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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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Le feu mourut lentement, se réduisant alors à une pluie d’étincelles et de cendres ; une fumée âcre s’enroulait au-dessus des souches brûlées et s’éloignait de la colline en une traînée noire, tandis que les premières lueurs de l’aube paraissaient dans le ciel. Leurs ennemis en déroute ne revinrent pas.

« Qu’est-ce que je vous disais, monsieur Pippin ? fit Sam, rangeant son épée. Les loups l’auront pas. Mais pour une surprise, c’en était une ! C’est venu près de me roussir les cheveux sur la tête ! »

Quand arriva la pleine lumière, aucun signe des loups ne se voyait ; et ils cherchèrent en vain les corps des vaincus. Il n’y avait plus aucune trace de lutte, hormis les arbres carbonisés et les flèches de Legolas jonchant le sommet de la colline. Elles étaient toutes intactes, sauf une dont il ne restait que la pointe.

« C’est bien ce que je craignais, dit Gandalf. Il ne s’agissait pas de loups ordinaires, chassant dans la nature pour se nourrir. Mangeons donc en vitesse et partons ! »

Ce jour-là, le temps changea de nouveau, comme s’il était sous l’influence de quelque pouvoir qui n’avait plus que faire de la neige, puisqu’ils avaient quitté le col ; un pouvoir qui désirait maintenant une claire lumière pour observer de loin les voyageurs des terres sauvages. Le vent, qui au cours de la nuit était passé du nord au nord-ouest, tomba. Les nuages disparurent au sud et le ciel se découvrit, tel un haut plafond bleu. Debout au flanc de la colline, prêts au départ, ils virent poindre de pâles rayons au-dessus des cimes neigeuses.

« Il faudra atteindre les portes avant le coucher du soleil, dit Gandalf, autrement je crains que nous ne les atteignions jamais. Ce n’est pas bien loin, mais notre chemin pourrait serpenter, car Aragorn ne peut nous guider ici : il a rarement parcouru ces terres, et je ne me suis tenu qu’une seule fois sous le mur ouest de la Moria, et c’était il y a longtemps.

« C’est là qu’il se trouve », dit-il, désignant un lieu, loin au sud-est, où les flancs des montagnes dévalaient à pic dans les ombres à leurs pieds. Des falaises dénudées formaient à l’horizon une ligne indécise au milieu de laquelle se distinguait, plus haut que le reste, un grand mur gris. « Quand nous avons quitté le col, je vous ai conduits vers le sud, et non vers notre point de départ, comme certains d’entre vous l’ont sans doute remarqué. J’ai bien fait, car notre trajet s’en trouve raccourci de plusieurs milles, et il nous faut faire vite. Mettons-nous en route ! »

« Je ne sais trop quoi espérer, dit sinistrement Boromir : qu’en arrivant à la falaise, Gandalf trouve ce qu’il cherche, ou que les portes s’avèrent perdues à jamais. Tous les choix semblent mauvais, mais le plus probable est que nous soyons pris entre les loups et le mur. Après vous ! »

Gimli marchait désormais en avant, aux côtés du magicien, tant il avait hâte d’arriver à la Moria. Ensemble, ils ramenèrent la Compagnie vers les montagnes. De l’ouest, la seule route conduisant à la Moria se trouvait autrefois le long d’un ruisseau, le Sirannon, qui jaillissait au pied des falaises non loin de l’emplacement des portes. Mais à présent, soit le magicien s’était égaré, soit le pays avait changé dans les dernières années ; car Gandalf ne croisa pas le ruisseau à l’endroit où s’attendait à le trouver, à seulement quelques milles au sud de leur point de départ.

Midi approchait, et la Compagnie continuait de cheminer et de serpenter dans un désert de pierres rougeâtres, sans jamais voir le moindre reflet d’eau ou entendre le moindre bruissement. Tout le pays était morne et desséché. Leurs cœurs se serrèrent. Pas un seul être vivant ne se voyait, ni un seul oiseau dans le ciel ; mais ils n’osaient songer à ce que la nuit apporterait si elle les surprenait dans cette contrée désolée.

C’est alors que Gimli, qui avait pris de l’avance, se retourna soudain pour les appeler. Il se tenait sur une éminence et montrait quelque chose sur leur droite. Tous se hâtèrent de le rejoindre en haut, et ils virent s’étirer sous eux un chenal profond et étroit. Il était vide et silencieux : à peine un filet d’eau coulait dans son lit, parmi les pierres brunes tachées de rouge ; mais sur la rive la plus proche, un chemin affaissé et très dégradé sinuait parmi les murs et les pavés en ruine, vestiges d’une ancienne grand-route.

« Ah ! Le voilà enfin ! dit Gandalf. C’est ici que coulait le ruisseau : Sirannon, le Ruisseau de la Porte, l’appelait-on au temps jadis. Mais je ne saurais deviner ce qui est arrivé à l’eau : elle était autrefois rapide et bruyante. Venez ! Il faut nous dépêcher. Nous sommes en retard. »

Malgré leur profonde fatigue et leurs pieds endoloris, ils persévérèrent sur cette route inégale et tortueuse pendant de nombreux milles. Le soleil se détourna du midi et descendit vers l’ouest. Après une brève halte et un repas hâtif, ils se remirent en route. Les montagnes se dressaient sévèrement devant eux, mais leur chemin ondulait au creux d’une profonde dépression et ils ne pouvaient voir que les hauts contreforts et les cimes lointaines à l’est.

Ils parvinrent finalement à un coude. À cet endroit, la route, qui s’était détournée au sud, coincée entre le bord du chenal et une forte chute de terrain sur la gauche, reprenait sa course plein est. Passé le tournant, ils se trouvèrent face à un escarpement bas, d’à peine cinq toises de haut, au rebord échancré et déchiqueté. Un filet d’eau ruisselait à travers une large fissure qui semblait avoir été sculptée par une ancienne chute d’eau, autrefois vive et foisonnante.

« C’est dire si les choses ont changé ! fit Gandalf. Mais on ne saurait s’y tromper. Voilà tout ce qui reste des Chutes de l’Escalier. Il y avait, si je me souviens, bien, une série de marches taillées dans le roc à côté de la chute, mais la grand-route partait à gauche et effectuait plusieurs lacets pour atteindre le terrain plat tout en haut. Derrière ces chutes, il y avait jadis une vallée peu profonde qui s’étendait jusqu’aux Murs de la Moria, et le Sirannon la traversait, bordé par la route. Allons voir ce qu’elle est devenue ! »

Ils trouvèrent les marches de pierre sans difficulté. Gimli les gravit d’un pas avide, suivi de Gandalf et de Frodo. Au sommet, ils constatèrent qu’ils ne pouvaient aller plus loin de ce côté, et l’assèchement du Ruisseau de la Porte trouva son explication. Derrière eux, dans la fraîcheur du couchant, le ciel de l’ouest était baigné d’or chatoyant. Devant eux s’étendait un lac stagnant et noir. Ni le ciel, ni le couchant ne se reflétaient à sa morne surface. Le Sirannon, endigué, avait noyé toute la vallée. Derrière ses eaux sinistres se dressaient de vastes falaises, aux faces sévères et blafardes dans le jour mourant : finales et infranchissables. Frodo ne vit aucune trace de porte ou d’entrée, pas la moindre fissure ou lézarde dans la pierre renfrognée.

« Ce sont les Murs de la Moria, dit Gandalf, pointant l’index de l’autre côté de l’eau. C’est là que se trouvait la Porte il fut un temps, la Porte Elfique à la fin de la route de la Houssière par laquelle nous sommes venus. Mais cet accès est bloqué. Je suis bien sûr qu’aucun d’entre nous ne voudra nager dans cette eau sombre à la tombée du jour. Elle a un air malsain. »

« Il faut trouver moyen de la contourner par le nord, dit Gimli. En tout premier lieu, la Compagnie devra emprunter le grand chemin afin de voir où il mène. Même sans ce lac, il serait impensable de conduire notre poney à bagages par cet escalier. »

« Et de toute façon, cette pauvre bête ne peut nous suivre dans les Mines, dit Gandalf. La route est sombre sous les montagnes, et il y a des passages étroits et abrupts que nous aurons du mal à franchir nous-mêmes. »

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