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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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La loi des peuples policés contre la luxure ne fut originairement qu’une loi de police, une loi contre la publicité de l’acte; la religion en porta une autre contre son excès. Tout allait bien jusque-là: car la publicité a des inconvénients, tant pour la jeunesse, non encore formée, que pour les personnes de tous les âges. L’excès réprimé par la religion, est toujours condamnable: mais quand ensuite, outrant ces deux lois, ces fous de l’Indoustan sont venus faire une vertu du crime, du célibat; quand ils ont, en véritables enthousiastes, fait regarder l’acte comme un crime, on les aurait fort embarrassés, si on les avait obligés d’en déduire les raisons! Du respect pour cet acte saint, je sens qu’il en faut: c’est pourquoi j’abhorre la prostitution qui l’avilit, le profane; mais j’abhorre presque autant la pruderie et le purisme prétendu, qui refusent absolument. La pudeur, la pudicité, ne sont au fond que des vertus passives, de véritables abstractions, toujours au-dessous des vertus actives; ne les estimons donc que ce qu’elles valent.

Concluons ensemble, belle Ursule, de ces principes que je viens de poser, quelle est la conduite que vous avez à tenir. Ne vous méprisez pas vous-même lorsque vous aurez cédé, en créature raisonnable; au contraire estimez-vous, comme ayant fait une action louable, naturelle, comme ayant dispensé le plus grand des bienfaits: car s’il l’est en lui-même, il le sera beaucoup plus de votre part, à vous, qui êtes si belle, que les délices que vous procurez, doivent être centuples. Donnez-vous des vertus, qui étayent, aux yeux des préjugistes, votre conduite libre de préjugés: on a toujours des, vertus, quand on s’estime soi-même, et qu’on est fondée à se croire estimable. Je ne prétends pas, charmante fille, que vous descendiez au-dessous de votre grade, de perfection du sexe; au contraire, je veux vous y maintenir, en vous écartant de la route tortueuse et pleine d’épines qu’a prise la prude Parangon. Elle est vertueuse sans être heureuse: c’est une duperie. Mon but, à votre égard, c’est que vous soyez vertueuse et heureuse, heureuse par le plaisir, vertueuse en ne faisant que des actions louables en, elles-mêmes, estimables, obligeantes. Acquérez du crédit pour porter votre frère aussi loin que son mérite peut aller,…, et pour obliger tous ceux qui vous approcheront. Déterrez des malheureux pour les secourir… Mais je traiterai ailleurs cette importante matière. Si mon plan réussissait, et qu’à force de connaissances illustres, vous montassiez… Jusqu’à la Cour… (lacune) quel champ vaste! Quelle fortune pour Edmond! Voyez-le… (lacune) Ce doit être là, je crois, le but de tous vos désirs: c’est le terme des miens. Il vous faut, pour cela, belle fille, acquérir le plus qu’il vous sera possible l’usage du grand monde; aussitôt après l’extinction du préjugé, vous aurez d’autres choses à détruire, des qualités à prendre. Quittez votre franchise naturelle, mais gardez-en l’air, qui va si bien à votre genre de beauté, qui la rend si séduisante! Accoutumez-vous à contraindre vos désirs, et si vous en avez à présent de trop vifs, satisfaites-les, pour connaître combien c’est peu de chose que certains caprices quand on peut les suivre jusqu’au bout. Quand il n’y a plus rien à attendre d’une femme, on la trouve dix fois moins belle, parce que l’imagination n’a plus rien à faire: pourquoi n’en serait-il pas autant d’un homme?

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