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Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:

Depuis sa publication en 1954-1955, le récit des aventures de Frodo et de ses compagnons, traversant la Terre du Milieu au péril de leur vie pour détruire l’Anneau forgé par Sauron, a enchanté des dizaines de millions de lecteurs, de tous les âges. Chef-d’œuvre de la fantasy, découverte d’un monde imaginaire, de sa géographie, de son histoire et de ses langues, mais aussi réflexion sur le pouvoir et la mort, Le Seigneur des Anneaux est sans équivalent par sa puissance d’évocation, son souffle et son ampleur. Cette nouvelle traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l’intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 18 illustrations d’Alan Lee, entièrement re-numérisées, d’une qualité inégalée, ainsi que deux cartes (en couleur) de la Terre du Milieu et du Comté.
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
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Au bout d’un moment, Boromir revint avec Sam. Derrière eux, sur la piste étroite mais à présent bien tracée, vint Gandalf conduisant Bill ; Gimli était perché au milieu des bagages. Enfin vint Aragorn portant Frodo. Ils parvinrent de l’autre côté de la congère ; mais Frodo avait à peine touché terre que l’on entendit un puissant grondement et une retentissante chute de roches et de neige. La Compagnie, recroquevillée contre la paroi, fut à demi aveuglée par un nuage de poudre ; et quand il se dissipa, ils virent que le sentier derrière eux était bloqué.

« Assez, assez ! s’écria Gimli. Nous partons aussi vite que nous le pouvons ! » Et de fait, après ce dernier coup, on eût dit que la malveillance de la montagne s’était tarie, comme si le Caradhras était certain que les envahisseurs étaient repoussés et ne reviendraient pas. La menace de neige fut levée ; les nuages commencèrent à se rompre et la lumière grandit peu à peu.

Ils constatèrent, comme Legolas le leur avait dit, que la couche de neige devenait de plus en plus mince à mesure qu’ils descendaient, de sorte que même les hobbits pouvaient se débrouiller sur leurs jambes. Ils retrouvèrent bientôt la corniche plate en haut du raidillon, là où ils avaient senti les premiers flocons, la veille au soir.

La matinée était à présent fort avancée. Du haut de la corniche, ils purent de nouveau contempler le pays qui s’étendait à l’ouest. Loin dans les terres repliées au bas de la montagne, se trouvait le vallon à partir duquel ils avaient entrepris leur ascension du col.

Les jambes de Frodo lui faisaient mal. Gelé jusqu’aux os, il avait faim, et la tête lui tournait tandis qu’il songeait à la longue et pénible descente. Des taches noires flottaient dans son champ de vision. Il se frottait les yeux, mais les taches persistaient. Loin en contrebas, mais encore bien au-dessus des premiers contreforts, des points noirs tournoyaient dans l’air.

« Encore ces oiseaux ! » dit Aragorn, les montrant du doigt.

« On ne peut plus rien y faire, dit Gandalf. Qu’ils soient bons ou mauvais, ou qu’ils n’aient rien à voir avec nous, il nous faut redescendre immédiatement. Nous n’attendrons pas que la nuit tombe à nouveau sur le Caradhras, pas même ici sur ses genoux ! »

Un vent froid soufflait derrière eux tandis qu’ils tournaient le dos à la Porte de Cornerouge et dévalaient la pente, titubant de fatigue. Le Caradhras les avait vaincus.

4Un voyage dans le noir

C’était le soir, et la lueur grise avait recommencé à faiblir quand ils s’arrêtèrent pour la nuit. Ils étaient fourbus. Les montagnes étaient voilées d’obscurité, et le vent était froid. Gandalf leur accorda encore à chacun une gorgée du miruvor de Fendeval. Quand ils eurent mangé un peu, il les réunit en conseil.

« Nous ne pouvons bien sûr continuer ce soir, dit-il. L’attaque sur la Porte de Cornerouge nous a épuisés, et nous devons nous reposer ici un moment. »

« Où irons-nous ensuite ? » demanda Frodo.

« Le voyage et la quête se trouvent encore devant nous, répondit Gandalf. Nous n’avons d’autre choix que de continuer, à moins de rentrer à Fendeval. »

Le visage de Pippin s’éclaira visiblement à la seule mention d’un retour à Fendeval ; Merry et Sam levèrent des regards pleins d’espoir. Mais Aragorn et Boromir restèrent impassibles. Frodo parut troublé.

« J’aimerais être encore là-bas, dit-il. Mais comment y retourner sans mourir de honte – à moins qu’il n’y ait aucun autre chemin, et que nous soyons déjà vaincus ? »

« Vous avez raison, Frodo, dit Gandalf : rentrer serait concéder la défaite, et attendre une défaite encore plus cuisante. Si nous y retournons maintenant, l’Anneau devra rester là-bas : nous ne pourrons repartir. Alors, tôt ou tard, Fendeval sera assiégé, et après un bref et pénible sursis, il sera détruit. Les Spectres de l’Anneau sont des ennemis mortels, mais ils ne possèdent encore que l’ombre du pouvoir et de la terreur qu’ils exerceraient, si le Maître Anneau devait retrouver la main de son maître. »

« Dans ce cas, il nous faut continuer, s’il y a un chemin », dit Frodo en soupirant. Sam retomba dans la mélancolie.

« Il est un chemin que nous pouvons tenter, dit Gandalf. Dès la première heure, du moment où j’ai envisagé ce voyage, j’ai pensé que nous devrions nous y essayer. Mais ce chemin n’est pas agréable, et c’est la première fois que j’en parle à la Compagnie. Aragorn s’y opposait, jusqu’à ce que le passage des montagnes ait au moins été tenté. »

« Si cette route est pire que la Porte de Cornerouge, elle doit être vraiment néfaste, dit Merry. Mais vous feriez mieux de nous mettre au courant, qu’on sache tout de suite ce qui nous attend. »

« La route dont je parle mène aux Mines de Moria », dit Gandalf. Seul Gimli leva la tête : un feu couvait dans ses yeux. Tous les autres furent remplis d’épouvante à la mention de ce nom. Même aux oreilles des hobbits, sa légende évoquait une peur vague.

« Elle mène peut-être en Moria, mais comment espérer qu’elle nous mènera au-delà ? » dit sinistrement Aragorn.

« C’est un nom de mauvais augure, dit Boromir. Et je ne vois pas la nécessité d’y aller. Si nous ne pouvons franchir les montagnes, continuons alors vers le sud jusqu’à atteindre la Brèche du Rohan, où les hommes sont amis de mon peuple, et suivons le chemin que j’ai pris pour arriver ici. Ou encore, nous pourrions passer outre et franchir l’Isen jusqu’en Longuestrande et au Lebennin, et arriver ainsi au Gondor par les régions côtières. »

« Les choses ont changé depuis que vous êtes venu au nord, Boromir, répondit Gandalf. N’avez-vous pas entendu ce que je vous ai dit au sujet de Saruman ? Pour ma part, je pourrais avoir affaire à lui avant que tout soit terminé. Mais l’Anneau ne doit pas s’approcher d’Isengard, s’il y a moyen de l’éviter. La Brèche du Rohan nous est interdite tant que nous allons avec le Porteur.

« Quant au plus long trajet : nous n’en avons pas le temps. Un tel voyage pourrait nous prendre une année, et nous traverserions bien des terres vides et inhabitées ; mais elles n’en seraient pas plus sûres. Les regards vigilants tant de Saruman que de l’Ennemi les surveillent. Quand vous êtes monté dans le Nord, Boromir, vous n’étiez, aux yeux de l’Ennemi, qu’un simple voyageur venu du Sud, et une affaire de peu d’importance pour lui : sa pensée était entièrement tournée vers la poursuite de l’Anneau. Mais voilà que vous revenez en tant que membre de la Compagnie de l’Anneau, et vous serez en danger tant que vous resterez avec nous. Ce danger ne fera qu’augmenter à chaque lieue que nous parcourrons vers le sud à ciel découvert.

« Depuis notre tentative ouverte sur le col des montagnes, notre situation est encore plus critique qu’avant. Je n’entrevois plus grand espoir, si nous ne disparaissons pas bientôt pour quelque temps, de manière à effacer nos traces. Je propose donc que nous ne passions ni par-dessus les montagnes, ni autour d’elles, mais bien en dessous. De tous les chemins possibles, c’est sans doute celui auquel l’Ennemi s’attendra le moins. »

« Nous n’avons aucune idée de ce à quoi il s’attend, dit Boromir. Il peut guetter tous les chemins, les plus probables comme les plus improbables. Entrer en Moria équivaudrait alors à nous jeter dans un piège : autant aller frapper aux portes de la Tour Sombre elle-même. Le nom de la Moria est noir. »

« Vous parlez de choses dont vous n’avez aucune idée quand vous comparez la Moria à la forteresse de Sauron, répondit Gandalf. Je suis le seul ici présent à m’être aventuré dans les cachots du Seigneur Sombre, et ce, seulement dans son ancienne demeure, moins imposante, de Dol Guldur. Ceux qui passent les portes de Barad-dûr n’en reviennent pas. Mais je ne vous emmènerais pas en Moria s’il n’y avait aucun espoir d’en ressortir. S’il y a là des Orques, ce pourrait être désastreux pour nous, je l’admets. Mais la plupart des Orques des Montagnes de Brume ont été dispersés ou anéantis dans la Bataille des Cinq Armées. Les Aigles nous signalent que des Orques venus de loin s’assemblent de nouveau ; mais il est permis d’espérer que la Moria soit encore libre.

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