La grande mascarade parisienne
- Автор: Robida Albert
- Язык: французский
- Жанр: Европейская старинная литература
Электронная книга - «La grande mascarade parisienne». Краткое содержание книги:
— Je vous en supplie, ajouta le monsieur, terminez promptement, madame m'assomme avec son Edgard!
— Et vous qui passez vos journées à me parler de cette chanteuse de café concert!
Le prince sortait ayant suffisamment contemplé l'étude, lorsqu'un des clercs l'arrêta :
— Monsieur vient pour une instance de divorce?
— Non, répondit le prince, je suis ici en amateur.
Et il se remit à la recherche de Blikendorf. Le précepteur n'était pas chez
Blikendorf consolateur.
lui; le prince, après avoir frappé inutilement au 19, héla un garçon pour lui demander des renseignements.
— Le monsieur du 19? fit le garçon, attendez, il est toujours fourré au 27, je crois qu'il fait la cour à la dame... je vais l'aller chercher...
— Non, inutile, j'y vais moi-même.
Ce fut la voix de Blikendorf qui répondit : Entrez ! quand le prince frappa à la porte du n° 27. Grand fut son étonnement en voyant le prince, il balbutia quelques excuses à une dame qui faisait de la tapisserie près de la fenêtre et accourut au devant de son élève.
— Madame, excusez-moi, dit le prince, je me suis permis de venir jusqu'ici relancer mon ami...
— Monsieur, vous êtes le bienvenu! monsieur Blikendorf a la bonté de venir m'aidera porter le poids de mes chagrins... Il m'apporte les sublimes consolations de la philosophie... Ah f monsieur, quelle triste chose que la vie 1 mariée à dix-huit ans à un être grossier...
— Hein ? fit dans un coin un monsieur que le prince n'avait pas aperçu.
— Sacrifiée par mes parents à un être grossier, reprit la dame, je passai mes plus belles années dans les larmes, sans que ce brutal...
— Hein? refit le monsieur.
— Oui, sans que ce brutal daignât forcer un peu sa nature pour essayer de comprendre les aspirations de mon âme vers l'idéal... Ah 1 monsieur, quelles souffrances !
— J'y compatis! fit le prince en s'asseyant — Tiens! reprit-il, pas de musique ! ce fauteuil ne fait pas de musique?
— Je ne crois pas; du moins, je ne m'en suis pas encore aperçue! fit la dame en considérant le fauteuil avec étonnement. Monsieur aime la musique, cette consolatrice des cœurs éprouvés? Nous avons dans la grande salle à manger, un piano à manivelle, mais il ne joue que des airs en rapport avec la situation de nos âmes, le Miserere du Trouvère, — 0 mon Fdgard, tous les biens de la terne! de Lucie, —ou bien : On dit que tu te maries, tu sais que je vais en mourir... d'Ay Chiquita! C'est navrant!
— C'est navrant! répétèrent le prince et Blikendorf en prenant congé de la malheureuse dame.
— Eh bien, Blikendorf? dit le prince, il me semble que vous flirtez!
— Non, monseigneur, je console!
— C'est une noble mission. Je venais prendre de vos nouvelles et savoir comment vous preniez votre séjour à l'aile des divorces. Je suis rassuré.
— Et vous, monseigneur, à l'aile des lunes de miel?
— Mon ami, c'est un rêve... une existence céleste! Nous menons une vie d'archanges!
Pendant que Blikendorf faisait au prince les honneurs de l'aile des divorces et lui montrait les petits jardins, la salle à manger où tout le monde prend ses repas en commun, le salon de lecture où l'on trouve une belle collection de codes de tous les pays, de recueils des lois et arrêts et des manueJs de jurisprudence, un nuage sombre montait à l'horizon du prince, la sécurité de son existence céleste était menacée!
L'ennemi était dans la place : Cabassol, que l'on croyait avoir tout à fait dépisté, causait avec Tulipia dans la chambre du prince.
Comment avait-il retrouvé la trace des fugitifs et comment lui, simple célibataire, avait-il pu tromper la viligance du maître de l'hôtel, cela serait trop long à raconter. Une Suissesse de l'hôtel de la Lune de miel, achetée presqu'au poids de l'or, lui avait livré les renseignements et l'avait fait passer en le donnant pour un avoué réclamé par une divorceuse.
Les costumes de Tulipia.
— Encore vousl s'étail écriée Tulipia, encore vous!
— Divine Tulipia, voua voyez combien je vous aime 1. i ce que vous croyez être le seul/... Tenez, il faut en finir, j'en al s iez de vos persécutions. Voulez vous savoir combien je suis aimée? ez von dans ce fauteuil, c'est le fauteuil du prince, il va vous Le dur... Cabassol obéit, Le fauteuil joua con fuoeo l'air ris la Favorite .
Ali vleoi, vient I Je côdû iperdulm - Et non seulement, il m'aime, mais encore, il m'a juré <l<- m'épou er
Tulipia lit |i plaoobi pont érhor.
— i ^ 11 i, le prince de Botnie, le fiancé de la grande duchesse de Klakfeld?
— Il Lâche sa grande duchesse de Klakfeld... Dites floue, il me semble que je vaux bien une Klakfeld, un manche h balai allemand!,.,
— o Tulipia! cent mille Klakfeld ! 1 [je lâcherais cent mille Klakfeld!
— Et il épouse morganatiquement sa Tulipia! Voila, mon cher, l'avenir qui m'attend : épouse morganatique du prince Michel de Bosnie !
Cabas ol »ai il la main de Tulipia etla pressa sur ses lèvres.
M.,n leur, '-'-lia Tulipia, lortezl Tromper Michel,jamais! D'abord non ne sommes pas encore mariés.,, et apprenez qu'alors, je ne pourrai le tromper an mé alliance qu'avec des archiducs !
Cabassol ne sortit pas. Il changeait ses batteries; puisque décidément il ne pouvait point enlever Tulipia, il voulait au moins obtenir d'elle la restitution <i<; l'album de la succession Badinard, après lequel il courait depuis près de cinq mois. Il cherchait donc un moyen d'ouvrir les négociations dans ce sens, Lorsque tout à coup des pas précipités retentirent dans le couloir. Le prince Michel accourait, prévenu par un garçon de l'aile des Lunes de Miel, de l'audacieuse intrusion de Gabassol. Le patron de l'hôtel le suivait pour le maintenir et modérer au besoin sa juste colère.
— Encore lui ! s'écria le prince.
— Arrêtez] fit l'aubergiste en se jetant entre eux, arrêtez! je comprends, monsieur, votre indignation , mais songez que nous avons le remède auprès du mal... Passez dans l'aile des divorceurs, notre avoué s'occupera de votre affaire avec la plus grande diligence et je vous promets de faire prononcer le divorce en six semaines !...
— Il ne s'agit pas de cela! allez me chercher mon ami M. de Blikendorf, à l'aile des divorces, et amenez-le moi, je pense que maintenant cela ne présente plus un grand inconvénient.
— J'y cours, monsieur, répondit l'hôtelier.
— Je sais tout, monsieur! reprit le prince en s'adressant à Cabassol, vous êtes diplomate, mais il est aujourd'hui inutile de faire de la diplomatie, je sais tout, prenez un siège et causons ! Que diriez-vous si je vous faisais donner la croix de Bosnie de l re classe?
— Une décoration ! pensa Cabassol, que veut-il dire?
— Gela ne suffit pas? bien ! vous aurez le brevet de chevalier du Lion de Bosnie, cela ne se donne pas à tout le monde, il faut les plus grands mérites... Vous restez muet?... Eh bien, je vous promets la noblesse héréditaire!
Gabassol etTulipia se regardaient sans rien comprendre à celte distribution de récompenses.
— Eh bien? reprit le prince, la croix, le Lion de Bosnie et la noblesse ! De plus, je vous attache à ma personne... mais vous abandonnez le service de mon auguste père, vous renoncez à essayer de me séparer de madame pour me forcer à aller à Klakfeld, car tel était votre plan, je suppose. Est-ce dit? je vous attache à ma personne, vous me suivrez partout!
— C'est dit, monseigneur! fit Gabassol en s'inclinant.
— Ah ! voici Blikendorf!
— Monseigneur, dit Blikendorf effaré, c'est encore...