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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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En pantalons et manches de chemise, nous sautâmes sur nos avirons de frêne et après plusieurs heures de nage nous hésitions à poursuivre la chasse lorsque les cachalots firent une halte, nous avertissant qu’ils étaient enfin pris de cette perplexité insolite qui leur donne inertie de l’irrésolution et fait dire aux pêcheurs qu’ils sont pétrifiés d’effroi. Une déroute démesurée brisa les colonnes martiales jusqu’alors denses et rapides; comme les éléphants du roi Porus dans la bataille contre Alexandre, ils parurent saisis d’une folie atterrée. Ils se jetèrent dans toutes les directions, décrivant de vastes cercles, nageant sans but de-ci et de-là, leurs jets courts et épais trahissant ouvertement un trouble et une panique mis en relief par ceux d’entre eux qui, complètement paralysés, flottaient, désemparés, comme les épaves d’un navire naufragé. Ces léviathans eussent-ils été un simple troupeau de moutons, poursuivis à travers le pâturage par trois loups féroces, qu’ils n’auraient pas fait montre d’une plus excessive épouvante, mais cette timidité occasionnelle caractérise presque tous les êtres grégaires. On a vu des bisons de l’Ouest à crinière léonine qui, bien qu’en troupeaux de dizaines de milliers, prenaient la fuite devant un cavalier solitaire. Témoins aussi les êtres humains attroupés dans le parc à moutons d’un théâtre et qui, à la moindre alerte d’incendie, se ruent vers les sorties dans un sauve-qui-peut serré, se piétinent, s’écrasent et se jettent impitoyablement à terre les uns les autres jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mieux vaut, dès lors, ne point trop s’étonner de l’étrange affolement des cachalots devant nous, car il n’est aucune bête sur la terre dont la démence ne soit infiniment surpassée par celle de l’homme.

Malgré l’agitation d’un certain nombre de cachalots, la troupe n’avançait ni ne reculait, mais restait groupée au même endroit. Comme il est de coutume en ce cas, les pirogues se séparèrent aussitôt, chacune amenant sur un gibier isolé aux lisières du banc. Au bout de trois minutes, Queequeg avait lancé son harpon, le poisson frappé nous aveugla d’écume, puis, filant comme l’éclair, nous entraîna droit au cœur de la troupe. Bien qu’en pareilles circonstances, un tel mouvement ne soit pas sans précédent et qu’on le prévoie plus ou moins, il n’en est pas moins l’une des plus dangereuses vicissitudes de la chasse. Car tandis que le monstre vous emporte promptement toujours plus avant au sein frénétique de la troupe, vous pouvez dire adieu à la prudente vie et n’être plus qu’une palpitation délirante.

Cependant qu’aveugle et sourd le cachalot piquait de l’avant comme pour se libérer, par le seul pouvoir de la vitesse, de la sangsue de fer rivée à lui, que nous ouvrions sur la mer une balafre blanche, que notre fuite était de toutes parts menacée par les bêtes en folie qui se ruaient sur nous, notre pirogue était comme le navire assailli par les icebergs dans la tempête, se débattant pour se frayer un passage dans le dédale de leurs détroits, ignorant à quel instant il sera coincé et écrasé.

Point du tout intimidé, Queequeg gouvernait intrépidement, tantôt débordant d’un monstre en travers de notre route, tantôt s’écartant doucement d’une queue colossale suspendue au-dessus de nos têtes, cependant que Starbuck, à l’avant, la lance à la main, éloignait de nous les cétacés à sa portée à traits courts, car il n’était pas question d’en envoyer de longs. Les canotiers n’étaient pas oisifs non plus, bien qu’ils n’eussent pas lieu de se livrer à leur tâche habituelle. Ils s’occupaient plutôt du côté hurlements de l’affaire: «Ôte-toi de là, commodore!» cria l’un à un grand dromadaire qui menaçait de nous submerger. «Bas la queue, toi!» fut l’invitation qu’un autre adressa à un monstre qui, tout près de notre plat-bord, semblait tranquillement se rafraîchir avec cet éventail.

Toutes les baleinières sont pourvues de curieux accessoires, appelés dragues, inventés à l’origine par les Indiens de Nantucket, et qui consistent en deux épaisses pièces de bois carrées, solidement chevillées ensemble, à contre-fil; au centre de ce bloc est attachée une ligne d’une longueur considérable et, à l’une de ses extrémités, une estrope permet en un instant de frapper le harpon. On emploie surtout cette drague pour les baleines bilieuses, car elles sont alors autour de vous, trop nombreuses pour être prises en chasse, mais on ne rencontre pas des cachalots tous les jours, aussi faut-il les tuer quand on peut et si l’on ne peut les tuer tous il faut, au moins les darder pour pouvoir ensuite les tuer à loisir. Telle est l’utilité immédiate des dragues; nous en avions trois à bord de notre pirogue. La première et la seconde furent piquées avec succès, et les cachalots s’enfuirent en zigzaguant, entravés par l’énorme résistance oblique de la drague qu’ils remorquaient, gênés comme des convicts par la chaîne et le boulet. Mais lorsque le troisième encombrant morceau de bois fut lancé par-dessus bord, il se prit sous l’un des bancs de la baleinière, l’arracha brutalement et l’emporta, laissant choir le canotier au fond de l’embarcation tandis que son siège se dérobait sous lui. Les bornages blessés laissèrent entrer l’eau des deux côtés, mais nous calfatâmes avec deux ou trois chemises et pantalons et la voie d’eau fut momentanément aveuglée.

Il aurait été quasiment impossible de lancer ces harpons à dragues si, en pénétrant le cœur de la troupe, notre cachalot remorqueur n’avait beaucoup ralenti; de plus, tandis que nous nous écartions toujours plus du cercle qui circonscrivait le tumulte, ces désordres terribles semblaient se calmer de sorte que, lorsque le dernier fer se décrocha et que notre cachalot s’éloigna de côté, nous glissâmes, entre deux cachalots avec notre vitesse acquise, au sein même du banc, comme un torrent de montagne s’apaisant dans le lac serein d’un vallée. De là, la tempête rugissant dans les gorges qui séparaient les cachalots se trouvant à l’extérieur se laissait entendre mais ne se ressentait plus. En ce centre, la mer douce et satinée offrait ce miroir d’huile produit par la buée subtile que le cachalot émet en ses plus paisibles moments. Oui nous étions vraiment au cœur du calme enchanté dont on dit qu’il demeure au centre de toute confusion. Et, dans l’espace éperdu, nous voyions les cercles concentriques où des bandes de huit à dix cachalots tournaient rapidement comme des chevaux sur la piste d’un cirque et si serrés, épaule contre épaule, qu’un titanesque acrobate aurait aisément pu chevaucher ceux du milieu et poursuivre sur leurs dos cette ronde. Nous n’avions à présent aucune chance d’échapper tant la troupe immobile était dense aux abords immédiats de l’axe encapé de leur foule. Il nous fallait attendre l’ouverture d’une brèche dans ce mur vivant qui nous cernait, ce mur qui ne nous avait laissé pénétrer que pour mieux se refermer sur nous. Au centre de ce lac, de petites vaches peu craintives et leurs veaux venaient, de temps à autre, nous faire visite, les femmes et les enfants de l’armée en déroute.

En comptant les espaces vides séparant les cercles extérieurs et les intervalles entre les différents groupes du centre, la superficie que couvrait cette multitude était pour le moins de deux ou trois milles carrés. De notre pirogue basse, les souffles semblaient jouer presque jusqu’à l’horizon, bien qu’en vérité ç’ait été peut-être une illusion. Je mentionne ce fait pour montrer que ces vaches et ces veaux, comme s’ils avaient été volontairement placés au centre du parc et comme si la dispersion extrême de la troupe les eût empêchés de connaître les raisons précises de cette halte, à moins que ce ne fût à cause de leur extrême jeunesse, de leur naïveté, de leur innocence et de leur inexpérience totales, que ces petits baleines approchant de notre pirogue encalminée faisaient preuve d’une confiance et d’une absence de crainte étonnantes. Peut-être aussi étaient-elles subjuguées! Toujours est-il qu’il était difficile de ne point s’en émerveiller. Comme des chiens familiers, elles venaient nous toucher nos plats-bords, tant et si bien qu’un envoûtement semblait les avoir rendues amicales. Queequeg leur fessait le front, Starbuck leur grattait le dos de la pointe de sa lance mais, redoutant les conséquences, se gardait de les piquer.

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