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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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C’était lundi. Le reste du jour et la nuit suivante, il est resté tranquille. Le mardi matin, je l’ai entendu soupirer et gémir dans sa chambre, jusqu’à l’heure du déjeuner. Il m’a fait demander humblement par Marie, la permission de déjeuner avec moi. J’ai cru devoir y consentir. Il s’est fort bien comporté jusqu’à dîner. Nous nous sommes mis à table ensemble. En finissant, il m’a proposé une partie de trictrac, que j’ai acceptée. Nous avons causé ensuite. Il m’a demandé pardon de ses torts, et j’ai pensé que je pouvais l’accorder. Comme nous allions nous mettre à table pour souper, il est entré chez nous une voisine fort aimable avec son mari. Je les ai reçus poliment.

Lagouache, sans m’en demander avis, les a priés de souper avec nous. Ils ont accepté, en disant qu’ils brûlaient d’envie de faire notre connaissance. La gaieté a régné à table: les propos ont été fort libres, de la part des convives, et de Lagouache qui les aime. J’étais surprise par intervalles, d’entendre sortir certains mots des halles de la bouche d’une femme jeune, jolie, et qui paraissait assez bien élevée. En quittant la table, on s’est mis à faire des folies: la voisine a embrassé fort librement son mari; elle voulait que j’en agisse de même avec le mien: «Ah ça, madame la prude (m’a-t-elle dit), je vous avertis que je ne sors pas de chez vous, que je ne vous voie au lit avec ce cher époux; et je vous avoue tout uniment que c’est à sa prière, que nous sommes venus souper ici ce soir pour cimenter votre réconciliation. Allons, point de bégueulerie; je le veux et ça sera.» J’ai voulu parler. Elle m’a fermé la bouche. J’ai compris alors la raison de l’apparente tranquillité de Lagouache: il avait agi par les conseils de cette femme, à laquelle sans doute il avait fait une demi-confidence, en nous donnant pour mariés; j’ai cru qu’il fallait cesser de rire: j’ai pris un ton sérieux, en disant à la dame voisine que j’avais des raisons importantes. «Comment! comment! est-ce qu’il aurait… (je n’ose écrire une expression aussi libre et aussi grossière.) Ah! dans ce cas-là, c’est autre chose, et je ne dis plus rien! – Eh non, madame, a dit Lagouache en riant d’une manière qui, pour la première fois, me l’a fait paraître sot, je me porte aussi bien que vous. – Mais que veut donc dire madame? Elle m’en veut, pour un badinage qui m’est échappé le soir de notre arrivée ici; elle ne saurait me le pardonner. Je vais vous le dire à l’oreille.» Et il le lui a dit sans doute. «Quoi! ce n’est que ça! Ah! tu es une franche bégueule, madame Lagouache! si je me fâchais pour ça! – Chacun a son humeur, madame, ai-je dit fort sèchement: moi cela me fâche beaucoup! Et il faut que monsieur ait la bonté de laisser calmer mon ressentiment, avant qu’il soit question de réconciliation entre nous.» Le mari n’avait encore rien dit que de général. Il a pris mon parti, et soutenu vivement à sa femme, qu’elle serait fâchée, s’il lui avait tenu un pareil propos. Elle a assuré d’abord le contraire; mais à la elle s’est rendue, en disant que cela était vrai: mais qu’il ne fallait pas en convenir devant moi, parce que cela m’autorisait dans ma bouderie. Et elle a continué de protester qu’elle ne sortirait pas que nous ne fussions ensemble au lit, M. Lagouache et moi. Son mari, qui me parait un homme de bon sens, a voulu l’emmener elle s’est fâchée très sérieusement contre lui, et a continué de me; persécuter, jusqu’à ce que, je me sois fâchée à mon tour, et que je l’aie renvoyée très mécontente de moi. Lagouache a été obligé de sortir avec elle, et il l’a fait pour montrer sa douceur à nos voisins. Lorsqu’il a été parti, j’ai dit à Marie que je voyais, bien que cette femme était gagnée par monsieur; que je la priais d’aller aux écoutes, pour savoir s’il n’y avait pas quelque dessous de carte qu’il m’importait de connaître. Elle est montée doucement, et elle a entendu le mari et la femme qui se querellaient. «Que savez-vous, des, raisons de cette jeune dame, disait le mari: peut-être est-ce une fille de famille, car elle en a l’air, qui ne s’est laissée enlever qu’à condition d’un prompt mariage, ou d’être respectée jusqu’à ce qu’il se fasse, et que ce jeune homme-ci veut abuser de sa situation? – Ah! si je le savais, a dit la femme, je serais la première à la soutenir! – Sois-en sûre, ma femme: je sais que malgré certaines expressions libres, que tu tiens de ta mère, tu as l’âme honnête et le cœur excellent; étudie un peu ces jeunes gens-ci, avant de te décider pour ou contre lorsque tu seras sûre, je trouverai bon tout ce que tu feras, et tout ce que tu diras.» La femme a répondu à son mari qu’il avait raison, et ils se sont réconciliés.

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