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Le vicomte de Bragelonne Tome IV

Электронная книга - «Le vicomte de Bragelonne Tome IV». Краткое содержание книги:

Dernière page de l'histoire des quatre amis, d'Artagnan, Athos, Porthos et Aramis… Le règne de Louis XIV commence, chacun a vieilli et évolué, mais conserve sa personnalité d'autrefois. Dans ce livre, le héros est le vicomte de Bragelonne, qui n'est autre que le fils d'Athos, mais les anciens mousquetaires ne sont jamais loin quand il s'agit d'intrigues et d'aventures…
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Il demanda à être conduit à M. d’Herblay.

Deux soldats, sur le signe d’un sergent, le placèrent entre eux et l’escortèrent.

Aramis était sur le quai. L’envoyé se présenta devant l’évêque de Vannes. L’obscurité était presque complète, malgré les flambeaux que portaient à une certaine distance les soldats qui suivaient Aramis dans sa ronde.

– Eh quoi! Jonathas, de quelle part viens-tu?

– Monseigneur, de la part de ceux qui m’ont pris.

– Qui t’a pris?

– Vous savez, monseigneur, que nous étions partis à la recherche de nos camarades?

– Oui. Après?

– Eh bien! monseigneur, à une petite lieue, nous avons été capturés par un chasse-marée du roi.

– De quel roi? fit Porthos.

Jonathas ouvrit de grands yeux.

– Parle, continua l’évêque.

– Nous fûmes donc capturés, monseigneur, et réunis à ceux qui avaient été pris hier au matin.

– Qu’est-ce que cette manie de vous prendre tous? interrompit Porthos.

– Monsieur, pour nous empêcher de vous le dire, répliqua Jonathas.

Porthos à son tour ne comprit pas.

– Et on vous relâche aujourd’hui? demanda-t-il.

– Pour que je vous dise, monsieur, qu’on nous avait pris.

«De plus en plus trouble», pensa l’honnête Porthos.

Aramis pendant ce temps, réfléchissait.

– Voyons, dit-il, une flotte royale bloque donc les côtes?

– Oui, monseigneur.

– Qui la commande?

– Le capitaine des mousquetaires du roi.

– D’Artagnan?

– D’Artagnan! dit Porthos.

– Je crois que c’est ce nom-là.

– Et c’est lui qui t’a remis cette lettre?

– Oui, monseigneur.

– Approchez les flambeaux.

– C’est son écriture, dit Porthos. Aramis lut vivement les lignes suivantes:

«Ordre du roi de prendre Belle-Île;

«Ordre de passer au fil de l’épée la garnison, si elle résiste;

«Ordre de faire prisonniers tous les hommes de la garnison;

«Signé: D’Artagnan, qui, avant-hier, a arrêté M. Fouquet pour l’envoyer à la Bastille.»

Aramis pâlit et froissa le papier en ses mains.

– Quoi donc? demanda Porthos.

– Rien, mon ami! rien! Dis-moi, Jonathas?

– Monseigneur!

– As-tu parlé à M. d’Artagnan?

– Oui, monseigneur.

– Que t’a-t-il dit?

– Que, pour des informations plus amples, il causerait avec Monseigneur.

– Où cela?

– À son bord.

– À son bord?

Porthos répéta:

– À son bord?

– M. le mousquetaire, continua Jonathas, m’a dit de vous prendre tous deux, vous et monsieur l’ingénieur, dans mon canot, et de vous mener à lui.

– Allons-y, dit Porthos. Ce cher d’Artagnan!

Aramis l’arrêta.

– Êtes-vous fou? s’écria-t-il. Qui vous dit que ce n’est pas un piège?

– De l’autre roi? riposta Porthos avec mystère.

– Un piège enfin! C’est tout dire, mon ami.

– C’est possible; alors, que faire? Si d’Artagnan nous appelle, cependant…

– Qui vous dit que c’est d’Artagnan?

– Ah! alors… Mais son écriture…

– On contrefait une écriture. Celle-ci est contrefaite, tremblée.

– Vous avez toujours raison; mais, en attendant, nous ne savons rien.

Aramis se tut.

– Il est vrai, dit le bon Porthos, que nous n’avons besoin de rien savoir.

– Que ferai-je, moi? demanda Jonathas.

– Tu retourneras près de ce capitaine.

– Oui, monseigneur.

– Et tu lui diras que nous le prions de venir lui-même dans l’île.

– Je comprends, dit Porthos.

– Oui, monseigneur, répondit Jonathas; mais, si ce capitaine refuse de venir à Belle-Île?…

– S’il refuse, comme nous avons des canons, nous en ferons usage.

– Contre d’Artagnan?

– Si c’est d’Artagnan, Porthos, il viendra. Pars, Jonathas, pars.

– Ma foi! je ne comprends plus rien du tout, murmura Porthos.

– Je vais tout vous faire comprendre, cher ami, le moment en est venu. Asseyez-vous sur cet affût ouvrez vos oreilles et écoutez-moi bien.

– Oh! j’écoute pardieu! n’en doutez pas.

– Puis-je partir, monseigneur? cria Jonathas.

– Pars, et reviens avec une réponse. Laissez passer le canot vous autres!

Le canot partit pour aller rejoindre le navire.

Aramis prit la main de Porthos et commença les explications.

Chapitre CCXLIX – Les explications d'Aramis

– Ce que j’ai à vous dire, ami Porthos, va probablement vous surprendre, mais vous instruire aussi.

– J’aime à être surpris, dit Porthos avec bienveillance; ne me ménagez donc pas, je vous prie. Je suis dur aux émotions; ne craignez donc rien, parlez.

– C’est difficile, Porthos, c’est… difficile; car, en vérité, je vous en préviens une seconde fois, j’ai des choses bien étranges, bien extraordinaires à vous dire.

– Oh! vous parlez si bien, cher ami, que je vous écouterais pendant des journées entières. Parlez donc, je vous en prie, et, tenez, il me vient une idée: je vais, pour vous faciliter la besogne, je vais, pour vous aider à me dire ces choses étranges, vous questionner.

– Je le veux bien.

– Pourquoi allons-nous combattre, cher Aramis?

– Si vous me faites beaucoup de questions semblables à celle-là, si c’est ainsi que vous voulez faciliter ma besogne, mon besoin de révélation, en m’interrogeant ainsi, Porthos, vous ne me faciliterez en rien. Bien au contraire, c’est précisément là le nœud gordien. Tenez, ami, avec un homme bon, généreux et dévoué comme vous l’êtes, il faut, pour lui et pour soi-même, commencer la confession avec bravoure. Je vous ai trompé, mon digne ami.

– Vous m’avez trompé?

– Mon Dieu, oui.

– Était-ce pour mon bien, Aramis?

– Je l’ai cru, Porthos; je l’ai cru sincèrement, mon ami.

– Alors, fit l’honnête seigneur de Bracieux, vous m’avez rendu service, et je vous en remercie; car, si vous ne m’aviez pas trompé, j’aurais pu me tromper moi-même. En quoi donc m’avez-vous trompé? Dites.

– C’est que je servais l’usurpateur, contre lequel Louis XIV dirige en ce moment tous ses efforts.

– L’usurpateur, dit Porthos en se grattant le front, c’est… Je ne comprends pas trop bien.

– C’est l’un des deux rois qui se disputent la couronne de France.

– Fort bien!… Alors, vous serviez celui qui n’est pas Louis XIV?

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