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Les Enfants Du Capitaine Grant

Электронная книга - «Les Enfants Du Capitaine Grant». Краткое содержание книги:

Lord et Lady Glenarvan, ainsi que le géographe Paganel, aident Mary et Robert Grant à retrouver leur père qui a fait naufrage sur une île dont on ne connait que la latitude, ce qui les amène à traverser l'Amérique du sud, puis l'Australie où un bagnard évadé, Ayrton, tente de s'emparer du yacht de Glenarvan, et enfin l'Océanie où, après avoir échappé aux anthropophages, il retrouveront enfin la trace de leur père…
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Le lendemain, on partit dès l’aube. À onze heures, apparut Delegete, dans le comté de Wellesley, à cinquante milles de la baie Twofold.

Là, des moyens de transport furent rapidement organisés. En se sentant si près de la côte, l’espoir revint au cœur de Glenarvan. Peut-être, s’il y avait eu le moindre retard, devancerait-il l’arrivée du Duncan! en vingt-quatre heures, il serait parvenu à la baie!

À midi, après un repas réconfortant, tous les voyageurs, installés dans un mail-coach, quittèrent Delegete au galop de cinq chevaux vigoureux.

Les postillons, stimulés par la promesse d’une bonne-main princière, enlevaient la rapide voiture sur une route bien entretenue. Ils ne perdaient pas deux minutes aux relais, qui se succédaient de dix milles en dix milles. Il semblait que Glenarvan leur eût communiqué l’ardeur qui le dévorait.

Toute la journée, on courut ainsi à raison de six milles à l’heure, toute la nuit aussi.

Le lendemain, au soleil levant, un sourd murmure annonça l’approche de l’océan Indien. Il fallut contourner la baie pour atteindre le rivage au trente-septième parallèle, précisément à ce point où Tom Austin devait attendre l’arrivée des voyageurs.

Quand la mer apparut, tous les regards se portèrent au large, interrogeant l’espace. Le Duncan, par un miracle de la providence, était-il là, courant bord sur bord, comme un mois auparavant, par le travers du cap Corrientes, sur les côtes argentines?

On ne vit rien. Le ciel et l’eau se confondaient dans un même horizon. Pas une voile n’animait la vaste étendue de l’océan.

Un espoir restait encore. Peut-être Tom Austin avait-il cru devoir jeter l’ancre dans la baie Twofold, car la mer était mauvaise, et un navire ne pouvait se tenir en sûreté sur de pareils atterrages.

«À Eden!» dit Glenarvan.

Aussitôt, le mail-coach reprit à droite la route circulaire qui prolongeait les rivages de la baie, et se dirigea vers la petite ville d’Eden, distante de cinq milles.

Les postillons s’arrêtèrent non loin du feu fixe qui signale l’entrée du port. Quelques navires étaient mouillés dans la rade, mais aucun ne déployait à sa corne le pavillon de Malcolm.

Glenarvan, John Mangles, Paganel, descendirent de voiture, coururent à la douane, interrogèrent les employés et consultèrent les arrivages des derniers jours. Aucun navire n’avait rallié la baie depuis une semaine.

«Ne serait-il pas parti! s’écria Glenarvan, qui, par un revirement facile au cœur de l’homme, ne voulait plus désespérer. Peut-être sommes-nous arrivés avant lui!»

John Mangles secoua la tête. Il connaissait Tom Austin. Son second n’aurait jamais retardé de dix jours l’exécution d’un ordre.

«Je veux savoir à quoi m’en tenir, dit Glenarvan.

Mieux vaut la certitude que le doute!»

Un quart d’heure après, un télégramme était lancé au syndic des shipbrokers de Melbourne. Puis, les voyageurs se firent conduire à l’hôtel Victoria.

À deux heures, une dépêche télégraphique fut remise à lord Glenarvan. Elle était libellée en ces termes:

«Lord Glenarvan, Eden, «Twofold-Bay.

«Duncan parti depuis 18 courant pour destination inconnue.

«J Andrew S B «

La dépêche tomba des mains de Glenarvan.

Plus de doute! L’honnête yacht écossais, aux mains de Ben Joyce, était devenu un navire de pirates!

Ainsi finissait cette traversée de l’Australie, commencée sous de si favorables auspices. Les traces du capitaine Grant et des naufragés semblaient être irrévocablement perdues; cet insuccès coûtait la vie de tout un équipage; lord Glenarvan succombait à la lutte, et ce courageux chercheur, que les éléments conjurés n’avaient pu arrêter dans les pampas, la perversité des hommes venait de le vaincre sur le continent australien.

TROISIÈME PARTIE

Chapitre I Le macquarie

Si jamais les chercheurs du capitaine Grant devaient désespérer de le revoir, n’était-ce pas en ce moment où tout leur manquait à la fois?

Sur quel point du monde tenter une nouvelle expédition? Comment explorer de nouveaux pays?

Le Duncan n’existait plus, et un rapatriement immédiat n’était pas même possible. Ainsi donc l’entreprise de ces généreux écossais avait échoué.

L’insuccès! Triste mot qui n’a pas d’écho dans une âme vaillante, et, cependant, sous les coups de la fatalité, il fallait bien que Glenarvan reconnût son impuissance à poursuivre cette œuvre de dévouement.

Mary Grant, dans cette situation, eut le courage de ne plus prononcer le nom de son père. Elle contint ses angoisses en songeant au malheureux équipage qui venait de périr. La fille s’effaça devant l’amie, et ce fut elle qui consola Lady Glenarvan, après en avoir reçu tant de consolations!

La première, elle parla du retour en écosse. À la voir si courageuse, si résignée, John Mangles l’admira.

Il voulut faire entendre un dernier mot en faveur du capitaine, mais Mary l’arrêta d’un regard, et, plus tard, elle lui dit:

«Non, monsieur John, songeons à ceux qui se sont dévoués. Il faut que lord Glenarvan retourne en Europe!

– Vous avez raison, miss Mary, répondit John Mangles, il le faut. Il faut aussi que les autorités anglaises soient informées du sort du Duncan. Mais ne renoncez pas à tout espoir. Les recherches que nous avons commencées, plutôt que de les abandonner, je les reprendrais seul! Je retrouverai le capitaine Grant, ou je succomberai à la tâche!»

C’était un engagement sérieux que prenait John Mangles. Mary l’accepta, et elle tendit sa main vers la main du jeune capitaine, comme pour ratifier ce traité. De la part de John Mangles, c’était un dévouement de toute sa vie; de la part de Mary, une inaltérable reconnaissance.

Pendant cette journée, le départ fut décidé définitivement. On résolut de gagner Melbourne sans retard. Le lendemain, John alla s’enquérir des navires en partance. Il comptait trouver des communications fréquentes entre Eden et la capitale de Victoria.

Son attente fut déçue. Les navires étaient rares.

Trois ou quatre bâtiments, ancrés dans la baie de Twofold, composaient toute la flotte marchande de l’endroit. Aucun en destination de Melbourne ni de Sydney, ni de Pointe-De-Galles. Or, en ces trois ports de l’Australie seulement, Glenarvan eût trouvé des navires en charge pour l’Angleterre. En effet, la Peninsular oriental steam navigation company a une ligne régulière de paquebots entre ces points et la métropole.

Dans cette conjoncture, que faire? Attendre un navire? on pouvait s’attarder longtemps, car la baie de Twofold est peu fréquentée. Combien de bâtiments passent au large et ne viennent jamais atterrir!

Après réflexions et discussions, Glenarvan allait se décider à gagner Sydney par les routes de la côte, lorsque Paganel fit une proposition à laquelle personne ne s’attendait.

Le géographe avait été rendre de son côté une visite à la baie Twofold. Il savait que les moyens de transport manquaient pour Sydney et Melbourne.

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