Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Puis elle passa à travers le plafond, à travers la chambre au-dessus, à travers le grenier et ses piles de caisses sombres et ses lampes hors d’usage, et de là dans la nuit. La Voie lactée se déployait au-dessus d’elle, mais quelque chose clochait. La Voie lactée était devenue rose.
Et les étoiles commencèrent à tomber.
Quelque part, loin, très loin au-dessous, Andrea entendit le corps qu’elle avait abandonné derrière elle. Il hurlait.
13
Barbie avait imaginé que Julia et lui allaient parler de ce qui était arrivé à Piper Libby dans sa voiture, pendant qu’ils quittaient la ville, mais ils gardèrent presque tout le temps le silence, chacun perdu dans ses pensées. Aucun des deux ne le dit, mais ils furent l’un et l’autre soulagés de voir s’achever ce coucher de soleil aberrant.
À un moment donné, Julia voulut mettre la radio, mais ne trouva rien en dehors de WCIK claironnant une hymne et elle coupa aussitôt.
Barbie ne parla qu’une fois, juste après qu’ils eurent quitté la Route 119 pour la voie en dur plus étroite de Motton Road, qui s’enfonçait au milieu des arbres. « Est-ce que j’ai fait ce qu’il fallait ? »
De l’avis de Julia, il avait fait beaucoup de choses remarquables pendant la confrontation dans le bureau du chef, y compris le traitement d’une épaule démise et de deux doigts déboîtés, mais elle avait compris à quoi il faisait allusion.
« Oui. Le moment était vraiment mal choisi pour essayer d’asseoir son autorité. »
Il était d’accord, mais il se sentait fatigué, démoralisé, pas à la hauteur de la tâche qu’il commençait à voir se profiler devant lui. « Je suis convaincu que les ennemis de Hitler ont dû dire la même chose. Ils l’ont dite en 1934, et ils avaient raison. En 36, et ils avaient encore raison. Et en 38 : ce n’est pas le bon moment pour l’affronter. Et quand ils se sont rendu compte que le moment était enfin venu, ils protestaient depuis Auschwitz ou Buchenwald.
— Ce n’est pas pareil.
— Ah, vous croyez ? »
Elle ne répondit pas, mais elle avait compris ce qu’il voulait dire. Hitler avait commencé, paraît-il, comme peintre en bâtiment ; Jim Rennie était vendeur de voitures d’occasion. Bonnet blanc et blanc bonnet.
Devant eux s’infiltraient des doigts de lumière entre les arbres. Ils imprimaient des intailles d’ombre sur la chaussée rapetassée de Motton Road.
Un certain nombre de camions militaires étaient garés de l’autre côté du Dôme — là où commençait la commune de Harlow — et entre trente et quarante soldats allaient et venaient, l’air très affairés. Tous avaient des masques à gaz à leur ceinture. Un camion-citerne argenté, portant l’avertissement PRODUIT HAUTEMENT DANGEREUX NE PAS APPROCHER, avait été garé à cul à une très courte distance d’une silhouette de porte que l’on avait peinte à la bombe sur la surface du Dôme. Un tuyau de plastique était branché sur une vanne à l’arrière du camion. Deux hommes étaient en charge de la manipulation du tuyau, dont l’extrémité à connecter n’était pas plus grosse que la pointe d’un stylo Bic. Ces hommes étaient casqués et entièrement enfermés dans une tenue brillante. Ils portaient des bouteilles d’oxygène sur le dos.
Côté Chester’s Mill, il n’y avait qu’une spectatrice. Lissa Jamieson, la bibliothécaire de la ville, se tenait à côté d’une antique bicyclette équipée d’un panier sur le porte-bagage arrière. Sur le panier, il y avait un autocollant qui proclamait : QUAND LE POUVOIR DE L’AMOUR SERA PLUS FORT QUE L’AMOUR DU POUVOIR, LE MONDE CONNAÎTRA LA PAIX — JIMI HENDRIX.
« Qu’est-ce que vous fabriquez ici, Lissa ? » lui demanda Julia en descendant de voiture. Elle devait lever la main pour s’abriter les yeux, tant les lumières étaient fortes.
Lissa tripotait nerveusement le symbole égyptien qu’elle portait autour du cou, au bout d’une chaîne en argent. Son regard alla de Julia à Barbie puis revint à Julia. « Je vais faire un tour en bicyclette à chaque fois que je suis inquiète ou bouleversée par quelque chose. Il m’arrive de rouler jusqu’à minuit. Ça calme mon pneuma. J’ai vu des lumières et je me suis approchée. » Elle avait parlé d’un ton incantatoire, lâchant son bijou assez longtemps pour tracer un symbole compliqué dans l’air. « Et vous, qu’est-ce que vous fabriquez ici ?
— Nous sommes venus assister à une expérience, répondit Barbie. Si elle réussit, vous serez peut-être la première à quitter Chester’s Mill. »
Lissa sourit. Un sourire qui paraissait un peu forcé, mais Barbie ne l’en aima que davantage pour cela. « Dans ce cas, je raterai le spécial du mardi soir au Sweetbriar Rose. C’est du pain de viande, en général, non ?
— C’est ce qui est prévu », confirma Barbie, sans ajouter que si jamais le Dôme était encore en place le mardi suivant, la spécialité de la maison* pourrait bien être la quiche à la courgette.
« Ils ne veulent pas parler, dit Lissa. J’ai essayé. »
Un homme trapu à l’allure pète-sec sortit de derrière le camion-citerne et s’avança dans la lumière. Il était en treillis, avec un blouson, et portait un chapeau avec le logo des Maine Black Bears. La première chose qui frappa Barbie fut de constater que James O. Cox avait pris du poids. La seconde, qu’il portait un blouson épais, dont la fermeture était remontée presque jusqu’à ce qui commençait à ressembler dangereusement à un double menton. Personne d’autre — ni Barbie, ni Julia, ni Lissa — ne portait de veste. C’était inutile de ce côté-ci du Dôme.
Cox salua. Barbie lui rendit son salut, et ça lui fit du bien d’exécuter ce geste.
« Salut, Barbie, dit Cox. Comment va Ken ?
— Ken va bien, répondit Barbie. Et moi, je suis toujours la garce qui ramasse la mise.
— Pas cette fois, colonel. Cette fois, on dirait bien que vous vous êtes fait baiser dans les grandes largeurs. »
14
« Qui est-ce ? » murmura Lissa. Elle manipulait toujours son bijou. Julia se dit qu’elle allait finir par casser la chaîne, si elle continuait. « Et qu’est-ce qu’ils font là ?
— Ils essaient de nous faire sortir, répondit Julia. Et après l’échec plutôt spectaculaire de la fin de la matinée, je trouve qu’ils ont raison de faire ça en douce. » Elle s’avança. « Bonsoir, colonel Cox. Je suis votre rédactrice en chef préférée. »
Le sourire de Cox ne fut — il fallait lui reconnaître ça — que légèrement amer. « Ms Shumway. Vous êtes encore plus jolie que je l’avais imaginé.
— Je dois dire en votre faveur que vous ne vous débrouillez pas si mal avec… »
Barbie l’intercepta à trois mètres de l’endroit où se tenait Cox et la prit par les bras.
« Quoi ? demanda-t-elle.
— L’appareil photo. » Elle avait presque oublié qu’elle l’avait autour du cou jusqu’à ce qu’il lui ait montré. « Il est numérique, non ?
— Bien sûr. C’est l’appareil de rechange de Pete Freeman. » Elle était sur le point de demander ce qu’il avait, lorsqu’elle comprit toute seule. « Vous craignez qu’il soit grillé par le Dôme, hein ?