Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
1 ... 110 111 112 113 114 115 116 117 118 ... 219
Перейти на страницу:

Quant à votre morale et à votre philosophie, suivez celles de la nature, ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fit; faites du bien, pour qu’on vous en fasse; ne faites jamais à personne un mal inutile, c’est-à-dire, qui n’ait pas pour vous un avantage assez grand pour que vous puissiez un jour réparer le mal que vous auriez fait, s’il était nécessaire. Ne ruinez pas votre amant: parce qu’il faut être au-dessous des bêtes féroces, pour réduire à la misère et au désespoir un galant homme qui a de la faiblesse pour nous. Enrichissez-vous cependant: mais par une sage économie; en bannissant toutes les fantaisies ruineuses, toutes les dépenses sans but. Aimez l’argent, c’est une vertu dans une fille de votre classe, pourvu qu’elle ne la pousse pas jusqu’à l’avarice sordide: c’est que ce vice ôterait quelque chose aux grâces, il donnerait à la beauté un air mesquin; la prodigalité lui en donne un autre, qui ne me revient pas davantage; c’est un air délabré, avide, corsaire; tout cela gâte les traits d’un joli visage, parce que jamais ceux de l’avare ni ceux de la prodigue ne portent l’empreinte du contentement, de la tranquillité, de la paix de l’âme, le plus précieux des biens. Évitez le jeu; c’est un vice, et l’un des plus odieux. Fuyez le libertinage; et si vous aviez du tempérament, comportez-vous avec prudence, et comme je vous le dirai, lors de mon séjour à Paris.

Le train de vie que vous prenez n’est peut-être pas sans une sorte de scandale; mais qu’importe, si l’on s’y fait un nom qui distingue, et que la réputation qu’on acquiert soit honorable à certains égards: on se met alors au niveau de tous les hommes illustres qui ne sont pas loués entièrement et dans toutes leurs actions. Le plus grand mal, quoi qu’en disent les moralistes, c’est l’obscurité, la bassesse; c’est la vie de ces plantes mouvantes, qui végètent autour de vous, qui vivent et qui meurent sans que personne se soit aperçu de leur existence. C’est ce malheur que je veux faire éviter à Edmond, et par occasion à vous-même; car c’est lui que j’avais seul en vue autrefois, ne vous connaissant pas encore; c’est ce malheur que je redoute pour moi-même bien plus que la mort; jusque-là, que je préfère le sort d’Érostrate, de Cartouche, ou de Mandrin, à celui de quelque honnête homme obscur, mort avant d’avoir cessé de vivre, et parfaitement nul aujourd’hui. Cette assertion paraît forte! mais je me suis donné le plaisir, à Saint-Bris, de faire lire la vie de Cartouche à de petits paysans, encore dans l’innocence, et je n’en ai pas vu un seul qui ne s’intéressât à lui, qui ne sautât de joie, lorsqu’il échappait à quelque danger. Qu’en aurait obtenu de plus Turenne ou de Saxe? Mais il faut ici considérer, ma chère fille, que ce n’est pas le crime ou le vice qui intéresse; c’est une certaine hardiesse, une certaine grandeur: un scélérat bas, un vil empoisonneur, n’excite que le frissonnement et l’indignation. Il faut donc, dans un état scabreux, et, qui nous expose au grand jour, montrer un côté brillant; il faut compenser les petits défauts par de belles qualités; ce que le monde nomme machinalement inconduite, par des vertus, l’humanité, par exemple, la bienfaisance. J’ai fait une observation: c’est que les comédiennes, presque toutes des libertines, et les plus viles des créatures, par leur vilaine âme (Mlle Lecouvreur exceptée), trouvent néanmoins la gloire dans le chemin du libertinage. Pourquoi? C’est que ce dernier n’est qu’un accessoire; les qualités brillantes des grandes actrices l’effacent, et le font regarder comme un badinage, un délassement de ces femmes à talents sublimes: que ce soit une doublante qui donne dans les mêmes travers, elle n est pas également excusée, à moins que sa beauté ne lui tienne lieu de mérite; car ce don naturel dans les femmes compense tout, au lieu que ce n’est qu’une misère dans les hommes, qui souvent même les a rendus ridicules; et la mode en cela, est conforme au bon sens. J’ai connu d’autres actrices qui n’ayant ni grand mérite, ni grande beauté, ont eu recours au moyen le plus efficace, pour se faire honorer dans leur état; elles ont été charitables. Il ne faut qu’une bagatelle pour cela; telle de ces filles qui reçoit de son amant en titre quarante mille francs par an, se fait la plus brillante réputation, avec moins de mille écus, distribués durant un rude hiver; elle est prônée, louée par nos poètes, et bénie par tous les bonnes gens; la dévote, qui en enrage, cite aux cœurs durs, à son sujet, ce passage adressé aux Pharisiens Les prostituées mêmes seront mieux traitées que vous.

Mais, ma chère fille, la gloire qui vous attend est bien au-dessus de tout cela. Votre figure est parfaite, vous avez des sentiments nobles, élevés, le marquis est puissamment riche, et il vous met à la tête d’une maison, dont vous êtes réellement la maîtresse, où vous recevrez du monde, où vous jouerez le rôle de Ninon: car voilà votre modèle, ou la charmante Marion de Lorme, que le chevalier de Grammont élève si haut, tout en parlant de ses galanteries. Placez-vous, s’il se peut, au-dessus de ces deux femmes qui font honneur à leur siècle: devenez comme elles, fameuse, courue, fêtée; mais ne vous contentez pas d’établir votre réputation sur les charmes de votre commerce, sur votre beauté, sur votre façon de penser libre, hardie: joignez-y la bienfaisance. Il faut cela dans ce siècle! le moins aumônier de tous, et où tout le monde est si pauvre, au sein des richesses, à cause du luxe, qu’on y prêche la bienfaisance, plutôt pour en être l’objet, que par goût pour elle. Tel est l’effet de nos besoins factices trop multipliés!… D’après cela, soyez généreuse; ayez quelques familles pauvres, auxquelles vous ferez du bien, et qui en diront de vous; choisissez-les bien, ou plutôt, je vous les choisirai – ce seront des gens un peu relevés au-dessus du commun, obérés par des malheurs, des faillites, et obligés à garder dans le monde un certain décore. Ces gens-là, qui verront la bonne bourgeoisie, ne diront pas qu’ils sont vos obligés, mais ils exalteront votre bienfaisance, ils en parleront la larme à l’œil, et feront aller votre réputation partout. Pour leur donner des sujets à citer, vous aurez aussi deux ou trois pauvres manœuvres, bien chargés d’enfants, à qui vous donnerez le nécessaire, que vous leur porterez de temps en temps vous-même, mise avec modestie, et presque en grisette, mais ayant de belles dentelles, des odeurs et tout ce qui peut annoncer une grande dame qui se cache. Voilà les traits que citeront vos obligés d’un ordre au-dessus du commun. Il ne sera pas mal que je vous déterre aussi quelque croix de Saint Louis, réellement brave homme, et dans le plus grand besoin: j’aurai soin que ce soit un homme modeste, plein de mérite, que sa timidité, sa fierté ou son manque d’intrigue auront seuls empêché de faire son chemin. Vous ferez à cet homme une pension de mille écus, et vous lui donnerez votre table. Vous l’y traiterez avec respect, et vous tâcherez qu’il y tienne le haut bout, en l’absence du marquis. Vous le reconduirez toutes les fois qu’il sortira, en un mot, vous lui marquerez la plus haute considération. Plus vous l’honorerez, plus vous vous honorerez vous-même. Quand on vous demandera qui il est? Vous répondrez en citant ses belles actions, et vous laisserez entrevoir que votre respect pour lui, ne vous permet pas de lui offrir autre chose que votre table: mais que c’est bien malgré vous! ces propos lui reviendront; et soyez sûre que cet homme, tel qu’il soit, portera votre réputation jusqu’à la cour, et vous y fera voir en beau.

1 ... 110 111 112 113 114 115 116 117 118 ... 219
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)