Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Big Jim, lui, s’intéresse moins à un paquet de lumières dépourvues de sens dans le ciel qu’à la façon dont la population va interpréter le phénomène. Il espère que ce soir, ils se contenteront de rentrer chez eux. Demain, toutefois, les choses risquent d’être différentes. Et la peur qu’il lit sur tant de visages n’est pas forcément une mauvaise chose. Les gens qui ont peur ont besoin d’un chef énergique et s’il y a bien une chose que Big Jim sait pouvoir leur fournir, c’est un leadership énergique.
Il se trouve devant les portes du poste de police avec Peter Randolph et Andy Sanders. En contrebas, se tiennent ses enfants à problèmes : Thibodeau, Searles, la petite Roux et l’ami de Junior, Frank. Big Jim descend les marches sur lesquelles Piper Libby a dégringolé un peu plus tôt (Elle aurait pu nous faire une fleur et se rompre le cou, pense-t-il) et tape sur l’épaule de Frankie. « Le spectacle te plaît, Frankie ? »
Les grands yeux effrayés du jeune homme lui donnent l’air d’avoir douze ans et non vingt-deux ou vingt-trois. « Qu’est-ce que c’est, Mr Rennie ? Vous le savez ?
— Une pluie de météorites. Juste le bon Dieu qui envoie un petit bonjour aux siens. »
Frank DeLesseps se détend un peu.
« Nous allons rentrer », dit Big Jim avec un geste du pouce en direction de Randolph et d’Andy, qui regardent toujours le ciel. « Nous allons discuter un petit moment, ensuite je vous ferai venir, tous les quatre. Je veux que vous me racontiez tous la même bon sang d’histoire de cueilleurs de coton. C’est bien compris ?
— Oui, Mr Rennie. »
Mel Searles regarde Big Jim en ouvrant des yeux grands comme des soucoupes, bouche bée. Big Jim se dit que son QI doit laborieusement stagner autour de soixante-dix. Ce qui n’est pas forcément plus mal, non plus. « On dirait la fin du monde, Mr Rennie.
— Mais non, c’est absurde. Es-tu sauvé, au moins, fiston ?
— Je crois, répond Mel.
— Alors, tu n’as rien à craindre. » Big Jim les parcourt tous les quatre des yeux, s’arrêtant finalement sur Carter Thibodeau. « Et le chemin du salut, ce soir, c’est que vous racontiez tous la même chose. »
Les morts ne voient pas, eux non plus, à moins qu’ils ne regardent d’un lieu plus éclatant que cette plaine obscure où des armées ignorantes s’affrontent de nuit. Myra Evans, Duke Perkins, Chuck Thompson et Claudette Sanders sont rangés dans le sous-sol du salon funéraire Bowie ; le Dr Haskell, Mr Carty et Rory Dinsmore attendent dans la morgue de l’hôpital Catherine-Russell ; Lester Coggins, Dodee Sanders et Angie McCain sont toujours entassés dans l’arrière-cuisine des McCain. Avec Junior. Il s’est glissé entre Dodie et Angie et leur tient la main. Il a mal à la tête, mais pas trop. Il se dit qu’il pourrait passer la nuit ici.
Sur Motton Road, à Eastchester (non loin de l’endroit où se poursuivent, sous l’étrange ciel rose, les tentatives pour ouvrir une brèche à l’acide dans la paroi du Dôme), Jack Evans, le mari de feu Myra, se tient dans son jardin, une bouteille de Jack Daniel’s dans une main, son arme de défense privée préférée (un Ruger SR9) dans l’autre. Il boit et regarde tomber les étoiles. Il sait de quoi il retourne et à chacune il émet un vœu, et ce vœu est de mourir, car sans Myra, sa vie a perdu tout son sens. Il pourrait vivre sans elle, il pourrait aussi vivre comme un rat dans une cage de verre, mais pas les deux à la fois. Quand la chute des météores commence à devenir intermittente — vers les dix heures et quart, soit trois quarts d’heure après le début — il avale la dernière rasade de Jack D., jette la bouteille sur le gazon et se fait sauter la cervelle. Il est le premier suicidé officiel de Chester’s Mills.
Il ne sera pas le dernier.
Tout le monde ne voit pas la pluie d’étoiles roses. Comme les petits Appleton, les deux filles des Everett dorment à poings fermés. Piper aussi. Ainsi qu’Andrea Grinnell. Et le Chef, étalé sur l’herbe desséchée à côté de ce qui est peut-être le plus grand atelier de fabrication de méthamphétamine de tous les États-Unis. Pareil aussi pour Brenda Perkins, qui a pleuré jusqu’à ce que le sommeil l’emporte. Elle est allongée sur le canapé, les feuilles imprimées du dossier VADOR éparpillées autour d’elle.
18
Barbie, Julia et Melissa Jamieson regardèrent en silence les deux hommes en tenue spatiale retirer la fine extrémité du tuyau. Ils le déposèrent dans un sac en plastique opaque à fermeture à glissière, puis mirent le sac fermé dans une caisse métallique sur laquelle était écrit au pochoir MATÉRIEL DANGEREUX. Puis ils fermèrent la caisse avec deux clefs différentes et retirèrent enfin leur casque. Ils paraissaient fatigués, démoralisés, et avoir trop chaud.
Deux hommes plus âgés — trop âgés pour être des soldats — éloignèrent une machine compliquée montée sur roues du lieu de l’expérience à l’acide, laquelle avait été renouvelée trois fois. Barbie supposa que les deux hommes plus âgés, peut-être des scientifiques de la NSA, avaient procédé à une analyse spectrographique. Ou essayé. Ils avaient repoussé haut sur leur front les masques à gaz (portés pendant la tentative) qui leur faisaient maintenant un chapeau bizarre. Barbie aurait pu demander à Cox quel était le but de l’expérience et Cox lui aurait peut-être répondu franchement, mais Barbie aussi était démoralisé.
Au-dessus de leurs têtes, les dernières météorites striaient le ciel.
Lissa montra la direction d’Eastchester. « J’ai cru entendre quelque chose comme un coup de feu, dit-elle.
— Sans doute un pot d’échappement ou un gosse qui a lancé un pétard », dit Julia.
Elle aussi était fatiguée et abattue. À un moment donné, quand il était devenu clair que l’expérience — la tentative de dissolution à l’acide — allait échouer, Barbie l’avait surprise qui s’essuyait les yeux. Ce qui ne l’avait pas empêchée de continuer à prendre des photos, même si c’était avec son Kodak.
Cox s’avança alors vers eux, précédé de deux ombres portées à cause des projecteurs. Il eut un geste en direction de l’endroit où on avait peint une porte sur le Dôme. « Je dirais que cette petite aventure a coûté environ un quart de million de dollars aux contribuables américains, sans compter les dépenses en recherche et développement pour mettre l’acide au point. L’acide qui a bouffé la peinture mais qui pour le reste n’a rien branlé.
— Votre langage, colonel, dit Julia avec un fantôme de son ancien sourire sur les lèvres.
— Merci, madame la rédactrice en chef, répliqua Cox d’un ton amer.
— Avez-vous vraiment cru que cela pourrait marcher ? s’enquit Barbie.
— Non, mais je ne croyais pas non plus vivre assez longtemps pour voir un homme sur Mars, et les Russes prétendent qu’ils vont y envoyer un équipage de quatre personnes en 2020.
— Oh, je comprends tout, intervint Julia. Les Martiens en ont entendu parler et ils sont furieux.
— Si c’est le cas, ils se sont trompés de pays pour leurs représailles », dit Cox sans se démonter.
Barbie crut voir quelque chose dans son regard.
« Degré de certitude, Jim ? demanda-t-il doucement.
— Pardon ?
— Sur le fait que le Dôme a été mis en place par des extraterrestres ? »
Julia s’avança de deux pas. Elle était pâle, mais ses yeux lançaient des éclairs. « Dites-nous ce que vous savez, nom d’un chien ! »
Cox leva la main. « Stop. Nous ne savons rien. Nous avons formulé une vague hypothèse, c’est tout. Approchez-vous, Marty. »
L’un des deux gentlemen plus âgés qui avaient conduit le test s’approcha du Dôme. Il tenait son masque à gaz par la sangle.