Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
— À l’hôpital ? s’étrangla Denton. Elle est en état d’arres…
— La ferme, Freddy, dit Randolph. Personne n’est en état d’arrestation. En tout cas, pas pour le moment. »
Barbie soutint le regard de la révérende. « Mais il faut que je le fasse tout de suite, avant que l’inflammation ne s’étende. Si on doit attendre qu’Everett s’en occupe à l’hôpital, vous aurez besoin d’une anesthésie. » Il s’approcha de son oreille et murmura : « Pendant que vous seriez dans le coaltar, ils iraient raconter leur version des faits sans que vous puissiez raconter la vôtre.
— Qu’est-ce que vous lui avez dit ? demanda sèchement Randolph.
— Que ça allait lui faire mal, répondit Barbie. Pas vrai, révérende ? »
Elle répondit d’un hochement de tête. « Allez-y. C’est Gromley, notre entraîneur, qui l’a fait sur la touche la première fois, et pourtant elle n’était pas douée, je peux vous le dire. Faites vite, c’est tout. Et je vous en prie, ne ratez pas votre coup.
— Julia, dit Barbie, prenez une écharpe dans la trousse de secours et aidez-moi à l’allonger sur le dos. »
Julia, très pâle et l’estomac retourné, fit ce qu’on lui demandait.
Barbie s’assit sur le sol à la gauche de Piper, enleva une de ses chaussures et prit à deux mains l’avant-bras du pasteur, juste au-dessus du poignet. « Je ne connais pas la méthode de l’entraîneur Gromley, dit-il, mais je vais faire comme faisait un toubib que j’ai connu en Irak. Vous allez compter jusqu’à trois et crier quelque chose — wishbone[29], par exemple.
— Wishbone, répéta Piper, amusée en dépit de la souffrance. Eh bien d’accord, c’est vous le médecin. »
Non, pensa Julia — Rusty Everett était à présent tout ce qu’ils avaient en guise de médecin. Elle avait voulu contacter Linda avec son portable mais l’appel avait été tout de suite répercuté sur la messagerie vocale.
Le silence régnait dans la pièce. Même Carter Thibodeau regardait ce qui se passait. Barbie adressa un signe de tête à Piper Libby. Elle aussi était en sueur, mais elle arborait une expression ferme et décidée, et Barbie ressentit un grand respect pour elle. Il glissa son pied en chaussette sous l’aisselle de la femme, le calant soigneusement. Puis, tout en tirant lentement mais régulièrement sur le bras, il contrecarra la pression avec le pied.
« Bon. On y va. Je vous écoute.
— Un… deux… trois… WISHBONE ! »
Barbie tira au moment où Piper criait. Tout le monde entendit le claquement sourd avec lequel l’articulation se remit en place. La bosse qui déformait la blouse de Piper disparut comme par magie. Elle cria, mais ne s’évanouit pas. Barbie passa l’écharpe autour du cou et sous le bras de la révérende, immobilisant celui-ci du mieux qu’il put.
« Ça va mieux ? demanda-t-il.
— Oui, mieux. Mieux, grâce à Dieu. Ça fait toujours mal, mais pas autant.
— J’ai de l’aspirine, dit Julia.
— Donnez-lui votre aspirine et sortez tous, dit Randolph. Tous sauf Carter, Freddy, la révérende et moi. »
Julia le regarda, incrédule. « Vous blaguez, non ? La révérende doit aller à l’hôpital. Vous allez pouvoir marcher, Piper ? »
Piper se releva avec difficulté. « Je crois. Un peu.
— Asseyez-vous, révérende Libby », ordonna Randolph.
Mais Barbie savait qu’elle était déjà partie. Il l’entendait rien qu’à la voix de Randolph.
« Eh bien, faites-moi asseoir de force », répliqua Piper en soulevant avec précaution son bras en écharpe. Le bras trembla, mais obéit. « Je ne doute pas que vous pourriez me le déboîter une deuxième fois, et très facilement. Allez-y. Montrez donc à ces… à ces garçons… que vous êtes exactement comme eux.
— Et je publierai un papier dans le journal ! intervint Julia d’un ton mordant. Je vais doubler mon tirage !
— Je vous suggère d’ajourner cette affaire à demain, chef, dit alors Barbie. Permettez à cette dame de prendre des analgésiques plus puissants que de l’aspirine, et qu’Everett puisse traiter les plaies de ses genoux. Avec le Dôme, il n’y a guère de risque qu’elle s’échappe.
— Son chien a essayé de me tuer », protesta Carter.
En dépit de la douleur, il paraissait avoir retrouvé son calme.
« Chef Randolph, DeLesseps, Searles et Thibodeau sont coupables de viol. » Piper oscillait sur elle-même mais parlait d’une voix ferme et claire. Julia lui passa un bras autour des épaules. « Roux en a été le témoin passif.
— C’est pas vrai ! s’étrangla Georgia.
— Ils doivent être immédiatement suspendus, intervint Barbie.
— Elle ment », dit Thibodeau.
Randolph avait l’air d’assister à un match de tennis. Il finit par s’arrêter sur Barbie. « Vous me dites ce que je dois faire, jeune homme ?
— Non monsieur. Ce n’est qu’une suggestion fondée sur mon expérience dans les forces de l’ordre en Irak. C’est vous qui prenez les décisions. »
Randolph se détendit. « D’accord, alors. D’accord. » Il baissa les yeux, sourcils froncés. Tous le virent remarquer que sa braguette était toujours ouverte et régler ce petit problème. Puis il releva la tête. « Julia ? Conduisez la révérende Libby à l’hôpital. Quant à vous, Mr Barbara, peu m’importe où vous allez, pourvu que vous sortiez d’ici. Je vais prendre les déclarations de mes officiers ce soir et la déposition de la révérende Libby demain.
— Attendez », dit Thibodeau. Il tendit ses doigts de travers vers Barbie. « Vous pouvez pas faire quelque chose ?
— Je ne sais pas trop », répondit Barbie, s’efforçant de prendre un ton aimable.
L’aspect le plus moche de l’histoire était derrière eux ; restaient les conséquences politiques, chose dont il avait parfaitement conscience pour avoir eu affaire à des flics irakiens qui n’étaient pas tellement différents de l’homme assis sur le canapé et de ses comparses. Cela revenait à se montrer charmant avec des gens sur qui on aurait volontiers craché.
« Pouvez-vous dire wishbone ? »
10
Rusty avait coupé son téléphone portable avant de frapper à la porte de Big Jim. Big Jim était assis dans son vaste fauteuil, Rusty sur la chaise devant le bureau — la chaise des suppliants et des postulants.
La pièce (qui devait jouir du statut de « bureau à domicile » dans les déclarations de revenus de Rennie) avait une agréable odeur de résine, comme si on l’avait récemment bien récurée, mais elle ne plut pas à Rusty. Non pas à cause du Jésus de type agressivement caucasien délivrant le Sermon sur la Montagne, ni des plaques commémoratives (autant de brevets d’autosatisfaction) sur les murs, ni du plancher auquel il manquait la protection d’un tapis ; c’était tout cela plus quelque chose d’autre. Rusty Everett n’avait aucun goût pour le surnaturel, auquel il ne prêtait pas foi, mais cette pièce lui faisait l’effet d’être presque hantée.
C’est parce que ce type te fait un peu peur, pensa-t-il. C’est tout.
Espérant que son expression ou sa voix ne trahiraient pas ce qu’il éprouvait, Rusty parla à Rennie de la disparition des bonbonnes de propane de l’hôpital. Et raconta comment il en avait retrouvé une dans le hangar derrière l’hôtel de ville, bonbonne qui alimentait en ce moment même le groupe électrogène dudit hôtel de ville. Ajoutant qu’il n’en avait vu qu’une.
« J’ai donc deux questions, continua Rusty. Comment se fait-il qu’une bonbonne appartenant à l’hôpital aille se balader dans le centre ? Et où se trouvent les autres ? »
29
Bréchet. Celui du poulet qui est utilisé pour faire un vœu.