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Les Enfants Du Capitaine Grant

Электронная книга - «Les Enfants Du Capitaine Grant». Краткое содержание книги:

Lord et Lady Glenarvan, ainsi que le géographe Paganel, aident Mary et Robert Grant à retrouver leur père qui a fait naufrage sur une île dont on ne connait que la latitude, ce qui les amène à traverser l'Amérique du sud, puis l'Australie où un bagnard évadé, Ayrton, tente de s'emparer du yacht de Glenarvan, et enfin l'Océanie où, après avoir échappé aux anthropophages, il retrouveront enfin la trace de leur père…
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En ce moment, les rideaux de cuir se soulevèrent, et Glenarvan rejoignit ses deux compagnons. Il avait entendu, comme eux, ce sifflement sinistre, et la détonation qui avait fait écho sous la bâche.

«Dans quelle direction? demanda-t-il.

– Là, fit John, indiquant le sombre track dans la direction prise par Mulrady.

– À quelle distance?

– Le vent portait, répondit John Mangles. Ce doit être à trois milles au moins.

– Allons! dit Glenarvan en jetant sa carabine sur son épaule.

– N’allons pas! répondit le major. C’est un piège pour nous éloigner du chariot.

– Et si Mulrady est tombé sous les coups de ces misérables! reprit Glenarvan, qui saisit la main de Mac Nabbs.

– Nous le saurons demain, répondit froidement le major, fermement résolu à empêcher Glenarvan de commettre une inutile imprudence.

– Vous ne pouvez quitter le campement, mylord, dit John, j’irai seul.

– Pas davantage! reprit Mac Nabbs avec énergie.

Voulez-vous donc qu’on nous tue en détail, diminuer nos forces, nous mettre à la merci de ces malfaiteurs? Si Mulrady a été leur victime, c’est un malheur qu’il ne faut pas doubler d’un second.

Mulrady est parti, désigné par le sort. Si le sort m’eût choisi à sa place, je serais parti comme lui, mais je n’aurais demandé ni attendu aucun secours.»

En retenant Glenarvan et John Mangles, le major avait raison à tous les points de vue. Tenter d’arriver jusqu’au matelot, courir par cette nuit sombre au-devant des convicts embusqués dans quelque taillis, c’était insensé, et, d’ailleurs, inutile.

La petite troupe de Glenarvan ne comptait pas un tel nombre d’hommes qu’elle pût en sacrifier encore.

Cependant, Glenarvan semblait ne vouloir pas se rendre à ces raisons. Sa main tourmentait sa carabine. Il allait et venait autour du chariot. Il prêtait l’oreille au moindre bruit. Il essayait de percer du regard cette obscurité sinistre. La pensée de savoir un des siens frappé d’un coup mortel, abandonné sans secours, appelant en vain ceux pour lesquels il s’était dévoué, cette pensée le torturait. Mac Nabbs ne savait pas s’il parviendrait à le retenir, si Glenarvan, emporté par son cœur, n’irait pas se jeter sous les coups de Ben Joyce.

«Edward, lui dit-il, calmez-vous. écoutez un ami.

Pensez à lady Helena, à Mary Grant, à tous ceux qui restent! D’ailleurs, où voulez-vous aller? Où retrouver Mulrady? C’est à deux milles d’ici qu’il a été attaqué! Sur quelle route? Quel sentier prendre?…»

En ce moment, et comme une réponse au major, un cri de détresse se fit entendre.

«Écoutez!» dit Glenarvan.

Ce cri venait du côté même où la détonation avait éclaté, à moins d’un quart de mille. Glenarvan, repoussant Mac Nabbs, s’avançait déjà sur le sentier, quand, à trois cents pas du chariot, ces mots se firent entendre:

«À moi! à moi!»

C’était une voix plaintive et désespérée. John Mangles et le major s’élancèrent dans sa direction.

Quelques instants après, ils aperçurent le long du taillis une forme humaine qui se traînait et poussait de lugubres gémissements.

Mulrady était là, blessé, mourant, et quand ses compagnons le soulevèrent, ils sentirent leurs mains se mouiller de sang.

La pluie redoublait alors, et le vent se déchaînait dans la ramure des «dead trees.» Ce fut au milieu des coups de la rafale que Glenarvan, le major et John Mangles transportèrent le corps de Mulrady.

À leur arrivée, chacun se leva. Paganel, Robert, Wilson, Olbinett, quittèrent le chariot, et lady Helena céda son compartiment au pauvre Mulrady. Le major ôta la veste du matelot qui ruisselait de sang et de pluie. Il découvrit sa blessure. C’était un coup de poignard que le malheureux avait au flanc droit.

Mac Nabbs le pansa adroitement. L’arme avait-elle atteint des organes essentiels, il ne pouvait le dire. Un jet de sang écarlate et saccadé en sortait; la pâleur, la défaillance du blessé, prouvaient qu’il avait été sérieusement atteint. Le major plaça sur l’orifice de la blessure, qu’il lava préalablement à l’eau fraîche, un épais tampon d’amadou, puis des gâteaux de charpie maintenus avec un bandage. Il parvint à suspendre l’hémorragie. Mulrady fut placé sur le côté correspondant à la blessure, la tête et la poitrine élevées, et lady Helena lui fit boire quelques gorgées d’eau.

Au bout d’un quart d’heure, le blessé immobile jusqu’alors, fit un mouvement. Ses yeux s’entr’ouvrirent. Ses lèvres murmurèrent des mots sans suite, et le major, approchant son oreille, l’entendit répéter:

«Mylord… La lettre… Ben Joyce…»

Le major répéta ces paroles et regarda ses compagnons. Que voulait dire Mulrady? Ben Joyce avait attaqué le matelot, mais pourquoi? N’était-ce pas seulement dans le but de l’arrêter, de l’empêcher d’arriver au Duncan? cette lettre…

Glenarvan visita les poches de Mulrady. La lettre adressée à Tom Austin ne s’y trouvait plus!

La nuit se passa dans les inquiétudes et les angoisses. On craignait à chaque instant que le blessé ne vînt à mourir. Une fièvre ardente le dévorait.

Lady Helena, Mary Grant, deux sœurs de charité, ne le quittèrent pas. Jamais malade ne fut si bien soigné, et par des mains plus compatissantes.

Le jour parut. La pluie avait cessé. De gros nuages roulaient encore dans les profondeurs du ciel. Le sol était jonché des débris de branches. La glaise, détrempée par des torrents d’eau, avait encore cédé.

Les abords du chariot devenaient difficiles, mais il ne pouvait s’enliser plus profondément.

John Mangles, Paganel et Glenarvan allèrent dès le point du jour faire une reconnaissance autour du campement. Ils remontèrent le sentier encore taché de sang. Ils ne virent aucun vestige de Ben Joyce ni de sa bande.

Ils poussèrent jusqu’à l’endroit où l’attaque avait eu lieu. Là, deux cadavres gisaient à terre, frappés des balles de Mulrady. L’un était le cadavre du maréchal ferrant de Black-Point. Sa figure, décomposée par la mort, faisait horreur.

Glenarvan ne porta plus loin ses investigations. La prudence lui défendait de s’éloigner. Il revint donc au chariot, très absorbé par la gravité de la situation.

«on ne peut songer à envoyer un autre messager à Melbourne, dit-il.

– Cependant, il le faut, mylord, répondit John Mangles, et je tenterai de passer là où mon matelot n’a pu réussir.

– Non, John. Tu n’as même pas un cheval pour te porter pendant ces deux cents milles!»

En effet, le cheval de Mulrady, le seul qui restât, n’avait pas reparu. était-il tombé sous les coups des meurtriers? Courait-il égaré à travers ce désert?

Les convicts ne s’en étaient-ils pas emparés?

«Quoi qu’il arrive, reprit Glenarvan, nous ne nous séparerons plus. Attendons huit jours, quinze jours, que les eaux de la Snowy reprennent leur niveau normal. Nous gagnerons alors la baie Twofold à petites journées et de là nous expédierons au Duncan par une voie plus sûre l’ordre de rallier la côte.

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