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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Troisièmement: je ne puis le prouver, mais il me semble que le sens du toucher est concentré dans la caudale, sa sensibilité n’a d’égale que la délicatesse de la trompe de l’éléphant, elle se révèle surtout lorsque le cachalot balaie la surface de la mer et remue de droite et de gauche ses immenses palmes avec une douceur et une lenteur de jeune fille; mais vient-il à sentir fût-ce la moustache d’un marin, alors malheur au marin, aux moustaches et au reste! Quelle tendresse dans cet effleurement premier! Si cette queue était préhensible, elle me rappellerait aussitôt l’éléphant de Darmonode qui fréquentait le marché aux fleurs, offrait des bouquets aux demoiselles en les saluant bien bas et leur caressait la taille. Il est encore regrettable à d’autres égards que la queue du cachalot ne soit pas préhensible car j’ai entendu parler d’un autre éléphant qui, blessé au combat, arracha la flèche avec sa trompe.

Quatrièmement: si vous pouviez glisser inaperçu au milieu des océans solitaires, vous trouveriez le cachalot, se croyant en sécurité, dépouillé de la dignité que lui confère sa corpulence, jouant dans la mer comme un chaton dans le foyer. Au jeu, il fait encore usage de sa force il lance haut ses larges palmes et lorsqu’il en frappe l’eau la détonation retentit à des milles à la ronde, pareille à celle d’une grosse pièce dont on vient de faire feu, et le mince filet de vapeur de l’évent simule la fumée qui s’échappe alors de la bouche du canon.

Enfin: dans sa position habituelle de nage, ses palmes situées au-dessous du niveau de son dos sont submergées et invisibles mais lorsqu’il s’apprête à sonder, trente pieds de son corps et toute sa queue se dressent droit en l’air, vibrant un moment jusqu’à ce qu’il disparaisse dans les profondeurs. Hormis le saut sublime – qui sera décrit plus loin – ce piqué de la baleine est peut-être le spectacle le plus grandiose que puisse offrir la nature. De l’Océan sans fond, la queue gigantesque semble convulsivement saisir les hauteurs du ciel. C’est ainsi qu’en rêve j’ai vu Satan majestueux projeter hors des flammes de la Baltique de l’enfer sa griffe colossale et tourmentée. Mais en contemplant pareille scène, tout dépend de votre humeur. Si elle est dantesque, ce seront les démons qui viendront à vous, si vous êtes sous l’influence d’Isaïe, ce seront les archanges. Du poste de vigie, je vis une fois, tandis que l’aurore empourprait le ciel et la mer, une troupe nombreuse de baleines allant à la rencontre du soleil et dont les palmes vibrèrent toutes ensemble. Il me parut à ce moment-là que jamais les dieux n’avaient reçu pareil témoignage d’adoration, même en Perse, chez les adorateurs du feu. Comme Ptolémée Philopator est l’avocat de l’éléphant d’Afrique, je suis celui de la baleine que je déclare le plus pieux d’entre tous les êtres. Car, selon le roi Juba, les éléphants des armées de l’Antiquité saluaient souvent le matin, la trompe levée dans le plus profond silence.

Cette comparaison de la baleine et de l’éléphant, hasardeuse dans la mesure où il s’agit de la queue de l’une et de la trompe de l’autre, ne tend pas à mettre ces organes sur un plan d’égalité, pas plus que les créatures à qui ils appartiennent. Car, à côté du léviathan, le plus puissant éléphant n’est qu’un petit chien; à côté de la queue de la baleine, sa trompe n’est qu’une tige de lys; le coup le plus terrible qu’il puisse en porter n’est qu’un coup d’éventail joueur à côté du fracas d’écrasement soulevé par les palmes puissantes de la queue du cachalot qui, en de nombreuses occasions, ont jeté dans les airs, les uns après les autres, des pirogues entières, rames et hommes, à la façon dont un jongleur indien lance ses balles [19].

Plus je pense à la puissance de cette caudale, plus je déplore mon incapacité à la décrire. Elle fait parfois des gestes qui honoreraient une main d’homme mais qui restent inexplicables. Dans une troupe nombreuse, leurs mouvements mystérieux sont parfois si remarquables que certains chasseurs les disaient apparentés aux signes et symboles des francs-maçons et permettant de cette façon à la baleine de converser intelligemment avec le monde. Tout le corps du cachalot a d’ailleurs des mouvements pleins d’étrangeté, énigmatiques au chasseur le plus expérimenté. Je peux bien, pour ma part, le disséquer sans atteindre plus profond que sa peau, je ne puis le connaître et ne le connaîtrai jamais. Et si je ne sais rien de sa queue combien j’ignore encore plus sa tête! Comment comprendrais-je un visage qu’il n’a point? Il semble me dire: «Tu peux me voir de dos, ma face te restera cachée.» Mais je ne peux comprendre parfaitement ce dos, et il peut me dire ce qu’il veut de sa face. Je le répète, de face il n’en a point.

CHAPITRE LXXXVII La grande armada

L’étroite et longue péninsule de Malacca, s’étendant au sud-est de la Birmanie, forme la pointe extrême sud du continent asiatique. De là s’échelonnent les longues îles de Sumatra, Java, Bali et Timor, et bien d’autres encore qui constituent un vaste môle, une digue reliant l’Asie à l’Australie divisant le vide de l’océan Indien du semis serré des archipels orientaux. Ce rempart est percé de plusieurs poternes de sortie pour la commodité des navires et des baleines, les plus importantes étant les détroits de la Sonde et de Malacca. Les vaisseaux qui vont en Chine depuis l’ouest gagnent les mers de Chine par le détroit de la Sonde.

Celui-ci sépare Sumatra de Java et se trouve à mi-chemin dans ce rempart d’îles; il est flanqué d’un hardi promontoire de verdure, contrefort connu des marins sous le nom de cap de Java, et qui ressemble fort à la porte d’un immense empire fortifié. Si l’on pense à l’inépuisable richesse en épices, en soie, en bijoux, en or en ivoire, de ces milliers d’îles orientales, il semble que cette configuration géographique soit une mesure significative prise par la nature, même si elle n’est qu’apparence inefficace pour protéger de tels trésors contre la rapacité du monde occidental. Les côtes du détroit de la Sonde sont dépourvues de ces places fortes impérieuses qui gardent les entrées de la Méditerranée, de la Baltique et de la Propontide. À l’encontre des Danois, les Orientaux n’exigent pas l’obséquieux hommage du hunier abaissé de l’interminable procession de navires qui ont passé vent arrière nuit et jour, durant des siècles, entre les îles de Java et de Sumatra, frétés des plus précieux chargements de l’Orient. S’ils renoncent librement à pareil cérémonial, ils réclament en revanche une marque de respect plus substantielle.

Depuis des temps immémoriaux, les praos des pirates malais, tapis dans les anses ombreuses et les îlots de Sumatra ont fondu sur les vaisseaux traversant les détroits, réclamant férocement tribut à la pointe de leurs lances. Les châtiments sanglants et répétés que leur ont infligé les croiseurs européens ont récemment tempéré quelque peu leur audace, pourtant, aujourd’hui encore, on entend parler de navires anglais ou américains impitoyablement abordés et pillés dans ces eaux.

Avec un vent favorable et frais, le Péquod approchait à présent de ces détroits, Achab se proposant d’atteindre par là la mer de Java, puis de faire cap au nord vers les parages connus pour être fréquentés ici ou là par le cachalot, de longer les Philippines et de gagner la lointaine côte du Japon à temps pour la grande saison baleinière. Ainsi le Péquod aurait accompli un périple sur presque tous les parages de croisière au cachalot du monde entier avant de redescendre à l’équateur dans le Pacifique où Achab, eût-il été partout ailleurs frustré de sa proie, comptait fermement défier Moby Dick dans les eaux qu’il hantait le plus fréquemment et à la saison qui semblait être la plus propice.

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[19] Bien que toute comparaison entre la taille de la baleine et celle de l’éléphant soit absurde, la baleine étant à l’éléphant ce que celui-ci est à un chien, ils n’en offrent pas moins de curieuses ressemblances. Leur jet entre autres. On sait que l’éléphant aspire souvent de l’eau avec la trompe et la rejette en souffle en la relevant.

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