Les Confessions de l'Ange Noir
- Автор: Дар Фредерик
- Год: 2017
- Язык: французский
- Год: Fleuve éditions
- ISBN: 978-2265116986
- Жанр: Крутые детективы
Электронная книга - «Les Confessions de l'Ange Noir». Краткое содержание книги:
Ça va plus vite, et ça impressionne davantage. »
Tiens, voilà que mon charme opère, ma parole…
Je reste assis sur le plancher.
— Merci, je dis, vous êtes gentille… C’est mon physique qui vous fait de l’effet, ou bien si c’est ça ?
Je brandis mon feu.
— Les deux, murmure-t-elle.
Elle ajoute, sans me regarder, les yeux fixés sur la route :
— Vous êtes un gangster américain ?
— Il paraît…
— Vous avez tué des gens ?
— C’est la caractéristique des gangsters, oui.
Elle ne souffle plus mot.
— Vous avez la frousse ? je questionne.
— Pas trop, répond-elle, je n’ai pas d’argent sur moi… En général, les gangsters tuent pour de l’argent, du moins tous les livres l’affirment.
— Il n’y a pas que l’argent…
Elle me regarde, pour la première fois, et avec une telle insistance que je crains pour notre sécurité.
— Regardez plutôt devant vous, ma douceur !
Elle relève la tête…
— Il y a toujours des flics ? je demande.
— Ils ne font pas la haie, dit-elle, mais j’en croise pas mal… Vous devez être une grosse légume dans le crime…
— Assez, oui…
— Ça se voit…
— Vous allez être un amour, je dis.
— Vous trouvez que je ne me comporte pas comme un amour depuis un bon moment déjà ?
— Justement, j’y prends goût, et je voudrais que vous continuiez.
— Que faut-il faire ?
— Pas grand-chose…
— Mais encore ?
— Me piloter jusqu’à Paris, par exemple…
— Facile… Quel quartier ?
— Un quartier populeux de préférence…
— Les Halles, ça vous va ?
— Pile !
Je réfléchis…
— Pourquoi les Halles ?
— Parce que j’ai une course à y faire et que je fais d’une pierre deux coups…
Elle n’a pas froid aux yeux, la donzelle. En voilà une qui est bien de la race de Jeanne d’Arc !
— Après, je demande, je suppose que vous allez cavaler à la police pour leur dire que vous m’avez trimballé et leur révéler dans quel secteur vous m’avez débarqué ?
Elle ne répond pas.
J’insiste.
— N’est-ce pas, beauté ?
— Je ne sais pas, fait-elle.
Je ricane.
— Il y a conflit entre votre bonne vieille honnêteté et votre penchant pour les jolis gosses ?
— Parce que vous êtes un joli gosse ?
— Vous n’allez pas me faire croire que vous ne vous en êtes pas aperçue, non ?
— Ça dépend, murmure-t-elle.
— Ça dépend de quoi ?
— De son idéal…
J’hausse les épaules…
— Un mot bien français, ça ! Idéal ! Les femmes, dans ce pays, ne sortent jamais sans leur idéal, pas vrai ?
— Vous avez quelque chose contre les femmes de ce pays ? se rebiffe-t-elle.
Je souris…
— Moi, pas du tout… Au contraire, j’aurais plutôt un faible pour elles.
Et, pour appuyer cette affirmation, je glisse à nouveau ma main fureteuse dans son entre-jambe… Elle ne joue pas l’obstruction. C’est un plaisir que de caresser la peau d’une fille pareille.
Ses cuisses sont veloutées comme des pêches bien mûres… Elles sont tièdes…
Mes doigts s’égarent dans la défense dérisoire d’une culotte de soie…
— Arrêtez, fait-elle…
Je ne me décide pas à obéir.
Elle répète, d’une voix pâmée :
— Arrêtez, je vais perdre la tête…
Je stoppe la manœuvre.
— On pourrait peut-être, avant de se séparer, aller dans un petit hôtel peinard, je suggère, histoire de faire mieux connaissance, vous ne croyez pas ?… J’ai lu dans un journal sérieux que les échanges entre les gens de différentes nations sont les bases du monde futur… Ça vous dirait, chérie, que nous nous occupions un peu du monde futur, vous et moi ?
— Pourquoi pas ? fait-elle, les dents serrées.
Elle est pâle et ses narines sont pincées… C’est le genre de gamine qui a dû apprendre l’amour ailleurs que dans les manuels d’histoire ou dans les bouquins de la comtesse de Ségur ! Avec elle, on doit pouvoir jouer au Stromboli plus aisément qu’à la marelle !
— On y est bientôt ? je demande.
Depuis un bon moment déjà je perçois les bruits, la rumeur immense de Paname !
— Nous y voilà, déclare-t-elle.
Elle décrit un large virage… Puis la voiture s’arrête.
Elle ouvre la portière de son côté, saute à terre et se met à hurler…
— Attention ! Au secours, c’est le gangster ! Il est là !
Je me relève d’un bond ! Et je pousse le plus retentissant des jurons. Cette enfant de garce m’a vachement chambré… Pendant que je la pelotais elle préparait un coup formidable : elle m’a conduit droit dans la cour de la Préfecture de police et il y a autant de flics autour de moi que de nègres dans l’Oubangui !
Chapitre XVII
Trois petits tours et puis… une grande !
Je réalise tout en un éclair…
La fille me tenait assis afin, prétendait-elle gentiment, de me soustraire à la vue des policiers qui s’échelonnaient sur la route, en réalité c’était pour que je ne me rende pas compte du chemin que nous suivions !
Beaucoup d’arnaque en vérité.
Chapeau bas !
Et moi, comme une crêpe, qui lui demandais de me conduire dans un endroit populeux ! Tu parles… Mince d’endroit populeux… Je regarde vivement. Les matuches ne savent pas exactement ce qui se produit… Ils regardent cette fille qui gueule, ils me regardent, et ils froncent le sourcil sans se décider à intervenir…
Heureusement que je n’ai pas donné mon blaze à la cocotte ! Si elle bramait que c’est l’Ange Noir qui occupe la cabine du camion là, ils se dégèleraient, les vachards ! Toute la maison flicard me débaroulerait sur le paletot.
Mais ce cri de « le gangster ! » les déconcerte… Ils se disent que la souris est peut-être un peu pincecornée et qu’elle qualifie de gangster simplement un déluré qui lui a trituré la jarretelle… Je me dis, à toute vitesse :
« Et maintenant ? Qu’est-ce que tu vas faire, bonhomme ? »
Je remarque que la cour est pleine de véhicules de toutes sortes. La fuite n’est guère possible, et pourtant ? Le moyen d’agir autrement ?
Alors l’Ange Noir des grands jours se manifeste. C’est comme au cirque ; on fait l’exercice sans filet pour époustoufler le cochon de public.
Je me glisse derrière le volant… Je tire le démarreur et je mets en marche en direction de la lourde. Les flics réagissent alors. En voici deux qui ont le culot de s’interposer devant moi, croyant naïvement que leur carcasse va me faire stopper.
Il ne m’en faut pas davantage pour me faire filer un coup d’accélérateur. L’un des deux est cueilli par l’aile droite de la camionnette et il est projeté à trois mètres ; le derche par terre et l’air plus abruti que s’il venait de découvrir un serpent à sonnette dans son calbard. Du coup, ça redéclenche ces bons messieurs qui se mettent à galoper, à glapir, à siffler comme s’ils étaient dans un rodéo.
Moi j’arrive à la lourde. Je colle la bagnole en biais de façon à obstruer l’entrée. Puis, d’un effort terrible, j’arrache le levier des vitesse de façon à bloquer le toboggan. Je saute à terre, du côté de l’extérieur…