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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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je vais à présent poser les principes de morale, que je vous avais annoncés en commençant, et dont l’abondance de choses pressées à vous dire m’a écarté.

Ce qui regarde l’Être suprême ne doit pas vous arrêter. Tout est égal à ses yeux: non qu’il soit indolent, comme le dieu d’Épicure, mais parce que les lois qui règlent nos actions, surtout celles que vous ferez, sont toutes humaines: elles sont des conventions humaines, faites pour certaines raisons, valables pour certains esprits baroques, et dignes du mépris des gens sensés. Ainsi votre situation de fille entretenue est condamnée par certaines lois de décence; tandis qu’au fond, c’est un véritable mariage à volonté; vous êtes la seconde femme du marquis; vous recevez de lui, parce qu’il le doit, vous ayant rendue mère, et que dans le vrai l’homme doit nourrir la femme, la protéger, etc. Ce qui regarde vos parents est autre chose. Vous leur devez du contentement, de la satisfaction; c’est une dette. Vous leur en donnerez facilement: il faut qu’ils ne voient que vos richesses, et les services rendus, tant à Edmond, qu’au reste de votre famille. J’y veillerai.

Loin que les plaisirs dans lesquels vous allez vivre, soient contraires à quelques lois générales de la nature, c’est tout le contraire: plus un être est heureux, plus il remplit le but de sa formation; car Dieu l’a fait principalement pour le bonheur: le bien-être épanouit l’âme, la pénètre, et la rend plus reconnaissante envers Être suprême. Le mal-être, la peine, la portent au contraire au murmure, à la haine de son principe. Jouissez donc.

La débauche est un crime contre la nature; et quoique les femelles des animaux paraissent donner dans une sorte de débauche, lorsqu’elles sont en chaleur, cela ne convient point à la créature humaine qui est douée de raison. C’est pour avoir suivi la conduite des bêtes que les nègres, qui en approchent beaucoup, et quelques autres nations sauvages des pays chauds, ont donné lieu à la plus cruelle des maladies, à la plus incommode au moins, à la plus honteuse; ces hommes brutes, en se livrant sans réserve à leurs appétits, ont corrompu en eux les sources de la vie. Les hommes des pays tempérés n’auraient jamais contracté cette infirmité d’eux-mêmes: parce que jamais ils ne se fussent livrés à l’excès qui est capable de la produire. Mais ce qui est bien singulier, pour cette maladie, et pour toutes les autres qui sont contagieuses, comme la petite sœur de celle dont je parle, la peste, la rage, les fièvres, la g…, c’est qu’elles n’existent pas en nous; ce. sont des êtres moraux, Pour ainsi dire, qui une fois engendrés, s’étendent, se propagent, se conservent, comme des germes d’animaux, des années entières sans altération! Cela est presque inconcevable; à moins de considérer ces miasmes, ces germes, comme des animalcules imperceptibles, dont les semences ont la faculté de se conserver longtemps, et qui ne se développent que dans le corps humain, ou du moins dans les corps animés. Le venin des reptiles doit être regardé comme un peu différent, car il ne se conserve pas, etc. Mais je reviens à ce que je disais: il faut éviter l’excès des plaisirs, surtout de ceux de l’amour, et fut-on du tempérament de Cléopâtre, le contraindre, et le borner. Les autres plaisirs ne sont pas moins dangereux; le vin, les liqueurs, la bonne chère, tout cela détruit les charmes; et la belle de Berri en fit une triste expérience! elle était née la plus délicate des nymphes; elle mourut la plus grosse des tripières. Le jeu ne doit rien prendre sur votre sommeil; jouez, pour vous amuser, un petit jeu; il vaut mieux que le plaisir soit moins vif – car s’il l’est trop, il vous absorbera, il vous abrutira comme l’ivresse, il vous maîtrisera, et vous rendra une femme aussi rebutante qu’une plaideuse. Quant aux arts, effleurez-les: la peinture, où vous excellez, peut être conservée; occupez-vous à faire de petits présents, pour les hommes que vous voudrez subjuguer: si c’est leur portrait, flattez-le, trouvez des grâces aux magots mêmes; si c’est le vôtre, un beau nu; vous serez encore longtemps assez belle pour cela, surtout en ne vous peignant qu’à la Staal, ainsi que le demande la miniature, c’est-à-dire, en buste. C’était une galante femme que celle-là, et qu’il est bon que vous imitiez. La musique et le chant doivent aussi vous prendre quelques moments: il vous faut une harpe, et même un clavecin; apprenez à l’écart, et ne vous montrez au jour qu’aussi parfaite que vous voulez le paraître. Soyez douce, affable à vos domestiques, sans familiarité; cela est plus important aujourd’hui que si vous étiez marquise, parce que vous serez plus exposée à leur critique; ne leur parlez que pour vous louer d’eux; et s’ils manquent, qu’un autre les reprenne; le marquis par exemple; que tout le bien qu’ils recevront passe par vos mains: ce sont des hommes, ce sont des femmes, cela parle, et cela est écouté, même des honnêtes gens. Devant eux, ayez de la religion: Gabrielle d’Estrées se faisait respecter par là. Vous devez absolument éviter les expressions libres, les jurements, etc.; davantage encore les attitudes, les libertés, même avec le marquis: plus vous serez décente, plus vous donnerez de ressort au désir. À votre place, en étant maîtresse d’un homme, je me conduirais de façon, qu’en me voyant, en se rappelant ma conduite, il doutât si je ne suis pas l’épouse la plus décente, la plus chaste, la plus réservée.

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