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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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Loin en dessous de ce monde surprenant de la surface, univers plus étrange encore s’offrait à notre regard penché. Sous ces voûtes liquides, on distinguait les formes des mères nourricières et celles dont la taille gonflée disait qu’elles allaient bientôt le devenir. Ce lac où nous étions était d’une transparence extrême jusqu’à de grandes profondeurs, et tout comme des enfants à la tétée fixent un regard calme loin du sein qui leur donne leur nourriture terrestre, un regard qui boit au festin spirituel de quelque souvenir céleste, les petites baleines semblaient lever les yeux vers nous, sans nous voir, comme si nous n’étions qu’un brin de sargasse à leur vue toute neuve. Flottant sur le flanc, les mères aussi nous contemplaient. L’un de ces nourrissons qui, à certains signes, ne devait pas avoir plus d’un jour, devait mesurer quelque quatorze pieds de long et six de tour de taille. Il était folâtre, bien que son corps parût encore modelé par la position ingrate qu’il occupait, il y a si peu de temps, dans le ventre de sa mère où, tête et queue rapprochées, la baleine à naître est courbée comme un arc tartare prêt à se détendre. Les délicates nageoires pectorales et les palmes de sa queue avaient l’aspect froissé des oreilles d’un enfant nouveau-né fraîchement arrivé d’un monde étranger.

– La ligne! la ligne! cria Queequeg penché sur le plat-bord. Lui pris! lui pris! Qui ligne lui? Qui frappé? Deux baleines, une grosse, une petite!

– Qu’est-ce qui te prend, mon gars? demanda Starbuck.

– Vous voir ici! dit Queequeg en désignant les profondeurs.

De même que la baleine frappée a déroulé des brasses de ligne hors de la baille, et, après avoir sondé, remonté tandis que la ligne mollie flotte en boucles, le cordon ombilical de Mme Léviathan apparaissait à Starbuck longuement lové et le jeune veau semblait être encore rattaché à sa mère. Il advient plus d’une fois, dans les hasards de la chasse, que cette ligne naturelle, lorsqu’elle s’est détachée de la mère, vienne s’entortiller au filin de chanvre, faisant ainsi prisonnier le jeune. La mer, en cette mare enchantée, nous livrait quelques-uns de ses plus subtils secrets. Nous vîmes dans les profondeurs les intrigues galantes des jeunes léviathans [20].

Ainsi ces créatures impénétrables, bien qu’environnées de cercles concentriques d’épouvante et de consternation s’abandonnaient librement dans le centre à une sollicitude sans crainte, se livrant sereinement à un délicieux badinage. Ainsi, au cœur de l’ouragan atlantique de mon être, à jamais paisible, en mon centre je m’ébats dans un calme muet, et tandis que les graves planètes d’un malheur croissant refermant autour de moi leur course dans ma profondeur et dans ma largeur, je baigne encore dans l’éternelle douceur de la joie.

Tandis que nous demeurions dans l’extase, parfois dans le lointain, un spectacle forcené nous rappelait que les autres pirogues, à la frontière de la troupe, jetaient toujours les dragues, ou peut-être portaient la guerre au sein du premier cercle où ni l’espace ni les chances de retraite ne leur manquaient. Mais la vue des cachalots enragés par les dragues et qui de temps en temps s’élançaient aveuglément à travers les cercles, était peu de chose à côté du spectacle qui nous attendait. Il est de coutume parfois, lorsqu’on se trouve lié à une baleine d’une force et d’une vivacité peu ordinaires, de chercher à lui couper les jarrets si l’on ose dire, en tranchant ou en mutilant le gigantesque tendon de sa queue. On se sert à cette fin d’une pelle à découper à manche court que l’on lance et que l’on peut haler grâce au filin qui lui est attaché. Nous l’apprîmes plus tard, un cachalot ainsi atteint, mais semble-t-il inefficacement, débordant de la baleinière, avait emporté la moitié de la ligne du harpon et, dans sa douleur intolérable, il s’était rué à travers les cercles, semant sur son passage l’épouvante, tel le téméraire Arnold, cavalier seul à la bataille de Saratoga.

Si atroce que fût sa blessure, si effroyable le spectacle qu’elle offrait, l’horreur particulière que ce cachalot semblait inspirer au reste de la troupe avait une cause que la distance tout d’abord nous dissimula. Nous vîmes enfin que, par un de ces accidents inconcevables de la chasse, ce léviathan s’était empêtré dans la ligne de harpon qu’il remorquait et s’était également enfui, la pelle fichée en lui. Mais cependant que le bout libre aiguilleté à cette arme s’était pris dans la ligne qui lui entourait la queue, la pelle s’était arrachée à son corps, de sorte que, fou de douleur, il barattait l’eau, la battait avec violence de sa souple queue et, faisant voler autour de lui la pelle acérée, il blessait et tuait ses propres compagnons.

Devant cette terreur nouvelle, toute la troupe fut ressaisie de sa crainte figée. Tout d’abord, les cachalots qui formaient les rives de notre lac commencèrent à se rapprocher les uns des autres en se bousculant, comme portés par une houle de fond, puis le lac lui-même se mit à gonfler faiblement, les chambres nuptiales et les crèches sous-marines s’évanouirent, les cercles se resserrèrent et les baleines du centre s’ébranlèrent en grappes serrées. Oui, c’en était fini d’une longue paix. Un bourdonnement sourd approchait et, tel le roulement assourdissant des glaces au moment de la débâcle printanière de l’Hudson, la troupe toute entière des cachalots déferla vers le centre comme pour s’y empiler en une seule montagne. Aussitôt, Starbuck et Queequeg changèrent de place, Starbuck prenant l’aviron de queue.

– Lève rames! lève rames! chuchota-t-il ardemment, en empoignant l’aviron de queue. Agrippez vos rames, prenez en mains vos âmes! Mon Dieu, homme, attention! Vous, Queequeg, repoussez cette bête-là! Piquez-la! Frappez-la! Debout! Debout! et restez debout! Sautez, les hommes, nagez, peu importe leur dos… raclez-les… passez par-dessus!…

La pirogue était à présent étouffée entre deux énormes masses noires dans un détroit aussi resserré que celui des Dardanelles. Après un effort désespéré, nous atteignîmes enfin une zone momentanément libre et la traversant à force de rames, nous guettâmes en même temps avec anxiété une nouvelle issue. Après l’avoir plusieurs fois échappé belle, nous glissâmes enfin rapidement dans ce qui avait été l’un des cercles extérieurs mais qui n’était plus traversé que par les cachalots se précipitant vers le seul centre. Ce salut miraculeux fut acheté à bon marché par la seule perte du chapeau de Queequeg qui, debout à l’avant pour piquer les baleines en fuite, le vit rondement balayé de sa tête par l’éventail brusque de deux palmes toutes proches de lui.

Si tumultueuse et désordonnée qu’ait été cette débandade générale, elle ne tarda pas à s’organiser dans ce qui parut être une tactique réglée. En effet, s’étant enfin réunis en un seul corps, les cachalots reprirent la fuite à une vitesse redoublée. Il était vain de les poursuivre plus avant mais les pirogues s’attardèrent dans leurs sillages pour repérer ceux qui, grâce aux dragues, seraient restés à l’arrière, et aussi pour en amarrer un que Flask avait tué et sur lequel il avait planté pavillon car toute baleinière est parée de deux ou trois pavillons qui sont fichés dans une baleine morte si un autre gibier se trouve à portée afin de la retrouver en mer, et aussi en signe de propriété pour le cas où elle viendrait à être approchée par les pirogues d’un autre navire.

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[20] Le cachalot, à l’instar des autres espèces de léviathans, mais contrairement à la majorité des poissons, procrée indifféremment en toute saison après une gestation qu’on peut sans doute fixer à neuf mois. La femelle ne met bas qu’un seul petit, quoique en de rares cas on ait vu naître un Ésaü et un Jacob, auquel cas deux tétons apparaissent curieusement de part et d’autre de l’anus, les mamelles proprement dites étant situées sous le ventre. Lorsque par hasard ces précieux attributs d’une mère nourricière sont atteints par la lance du chasseur, son lait jaillissant et son sang s’unissent pour teinter la mer loin autour d’elle. Ce lait est très doux et très riche, l’homme y a goûté… il accompagnerait très bien des fraises. Lorsqu’elles débordent d’estime mutuelle, les baleines se le témoignent mare hominum.

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