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Dominium Mundi. Livre I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
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« Mais bon Dieu, qu’est qu’elle fait ? s’exclame le voisin de Tancrède.

— Elle a détruit l’électronique de la roquette, répond fébrilement celui-ci. Maintenant, si elle la lâche, ça explose. »

Alors, Clorinde, comme si elle venait d’entendre Tancrède, lance la roquette à la verticale avec toute la force dont elle est encore capable, puis se rue droit devant elle. Le robot suit un instant du regard le projectile qui vient de surgir du toit, puis détecte le mouvement de Clorinde et l’ajuste pour le coup de grâce. Mais, dans son cerveau informatique, l’ordre de tirer se déclenche une microseconde trop tard. La déflagration qui se produit au moment où la roquette retombe sur le toit engloutit la maison dans une boule de feu destructrice, disloquant le robot en débris de métal brûlants. L’onde de choc frappe Clorinde dans le dos, l’obligeant à poser un genou au sol, sans toutefois la faire tomber.

La jeune femme, hors d’haleine, les tympans douloureux, un filet de sang s’écoulant d’une narine, se relève et se tourne face au brasier. Un long moment passe où seuls se font entendre sa respiration désordonnée et le crépitement des flammes. Ses genoux tremblent, mais elle est déterminée à rester debout. Puis, peu à peu, elle discerne un étrange bruit de fond, comme le bruissement d’un torrent lointain. Levant la tête, elle comprend qu’elle perçoit l’ovation de l’assistance, même à travers l’épaisse vitre de la baie d’observation.

Quand le son de la Corne résonne dans le dôme, Clorinde comprend qu’elle vient de devenir Méta-guerrière.

Afin de lui éviter de revenir à pied jusqu’à la colline d’Arès, un écuyer chevauchant un méca se porta jusqu’à elle. Compatissant, il descendit de sa monture pour l’aider à monter en croupe, derrière lui. La jeune femme paraissait exténuée, mais son visage rayonnant ne laissait aucun doute sur les émotions qui la traversaient.

Soulagé et heureux, Tancrède ne perdit rien de la scène finale, apogée de la vie d’un soldat, le triomphe du Méta-guerrier. Bien que la synthèse de ses signes vitaux, affichée sur les écrans, montrât clairement qu’elle était blessée, Clorinde semblait ne ressentir nulle douleur en gravissant à nouveau la colline jusqu’à l’Aréopage. D’un pas solennel, le doyen des juges s’approcha d’elle et prononça l’éloge consacré :

« Clorinda di Severo, avec humilité, vous vous êtes présentée devant vos pairs afin que votre valeur soit pesée et mesurée. Sans craindre la honte ni la mort, vous avez affronté la suprême épreuve, dont seule l’élite des guerriers peut triompher, montrant ainsi que vous avez été forgée dans le meilleur des alliages. Les vents de la guerre se sont déchaînés pour vous abattre, mais, grâce à l’ardeur de votre foi, vous les avez tenus en respect, puis les avez repoussés jusque dans les cavernes obscures qui les ont engendrés. Au prix de votre sang, vous avez conquis l’admiration de tous. Désormais, en parlant de Clorinda di Severo, tous devront dire : Sur son front élevé respirent l’audace et la terreur ; sa vue, jusqu’au sein des remparts, porte l’épouvante et l’effroi*. »

La jeune femme ne put retenir quelques larmes tandis qu’elle s’agenouillait devant le vieux soldat au visage couvert de cicatrices gravées par les batailles.

« Clorinde, aujourd’hui, tu as subi l’Épreuve avec courage et tu en as triomphé avec gloire. Je te déclare digne de rejoindre la classe des Méta-guerriers. »

Prenant l’écharpe richement brodée qu’un page lui présentait, posée bien à plat sur ses deux mains, le doyen la passa ensuite autour du cou de la jeune femme, puis sous son bras gauche, afin qu’elle la porte en bandoulière. Cette écharpe, faite d’étoffe rouge, damassée d’or, était brodée des scènes importantes de la vie d’un soldat, depuis son apprentissage jusqu’à sa mort au champ d’honneur. Clorinde se releva alors, se tourna pour faire face à l’assistance, puis leva les bras en signe de victoire. La foule laissa éclater sa joie dans une longue et puissante acclamation.

Tancrède attendit presque une heure à la porte des vestiaires du dôme. Pour lui, il n’était pas question de partir sans avoir revu l’héroïne du jour. Lorsqu’enfin elle en sortit, accompagnée de deux médicaux, il s’approcha, avec l’audacieuse intention de prendre ses mains dans les siennes pour la féliciter, mais elle devança son geste, jetant carrément ses bras autour de son cou et le serrant de toutes les forces qui lui restaient.

« Ah, Tancrède, lâcha-t-elle dans un soupir, je suis si heureuse d’avoir réussi ! Et heureuse que vous soyez venu me soutenir !

— Moi aussi, Clorinde, bredouilla-t-il, pris au dépourvu par une telle démonstration en public, je tenais à vous, euh… féliciter. »

Les deux médics échangèrent un sourire entendu.

« Bien, nous allons vous laisser, Mademoiselle, dit l’un d’eux, n’oubliez pas de passer demain au dispensaire pour que l’on s’occupe de ces côtes brisées.

— Entendu, répondit-elle sans quitter Tancrède des yeux. Je n’y manquerai pas. »

Les deux hommes tournèrent les talons en ricanant et en leur lançant des coups d’œil par-dessus l’épaule.

« Des côtes brisées, reprit Tancrède, vous avez dû souffrir à chacun de vos mouvements ! Vous auriez même pu vous déchirer un poumon.

— J’aurais fait quelques jours chez les Hospitaliers, voilà tout. Je n’allais pas déposer les armes pour quelques fractures, tout de même ! »

Tancrède eut envie de la sermonner un peu, mais il pensa qu’il aurait agi comme elle.

« Je n’aurais pas renoncé à l’Épreuve pour ça, moi non plus.

— Je le sais, Tancrède de Tarente, répondit-elle un rien charmeuse, nous sommes pareils vous et moi. »

Même s’il était un peu embarrassé qu’elle prenne ainsi les choses en main, il rit à son audace.

« Me ferez-vous la joie de dîner avec moi ce soir, pour fêter votre triomphe ?

— Avec le plus grand plaisir, Monsieur le Comte ! s’exclama-t-elle.

— Je ne suis pas comte, rectifia-t-il en riant de plus belle. Tout juste fils de comte ! Et je… »

Tancrède s’interrompit soudain alors qu’Albéric débouchait au coin de l’allée et se dirigeait vers eux. Suivant son regard, Clorinde se retourna et découvrit le jeune homme qui arrivait à leur niveau.

« Bonjour, Tancrède, dit-il. On m’a dit que je te trouverais ici, mais je vois que je te dérange. On se verra plus tard.

— Non, attends, répondit celui-ci, je vais en profiter pour te présenter Clorinde di Severo, qui vient de réussir son Épreuve Méta. Clorinde, voici Albéric Villejust, un de mes amis. »

À cet instant, Clorinde remarqua les deux lignes jaunes brodées sur la manche d’Albéric et son visage, jusqu’alors si radieux, se crispa brusquement. Elle se tourna à nouveau vers Tancrède en ignorant l’inerme.

« Il est temps que je vous laisse, Tancrède, fit-elle un peu froidement, j’ai encore beaucoup de choses à faire avant ce soir. À tout à l’heure, comme convenu. »

Puis elle partit sans un mot de plus, sans un regard pour Albéric, plantant là un Tancrède ébahi.

« Je ne comprends pas, dit-il à son ami. Je ne sais pas pourquoi elle a réagi ainsi.

— C’est pourtant facile à comprendre, répondit Albéric, désabusé, elle fait partie des gens qui méprisent les enrôlés de force, qui ne veulent même pas les voir.

— Je sais que beaucoup de gens se comportent ainsi, reconnut Tancrède, mais je ne pensais pas qu’elle en faisait partie. Je tiens à m’excuser pour elle, je suis sûr qu’elle ne se rend pas compte.

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