Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Классическая проза » La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
1 ... 108 109 110 111 112 113 114 115 116 ... 219
Перейти на страницу:

Adieu, mon cher Pastourel.

ton ami LAGOUACHE.

Je te diré qu’elle me croi amoureu amoureu moi je meprise tro, les fame pour sa elle est joli mais je nanvizajeret sa ci elle etet ma fame que du cote de linteret tu mantans.

Comme j’achevais de lire cette lettre importante pour moi, Marie m’a fait le signal que Lagouache paraissait. J’ai refermé bien vite, sans avoir le temps de reprendre ce qu’il m’avait volé: mais je me suis promis de profiter de la première occasion; et pour qu’il ne se doutât de rien, j’ai laissé la lettre. Il est rentré. Mon parti était pris, et depuis ce moment, jusqu’à la fin, le relation de Laure est exacte. J’y ajoute que la journée même de mon départ, j’avais repris tous mes bijoux, et jusqu’aux dix louis envoyés pour meubler la chambre; apparemment qu’il avait cette somme à lui, en venant avec moi. Laure vous a marqué quel avait été son étonnement à son retour. Il n’a profité de rien, pas même de ce que je voulais lui laisser Laure est impitoyable pour les mauvais sujets. Je vais à présent parler de ma réconciliation avec mon frère. J’étais chez Laure depuis le 25 au soir, et il y avait déjà cinq jours d’écoulés que j’avais quitté Lagouache. Je priai Laure de sonder Edmond par lettre. Elle préféra d’y aller, et de pénétrer ses dispositions. Elle les trouva assez favorables pour me dire qu’il fallait me montrer. Elle l’envoya chercher par Marie, que je veux garder avec moi, quoiqu’elle ne sache pas coiffer; je prendrai une femme de chambre. Edmond en voyant cette fille a paru transporté de joie, «Des nouvelles de ma sœur! – Oui, monsieur; Mme Laure vient d’en recevoir; elle vous attend.» Il a tout quitté. Marie, qu’on avait envoyée en voiture, a tâché de le devancer, pour nous prévenir. Laure l’a attendu; moi, j’ai passé dans une autre pièce.

«Eh bien, chère cousine, a dit Edmond, en entrant, URSULE met-elle fin à mon tourment! – Oui, mon ami. cette pauvre fille ne songe qu’à toi, et ta peine l’occupe bien plus à présent, que l’envie de faire son mariage. – Serait-il possible? Où est-elle? m’est-il permis de la voir? – je ne sais. – Ah Dieu! Vous me flattez, Laure!» À ce mot, je n’ai pu me retenir, je suis venue par-derrière sur la pointe du pied, et je l’ai embrassé. Il m’a reconnue à ma main. «C’est ma sœur!» et il a porté cette main à sa bouche. J’ai été touchée au-delà de toute expression; je me suis jetée dans ses bras, fondante en larmes: «Jamais, jamais, me suis-je écriée, je ne donnerai le moindre chagrin à un si bon frère! qu’il parle; ses volontés seront des lois pour moi.» Edmond m’a serrée contre son cœur, sans pouvoir me répondre en ce premier moment; et lorsqu’il allait parler, le marquis est entré. Ça été une autre scène: mais comme elle m’intéresse moins, je ne la décrirai pas.

Depuis ce moment, je les ai vus tous deux à chaque instant, ou ensemble, ou au moins l’un d’entre eux. J’ai cru devoir prêter l’oreille aux propositions du marquis appuyé par mon frère… Ce n’est pas que je ne voie fort bien que l’honnêteté d’Edmond est la dupe du projet du marquis; mais je dois tant à ce cher frère, je vous dois tant à vous-même, que je me crois obligée de vous sacrifier une vaine délicatesse: les restes d’un Lagouache valent-ils la peine que je vous mécontente?

Il faut à présent vous dire un mot de la manière dont ce malheureux a cédé au marquis ce qui ne lui appartenait plus. De concert avec Laure, j’ai soigneusement caché les torts de ce vaurien afin de me donner un certain prix. Edmond m’en croyait encore amoureuse: cependant à la manière prompte avec laquelle j’ai consenti à l’épreuve proposée par le marquis, un Gaudet m’aurait devinée; mais mon frère est encore bonasse. Le marquis l’a fait venir chez Laure: nous nous sommes cachés, Edmond et moi. M. de*** lui a fait la proposition de m’épouser, pour me céder ensuite. Lagouache a consenti, sans la moindre difficulté, d’une manière si vile, si basse, que l’eussé-je encore adoré, je l’aurais pris en horreur. J’étais humiliée du peu de valeur qu’il me donnait. Ah Dieu! que j’ai méprisé toute cette espèce mercenaire! Les grands ont leurs défauts, mais que ces défauts sont aimables, en comparaison de ceux des gens sans éducation! J’ai fait à cette occasion la comparaison du marquis voulant m’enlever, employant la violence… Il était encore poli dans ses plus grands écarts; rien de mortifiant pour moi; ce n’étaient que des hommages; ses outrages marquaient l’excès de sa passion: du reste, que n’eût-il pas fait pour moi! quel bonheur à ses yeux, si j’avais daigné exprimer un désir! Que c’est avec justice qu’on méprise le peuple, et que vous avez raison quand vous dites qu’on pourrait justifier tous les préjugés, même ceux qui paraissent les plus odieux et les plus cruels!… Cédée, humiliée, je pleurais de rage, et j’ai laissé croire que c’était d’amour. Le marquis a envoyé Lagouache l’attendre à son hôtel, pour conclure, et il est venu essuyer mes larmes, auxquelles il supposait une source plus douce. Je ne l’ai pas détrompé: eh! le pouvais-je? mais je l’ai assuré que c’étaient les dernières. On dit que le vil Lagouache a été fort maltraité chez le marquis. Je sens que la pitié me parle encore pour lui; car j’en suis fâchée.

1 ... 108 109 110 111 112 113 114 115 116 ... 219
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)