La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
- Автор: Bretonne Nicolas-Edme Retif de la
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:
Le projet d’Ursule de revenir à son frère, comme par inquiétude, et par amitié pour lui, me paraît bon! Ce que tu me marques sur la façon de lui écrire, est excellent, et je m’y conforme. La relation d’Ursule est singulière, et absolument différente de ce que j’aurais imaginé! c’est une pièce curieuse, et qui pourra nous servir, en retranchant l’aveu qu’elle t’y fait. Permets cependant que je révoque en doute sa sincérité: si j’avais ici Marie, il se pourrait qu’elle me dit que la nouvelle Lucrèce n’a pas été traitée différemment de l’ancienne. C’est ce qu’il est important d’approfondir, et tu peux y travailler en m’attendant, car je partirai sous peu de jours. D’après tes découvertes affirmatives de mes soupçons, tu pourras parler librement du marquis, et conseiller adroitement d’accepter ses offres. Si au contraire la conduite a été conforme à la relation, il faudra m’attendre.
J’ai vu la belle Parangon, après l’escapade d’Ursule: son étonnement, à cette nouvelle, m’a infiniment amusé. Il aurait fallu la voir chercher à lire dans mes yeux, si je disais la vérité. Je lui ai laissé la petite satisfaction de douter; j’ai feint d’être interdit, de n’être pas bien sûr; et quand je l’ai vue demi-rassurée, je suis sorti, comme pour aller chercher la lettre. Je n’avais pas dit que c’était d’Edmond. Je l’ai présentée ouverte. Elle a rougi, en voyant l’écriture. «C’est de mon cousin! – De lui-même. – Et fait-il?… – Lisez, belle dame.» Elle a lu. Dès le premier mot elle a rougi; elle a chancelé, après avoir lu quelques lignes, lorsqu’il a été question du marquis sans doute. Elle s’est assise tremblante. La suite la remettait un peu, quand un mot de la marquise de***, qu’Edmond a placé à la fin de sa lettre, lui a rendu toute sa couleur. Elle s’est levée, et me l’a rendue assez majestueusement, en me disant Vous, devez triompher! – Moi! madame! des malheurs de mon ami! – Ils sont l’effet de vos conseils. – À moi, qui suis ici! – Ah Dieu! s’est-elle écriée, est-il possible! et le frère et la sœur!… J’irai à Paris, monsieur; j’irai au secours de mon amie, et je l’arracherai à sa perte.» Elle s’est retirée dans son cabinet, en achevant ces mots, et m’a laissé. Je n’aime pas à faire autant de peine que je lui en ai causé; je ne voulais qu’humilier sa pruderie, et lui montrer que le néant de la vertu ressemble assez au néant des grandeurs; mais je l’ai profondément blessée: on m’apprend ce matin qu’elle a la fièvre; et qu’elle garde le lit. C’est une femme que j’estime et que je plains! Elle a tout pour être heureuse, et c’est peut-être la plus infortunée des femmes par sa vertu. Adieu, ma Laure; tu vois bien que la route que tu suis est la meilleure?
Lettre 97. Ursule, à Gaudet.
[La pauvre infortunée avoue sa turpitude, et découvre celle de son Lagouache, qui est horrible.].
15 janvier 1753.
Mon frère vous a tranquillisé à mon sujet, l’ami; je sais qu’il vous a écrit le 31 du mois dernier. L’amitié, la reconnaissance et mon goût me mettent la plume à la main pour vous rendre compte de tout ce qui s’est passé depuis notre réunion. Vous serez content de moi j’espère: car je connais vos dispositions à mon sujet; Laure m’a parlé clairement, et je vais faire de même.
Vous savez que j’avais quitté la maison de Mme Canon, et que j’étais allée demeurer dans la rue du Haut-Moulin, avec Lagouache. J’aimais réellement ce jeune homme, et sa bassesse m’était absolument inconnue. Le premier soir, nous étions fort bons amis, et je vais vous avouer ce que je cache à Laure elle-même; ainsi le secret! je vous connais, et j’y compte; je vous avouerai donc que nous n’avons eu qu’un lit: c’était mon but, et je voulais forcer par là mon frère à faire mon mariage. Le lendemain, est arrivée la scène que je place au premier soir, dans mon récit à Laure, mais avec des circonstances encore plus humiliantes pour moi; car il me reprocha ma…; vous devinez ce mot, et me traita comme une malheureuse. Vous savez que j’ai du cœur; je fus piquée au vif, et je me conduisis comme je le marque à Laure. Le lendemain, il vint pour me demander pardon. J’étais tentée de l’accorder: mais un reste de décore à garder m’en empêcha pour l’heure. Cependant je m’adoucis beaucoup. Il sortit, et rentra dans sa chambre. Une heure après, Marie vint me dire qu’il était sorti. J’avais des doubles clefs à son insu: c’était une précaution que j’avais prise en faisant préparer l’appartement; j’entrai dans sa chambre, en faisant tenir Marie à une croisée de la mienne pour m’avertir, s’il revenait. J’ouvris son secrétaire avec ma double clef, et j’y trouvai un brouillon de lettre, conçu en ces termes.
Lettre de Lagouache, à Pastourel.
Je suis ici avec ma drôlesse come je ne conte pas de pouvoir lépouzer a coze de son frair e dune Dle Lore file entretenu e peu taite pis je la trete come une vile prize dassot e je ne la ménage pas je lé traitez hiair au soir comme une G-use pour que la reconsiliation me vaille ancor queque chose. Je la done pour ma Fame dans le voizinage et lé fai accroir a un voizin e une voisine for honêtejans pour quil ne foure pas leurs né dans mais affeir sil entendent du brui car cil fot la rocer je la roceré je lé traitez an marié la premiair nuit mes sa ete la plus belle ge né pas envie a presant de me genez tien mai une chanbe prete acote de toi je tanvoi di loui pour la meubler en chanbe de pentre cait la que nous riboteron aveque larjant de la donzelle ge la ferez chantez sur le bon ton e ge la travallerez de maniair que ci on man done le tantje la razerai au plus prais possibe come je ne pourai pas lepouzer et que je ses quelle te plet je te la cederé une de ses nuits san quelle le sache il fot bien fere queque choze poure ces amis elle le sora par aprais si. tu vœu quan cela cera pacez quaisse que sa me fera a moi voila une bonne obeine e cela oret été bien melleur cil i avet pu avoir un mariage car je noret pas fet le difficile o sujet d’un cairten marqui vu quil lui a degea fet un anfan tu voi que sa net pas a menager je tiré voir le pluto que je pouré car je ne vœu pas tro mabcenté que je naye fait mon cou de peur de manquez une bone ocasion je pille tou ce que je peus attrapé arjan bigeou mon cecretaire dont gé la clé ait degea bien garni.