrine.

Vous eussiez dit que Trois-Pattes, de l’autre côté de la porte, était en proie à une sourde et immense colère. C’était un regard de feu qu’il dardait au travers du guichet.

– Pourquoi chez la mère d’Edmée? bégaya la baronne. Pourquoi?

– Savez-vous le vrai nom de la mère d’Edmée? Il y a des moments où les vieilles choses qui dorment s’éveillent. Dans cette maison où nous sommes, je connais deux jeunes gens: le fils du magistrat qui condamna André Maynotte et le fils du commissaire de police qui l’arrêta, deux jeunes gens qui font une pièce de théâtre avec cette histoire-là. Justement cette histoire-là, entendez-vous! Est-ce assez drôle, hé?

– Je ne sais plus ce que je voulais vous dire, murmura la pauvre femme avec accablement.

– Moi, je le sais, cela suffit. Le bouton de diamant, niaiserie! l’empreinte de la clef, fadaise! Notre pièce, à nous, marche plus vite que cela. Nous allons jouer tout à l’heure trois actes en dix minutes. Que contient la cassette? Voilà deux fois que je vous le demande.

– Vos paroles ont l’air d’une menace! dit la baronne d’une voix brisée.

– Ce n’est pas moi qui menace, ce sont les faits. Vous avez eu raison de venir. Si vous n’étiez pas venue, j’aurais été cette nuit au château.

– Cette nuit? et pourquoi?

– Parce qu’il faut prendre le taureau par les cornes.

Il consulta sa montre et se leva. Trois-Pattes fit un mouvement, comme si, oubliant son infirmité, il eût voulu se mettre aussi sur ses jambes.

– Pas de faiblesse, reprit M. Lecoq froidement. Vous allez éprouver un grand choc, chère madame. Tenons-nous ferme. Les évanouissements n’avancent à rien.

Il prit le pavillon d’ivoire qui se mit à siffler.

– Le baron s’en va, dit le cornet: il est furieux. Faut-il le laisser aller? On sait que le son s’arrête à l’orifice même de ces appareils acoustiques.

1 ... 117 118 119 120 121 122 123 124 125 ... 164
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)