Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Альтернативная история » La porte des mondes [The Gate of Worlds - fr]
La porte des mondes [The Gate of Worlds - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La porte des mondes [The Gate of Worlds - fr]

Электронная книга - «La porte des mondes [The Gate of Worlds - fr]». Краткое содержание книги:

Dan, jeune Anglais, s’embarque en cette année 1963 pour chercher fortune dans les Hespérides, ce double continent que nous appelons l’Amérique. C’est qu’il est né dans un monde où l’histoire à suivi un autre cours : conquise par les Turcs, l’Europe n’a colonisé ni l’Amérique ni l’Afrique. Et Dan va découvrir au fil d’aventures tragiques et comiques l’empire aztèque du XXe siècle.
1 ... 7 8 9 10 11 12 13 14 15 ... 46
Перейти на страницу:

Un peu interdit, je soupirai : « Plus vous m’expliquez et moins je comprends. »

Quéquex arracha une douzaine de brins d’herbe, il en posa un devant lui et fit rayonner les autres à partir de ce brin initial qu’il désigna du doigt en déclarant : « Voici la Porte des Mondes. » Indiquant les brins d’herbe qui s’en écartaient sous des angles variés il continua : « Et au-delà de la Porte, voilà les mondes possibles. »

« Mais… »

« Silence. Écoute ! Chaque fois qu’un homme prend une décision il crée des mondes nouveaux au-delà de la Porte, l’un dans lequel il fait une chose, l’autre dans lequel il en fait une autre. Le paysan laboure son champ et s’arrête pour écraser d’une tape une mouche qui l’importune. Dans un monde il l’écrase, dans un autre il ne prend pas la peine de s’arrêter pour si peu au milieu de son sillon. Cela ne fait guère de différence. Mais suppose que le paysan, en s’arrêtant pour écraser la mouche, échappe ainsi aux griffes d’un jaguar tapi à la lisière du champ. Dans un monde, le paysan chasse la mouche. Dans un autre, il continue son chemin et il est mangé. Sauf pour la famille du paysan, la différence cette fois encore est négligeable. Qu’il vive ou meure, le monde n’en sera pas bouleversé. À moins, toutefois que le destin d’un de ses descendants soit d’aller à Tenochtitlan pour assassiner le roi. Si le paysan meurt, ce lointain descendant ne verra pas le jour : le roi continue de régner ; tout est différent de ce qui serait si le paysan s’était arrêté pour écraser la mouche, donc était resté en vie et avait engendré les ancêtres de l’assassin. »

Toutes ces histoires de mondes probables me faisaient tourner la tête. Des paysans ? Des jaguars ? Des assassins ?

Quéquex ne se souciait pas de mon trouble. Il continuait à m’entraîner dans le flot tumultueux de son discours.

« La complexité du système varie suivant l’importance de l’individu. Considérons le roi Moctezuma. S’il vit, il ajoute à la grandeur du Mexique. Si, ce soir, il glisse dans sa baignoire et se noie, Axayacatl devient roi et l’avenir est différent. À chaque instant et pour chacun de nous la Porte s’ouvre sur une infinité de mondes. »

« Vous voulez dire qu’il y a un monde dans lequel la voiture a explosé et nous avec, et un monde dans lequel elle n’a pas du tout explosé, et un monde dans lequel elle n’a pas même pu démarrer ? »

« Exactement, dit Quéquex, radieux. Il y a aussi un monde dans lequel les bandits de Chalchiuhcueyecan nous ont tués tous les deux. Un monde dans lequel ton bateau s’est perdu corps et biens avant d’atteindre le Mexique. Un monde où tu n’existes pas parce que ton grand-père est mort au berceau. Un monde où je ne suis jamais né. Un monde dans lequel je suis roi du Mexique. Un monde dans lequel le Mexique a été conquis par l’Europe il y a cinq cents ans. Un monde sans hommes, habité seulement par des serpents verts aux multiples pattes. Un monde… »

Tout étourdi, je criai : « Arrêtez ! Oh, je vous en prie, arrêtez ! »

Quéquex rit. « Ça vous donne le frisson, n’est-ce pas, de mettre le nez à la Porte des Mondes ? »

Il disait vrai. Pour un instant j’avais contemplé l’infini, et ce n’était pas très agréable.

Je dis pensivement : « Mais certains de ces mondes possibles sont absolument ridicules. »

« Ridicules, peut-être. Néanmoins, possibles. Si un homme peut les imaginer, alors ils existent dans ce royaume derrière la Porte. Là existent tous les mondes possibles. Une infinité de mondes, créés à tout instant. Certains sont presque semblables. Il y a un milliard de mondes dans lesquels, au cours de ces dix dernières minutes, j’ai fait des gestes différents avec mon petit doigt, mais où tout le reste est pareil. Il y a un milliard de mondes dans lesquels j’ai arrangé d’une façon légèrement différente les mots que j’emploie pour t’expliquer ces choses mais où le reste est semblable. Il y a un milliard de mondes… »

J’eus peur de l’avoir lancé dans un autre voyage vers l’infini. J’étais encore tout étourdi. Je l’arrêtai vivement par une nouvelle question. « Comment certains de ces mondes qui sont à peine imaginables pourraient-ils exister vraiment ? Par exemple celui dans lequel l’Europe a conquis le Mexique ? »

« Tu ne vois pas comment ça pourrait arriver. »

« Mais l’Europe est bien incapable de la moindre conquête. Tout ce que nous avons pu faire, et ça nous a pris des siècles, c’est nous débarrasser des Turcs. Il nous a fallu attendre que leurs forces aient décliné dans le bien-être et la mollesse. Alors comment pourrions-nous conquérir le Mexique ? Surtout le Mexique ! »

« Ça aurait pu arriver il y a cinq cents ans. »

« Impossible, Quéquex. Il y a cinq cents ans nous étions dans une situation encore plus précaire qu’à présent. Les Turcs nous avaient conquis et… »

Quéquex sourit. « Mais cela se passait dansnotre monde. Pense à tous ces mondes, au-delà de la Porte. Essaie d’en imaginer un où vous êtes les forts et nous les faibles. »

« Pour y arriver il faut faire tant de suppositions absurdes… »

Il secoua la tête. « Réfléchis, mon jeune ami. De déduction en déduction tu trouveras le pivot, la charnière. Efforce-toi de découvrir les raisons qui, au-delà de la Porte, font diverger les mondes. Connais-tu bien ton histoire européenne ? »

« Pas trop mal. Je suis allé à l’école. »

« Que signifie pour toi l’année 1348 ? » Ma réponse fut immédiate : « La Peste Noire, bien sûr. »

« Bravo. La Peste Noire ! Le fléau qui a dévasté l’Europe, détruisant des villes entières. La Peste et ses millions de victimes, les trois quarts de la population, aussi bien en Grande-Bretagne qu’en Pologne. L’Europe transformée en un immense cimetière. Les routes désertes, les maisons vides, les cadavres pourrissant dans les rues, et partout le silence. Un silence terrible. L’Europe a reçu là un coup fatal. Sur quatre habitants, un seul survivant. »

Je m’écriai : « J’ai compris. Si la Peste Noire avait frappé les Hespérides au lieu de ravager l’Europe… »

« Doucement, veux-tu ? Doucement, doucement. Il n’est pas même nécessaire de changer les événements d’une façon aussi radicale. Disons que la peste a frappé l’Europe avec moins de sauvagerie. Les morts : non plus trois quarts mais un quart de la population. L’Europe en sort amoindrie mais elle garde quelque force. La France, l’Angleterre, l’Espagne ont encore de la vitalité. La convalescence est longue. Il faut bien cent ans pour que le nombre d’habitants redevienne ce qu’il était. Mais l’Europe de l’Ouest finit par guérir. En 1450, elle a retrouvé sa vigueur. »

« Et quand les Turcs nous envahissent… »

« Tu vois à présent comment tout s’enchaîne. Dans notre monde, les Turcs, pas plus que les Russes et les peuples d’Afrique, n’ont rien subi de semblable à la dévastation dont l’Europe de l’ouest a été la victime. C’est pourquoi les Turcs n’ont pas rencontré d’opposition lorsqu’ils se sont aventurés vers l’ouest. En 1420 ils prennent Constantinople que tu connais sous le nom d’Istanbul. En 1440 ils sont à Vienne, en 1460 à Paris, en 1490 à Londres. Et en même temps les Arabes venant d’Afrique du Nord occupent une fois de plus l’Espagne, et l’Italie par-dessus le marché. Puis les Turcs et les Arabes se querellent, et quand est dissipée la fumée des canons, les Turcs sont maîtres de toute l’Europe à l’exception de la Russie. Et les Russes ont fait la même chose dans la direction opposée, descendant de Sibérie pour s’emparer de la Chine, du Japon, puis du reste de l’Asie. »

1 ... 7 8 9 10 11 12 13 14 15 ... 46
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)