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Les Enfants Du Capitaine Grant

Электронная книга - «Les Enfants Du Capitaine Grant». Краткое содержание книги:

Lord et Lady Glenarvan, ainsi que le géographe Paganel, aident Mary et Robert Grant à retrouver leur père qui a fait naufrage sur une île dont on ne connait que la latitude, ce qui les amène à traverser l'Amérique du sud, puis l'Australie où un bagnard évadé, Ayrton, tente de s'emparer du yacht de Glenarvan, et enfin l'Océanie où, après avoir échappé aux anthropophages, il retrouveront enfin la trace de leur père…
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– C’est le seul parti à prendre, répondit Paganel.

– Donc, mes amis, reprit Glenarvan, plus de séparation. Un homme risque trop à s’aventurer seul dans ce désert infesté de bandits. Et maintenant, que Dieu sauve notre pauvre matelot, et nous protège nous-mêmes!»

Glenarvan avait deux fois raison: d’abord d’interdire toute tentative isolée, ensuite d’attendre patiemment sur les bords de la Snowy un passage praticable. Trente-cinq milles à peine le séparaient de Delegete, la première ville-frontière de la Nouvelle Galles du sud, où il trouverait des moyens de transport pour gagner la baie Twofold.

De là, il télégraphierait à Melbourne les ordres relatifs au Duncan.

Ces mesures étaient sages, mais on les prenait tardivement. Si Glenarvan n’eût pas envoyé Mulrady sur la route de Lucknow, que de malheurs auraient été évités, sans parler de l’assassinat du matelot!

En revenant au campement, il trouva ses compagnons moins affectés. Ils semblaient avoir repris espoir.

«Il va mieux! Il va mieux! s’écria Robert en courant au-devant de lord Glenarvan.

– Mulrady?…

– Oui! Edward, répondit lady Helena. Une réaction s’est opérée. Le major est plus rassuré. Notre matelot vivra.

– Où est Mac Nabbs? demanda Glenarvan.

– Près de lui. Mulrady a voulu l’entretenir. Il ne faut pas les troubler.»

Effectivement, depuis une heure, le blessé était sorti de son assoupissement, et la fièvre avait diminué.

Mais le premier soin de Mulrady, en reprenant le souvenir et la parole fut de demander lord Glenarvan, ou, à son défaut, le major. Mac Nabbs, le voyant si faible, voulait lui interdire toute conversation; mais Mulrady insista avec une telle énergie que le major dut se rendre.

Or, l’entretien durait déjà depuis quelques minutes, quand Glenarvan revint. Il n’y avait plus qu’à attendre le rapport de Mac Nabbs.

Bientôt, les rideaux du chariot s’agitèrent et le major parut. Il rejoignit ses amis au pied d’un gommier, où la tente avait été dressée. Son visage, si froid d’ordinaire, accusait une grave préoccupation.

Lorsque ses regards s’arrêtèrent sur lady Helena, sur la jeune fille, ils exprimèrent une douloureuse tristesse.

Glenarvan l’interrogea, et voici en substance ce que le major venait d’apprendre.

En quittant le campement, Mulrady suivit un des sentiers indiqués par Paganel. Il se hâtait, autant du moins que le permettait l’obscurité de la nuit.

D’après son estime, il avait franchi une distance de deux milles environ, quand plusieurs hommes, – cinq, croit-il, – se jetèrent à la tête de son cheval. L’animal se cabra. Mulrady saisit son revolver et fit feu. Il lui parut que deux des assaillants tombaient. À la lueur de la détonation, il reconnut Ben Joyce. Mais ce fut tout. Il n’eut pas le temps de décharger entièrement son arme. Un coup violent lui fut porté au côté droit, et le renversa.

Cependant, il n’avait pas encore perdu connaissance.

Les meurtriers le croyaient mort. Il sentit qu’on le fouillait. Puis, ces paroles furent prononcées:

«J’ai la lettre, dit un des convicts. – donne, répondit Ben Joyce, et maintenant le Duncan est à nous!»

À cet endroit du récit de Mac Nabbs, Glenarvan ne put retenir un cri.

Mac Nabbs continua:

«À présent, vous autres, reprit Ben Joyce, attrapez le cheval. Dans deux jours, je serai à bord du Duncan; dans six, à la baie Twofold. C’est là le rendez-vous. La troupe du mylord sera encore embourbée dans les marais de la Snowy. Passez la rivière au pont de Kemple-Pier, gagnez la côte, et attendez-moi. Je trouverai bien le moyen de vous introduire à bord. Une fois l’équipage à la mer, avec un navire comme le Duncan, nous serons les maîtres de l’océan Indien. – hurrah pour Ben Joyce!»

S’écrièrent les convicts. Le cheval de Mulrady fut amené, et Ben Joyce disparut au galop par la route de Lucknow, pendant que la bande gagnait au sud-est la Snowy-river. Mulrady, quoique grièvement blessé, eut la force de se traîner jusqu’à trois cents pas du campement où nous l’avons recueilli presque mort.

Voilà, dit Mac Nabbs, l’histoire de Mulrady. Vous comprenez maintenant pourquoi le courageux matelot tenait tant à parler.»

Cette révélation terrifia Glenarvan et les siens.

«Pirates! Pirates! s’écria Glenarvan. Mon équipage massacré! Mon Duncan aux mains de ces bandits!

– Oui! Car Ben Joyce surprendra le navire, répondit le major, et alors…

– Eh bien! Il faut que nous arrivions à la côte avant ces misérables! dit Paganel.

– Mais comment franchir la Snowy? dit Wilson.

– Comme eux, répondit Glenarvan. Ils vont passer au pont de Kemple-Pier, nous y passerons aussi.

– Mais Mulrady, que deviendra-t-il? demanda lady Helena.

– On le portera! on se relayera! Puis-je livrer mon équipage sans défense à la troupe de Ben Joyce?»

L’idée de passer la Snowy au pont de Kemple-Pier était praticable, mais hasardeuse. Les convicts pouvaient s’établir sur ce point et le défendre. Ils seraient au moins trente contre sept! Mais il est des moments où l’on ne se compte pas, où il faut marcher quand même.

«Mylord, dit alors John Mangles, avant de risquer notre dernière chance, avant de s’aventurer vers ce pont, il est prudent d’aller le reconnaître. Je m’en charge.

– Je vous accompagnerai, John», répondit Paganel.

Cette proposition acceptée, John Mangles et Paganel se préparèrent à partir à l’instant. Ils devaient descendre la Snowy, suivre ses bords jusqu’à l’endroit où ils rencontreraient ce point signalé par Ben Joyce, et se dérober surtout à la vue des convicts qui devaient battre les rives.

Donc, munis de vivres et bien armés, les deux courageux compagnons partirent, et disparurent bientôt en se faufilant au milieu des grands roseaux de la rivière.

Pendant toute la journée, on les attendit. Le soir venu, ils n’étaient pas encore revenus. Les craintes furent très vives.

Enfin, vers onze heures, Wilson signala leur retour.

Paganel et John Mangles étaient harassés par les fatigues d’une marche de dix milles.

«Ce pont! Ce pont existe-t-il? demanda Glenarvan, qui s’élança au-devant d’eux.

– Oui! Un pont de lianes, dit John Mangles. Les convicts l’ont passé, en effet. Mais…

– Mais… Fit Glenarvan qui pressentait un nouveau malheur.

– Ils l’ont brûlé après leur passage!» répondit Paganel.

Chapitre XXII

Eden

Ce n’était pas le moment de se désespérer, mais d’agir.

Le pont de Kemple-Pier détruit, il fallait passer la Snowy, coûte que coûte, et devancer la troupe de Ben Joyce sur les rivages de Twofold-Bay. Aussi ne perdit-on pas de temps en vaines paroles, et le lendemain, le 16 janvier, John Mangles et Glenarvan vinrent observer la rivière, afin d’organiser le passage.

Les eaux tumultueuses et grossies par les pluies ne baissaient pas. Elles tourbillonnaient avec une indescriptible fureur. C’était se vouer à la mort que de les affronter. Glenarvan, les bras croisés, la tête basse, demeurait immobile.

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