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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Dès le lendemain de votre lettre, il trouva chez moi un jeune capitaine de dragons, que j’ai connu page, un financier, un ambassadeur et un abbé. Je m’attachai à montrer des préférences au capitaine, à faire des signes d’intelligence au financier; à marquer une haute considération à l’ambassadeur et à parler souvent à l’oreille de l’abbé; au pauvre marquis, pas un mot; il fut traité en mari, autant qu’il est d’usage. Il s’est prêté de bonne grâce le premier jour; mais les choses ayant continué sur le même pied les jours suivants, et ma compagnie étant augmentée d’un colonel, d’un jeune robin et d’un seigneur de la cour, le marquis a réellement pris de l’humeur. Il s’est plaint, quoique avec discrétion. Je l’ai mal reçu. Il m’a traitée en femme intéressée, il m’a fait des présents; mais avec tant de profusion, que j’en suis honteuse; je me crois obligée à restitution. Je me ferais conscience de dissiper une fortune, dont la moitié vous appartient, madame. Oserai-je vous faire une proposition, et ne vous paraîtrai-je pas indiscrète, en vous priant d’accepter la plus forte portion de mes pirateries.?

J’ai l’honneur d’être, etc.

P.-S. – J’attends vos ordres pour vous faire parvenir ce qui doit retourner à sa légitime propriétaire.

Lettre 103. Réponse.

[La marquise accepte la honteuse et ridicule proposition de partager les dépouilles de son mari.].

le lendemain.

Pour un pirate, ma belle fille, c’est avoir une probité que j’admire. J’accepte: envoyez-moi, quand il vous plaira, ma part des dépouilles; et puisse notre accord, jusqu’à ce moment inouï, épouvantera les maris infidèles et dissipateurs!

Adieu.

(sans signature.).

M. de Crébillon fils ne pouvait croire que ces Réponses de la marquise fussent réelles. Je lui montrai les originaux, de la main d’une femme de qualité. Le vrai, me répondit-il, n’est souvent pas vraisemblable.

Lettre 104. Ursule, à la Marquise.

[Elle effectue ses promesses.].

le lendemain de la précédente.

Madame,

J’agis en conscience, et vous avez la meilleure part. Que dites-vous de la galanterie de M. le marquis? Pour moi, je ne crois pas qu’il puisse y en avoir d’aussi bien entendue. Tout est parfait: les dentelles, les étoffes, les diamants, les bijoux; c’est d’un choix exquis! je serais tentée de croire qu’il connaissait là destination de toutes ces belles choses car en vérité, madame, d’après ce que dit mon frère de votre ravissante beauté, il n’y a que vous au monde qui soyez digne d’une parure aussi brillante qu’elle est riche. Je n’ai qu’un regret: c’est de ne pas avoir le bonheur de vous voir sous cette parure, que vous embellirez. Mais je n’ose ni le demander, ni l’espérer.

Je suis, etc.

Lettre 105. Réponse.

[La marquise lui donne un rendez-vous.].

le lendemain.

De tout mon cœur, je vous verrai, charmante fille. Nous irons au bois de Boulogne, sans domestiques, qu’une de mes femmes, et votre laquais; nous prendrons une remise et nous ferons partie carrée, vous, mon mari, votre frère et moi. Tenez-vous prête pour demain. J’amènerai M. le marquis, et vous amènerez votre frère. Surtout le secret! nous les surprendrons. Je serai parée; vous aussi: mais sous un costume un peu coquet outré; nous nous donnerons l’air d’être les maîtresses de ces messieurs, qui seront mis sans éclat, mais dont les dentelles et les bijoux indiqueront des gens distingués. Cette partie me promet la plus agréable journée de ma vie.

Adieu, ma belle fille; au plaisir de vous voir.

P.-S. – je change d’avis; j’amènerai votre frère, et vous, le marquis. Ma voiture me conduira chez lui: j’y descendrai, je la renverrai, et il nous aura une remise; cela sera plus piquant à la rencontre au bois de Boulogne: ma voiture, outre les autres inconvénients, aurait celui d’ôter toute la surprise à M- le marquis; puisqu’il fait, si bien les choses, n’est-il pas juste qu’il. ait un peu sa part du plaisir?

Lettre 106. Ursule, à Gaudet.

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