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Les Confessions de l'Ange Noir

Электронная книга - «Les Confessions de l'Ange Noir». Краткое содержание книги:

« La plupart des hommes fabriquent des vivants, moi je fabrique des morts.
Ça va plus vite, et ça impressionne davantage. »
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Ce quelqu’un, je le trouverai sûrement dans l’entourage de Masset. S’il m’a choisi comme tête de lard, c’est qu’il avait besoin d’un vrai gars à la redresse pour ça. Probable que la demi-porcif appelée Rilley n’avait pas les épaules suffisamment larges pour endosser le paletot en question…

Ouais !

Je glisse le miroir dans ma poche. J’avais acheté ce morceau de vérité dans un Prisunic de Frisco pour le donner à la môme Sissy. En tendant un demi-dollar à la vendeuse, je ne pensais pas qu’il provoquerait tant de convoitise… C’est marrant, au fond !

Je le foutrais bien en l’air, mais il paraît que de casser un miroir, ça vous cause des giries pendant sept berges, je m’ai l’air assez poissard comaco en ce moment !

Et tenez, la meilleure preuve que je suis poissard c’est que, juste au moment où j’abandonne la viande froide de la môme Sophie pour me tirer, j’aperçois, au bas du monumental escalier une ciliée de représentants de la maison bourreman. Ils sont en demi-cercle, l’air aussi gracieux que des tigres du Bengale avec assez de soufflants dans les paluches pour transformer Tarzan en descente de lit !

Mon pouls s’accélère. Je vous jure que ça me fait un vrai effet. Ne pas avoir ce qui s’appelle levé le petit doigt sur son semblable et se faire fabriquer par une flopée de gros méchants avec des accusations de meurtres en veux-tu en voilà, c’est trop tarte !

Le piège s’est refermé ; dans l’ombre, un loustic me guettait, me suivait pas à pas… Il savait tout ce qui allait s’accomplir et il mijotait de rabattre le couvercle de la masse sur moi.

J’ai un geste instinctif pour sortir mon bavard et distribuer des valdas.

— Les mains en l’air ! hurle un des truands. Et pas un geste ou tu es mort !

C’est la débâcle !

Je cramponne les nuages en soupirant…

L’un des flics vient à moi, une paire de menottes dans les mains. Les autres s’avancent, lentement, sans cesser de me coucher en joue avec leur artillerie de frontière !

Leur connerie, c’est de déléguer un passeur de bracelets. Le mec marchant en avant, lorsqu’il est juste devant mézigue il intercepte les coïts de ses pieds nickelés !

Je fais un rapide calcul. Pour me passer les poucettes il va me faire baisser les pognes ! À ce moment-là, je pourrai peut-être jouer les Robin des Bois…

— Tes poignets, mon salaud, grogne le flicard.

Il a une tronche qui a dû servir de cible pendant trente ans dans un jeu de massacre. Tellement bosselée qu’on ne sait pas par quel bout le regarder. Je baisse les mancherons.

Au moment où il met ses bracelets dans la position convenable, je lui donne un coup de genou dans les précieuses. Un petit coup très vache, très sec… Il pousse un petit grognement et se plie en deux !

Je le griffe par le revers de son veston et je lui fais une prise japonaise qui le bloque contre mon buffet.

— Tirez pas ! je crie à ses potes, ou alors c’est cet ami qui déguste…

Tout ça s’est déroulé tellement vite que ces bignolons n’ont pas eu le temps de réaliser. Ils se croient au cinéma et ont brusquement tendance à devenir de simples spectateurs…

M’est avis que c’est le moment de sortir un cinquième as de ma manche, vous ne pensez pas ?

Chapitre XIII

La belle !

Ceux qui hésitent, dans ces cas-là, ont des dispositions solides pour faire des macchabées !

Moi je n’hésite pas. Je tire en arrière le gros flic qui me sert de bouclier, j’opère un léger mouvement tournant qui me met à l’angle du mur et de l’escalier. Encore dix centimètres et je serai momentanément à l’abri des balles. Je les fais, puis, d’une détente, je repousse mon tas de bidoche… Le matuche bat des bras et bascule en arrière, entravant la ruée de ses collègues. J’aime autant vous dire que je ne perds pas mon temps à consulter le journal pour voir la rubrique des spectacles !

Comme un météore, je fonce dans le couloir. Il y a une porte ouverte, je m’y rue, je la repousse…

D’un regard prompt je réalise l’endroit où je viens d’échouer : une salle de bains !

Tout ce cirque ne peut servir à grand-chose ! C’est reculer pour mieux sauter !

Je donne tout de même un tour de clé à la lourde et je traîne devant un meuble métallique.

Rempart bien fragile que cela ! Un tour de clé et un meuble devant une lourde n’ont jamais empêché les flics de pénétrer quelque part.

Ils foncent comme des sangliers harcelés par la meute. Leurs épaules ébranlent la porte. Ils gueulent des injures, ils trépignent, ils me jurent qu’ils vont me faire la peau… Qu’ils vont me faire bouffer mes dents et ils me racontent déjà tout le programme des réjouissances.

Je les crois sans peine. Les matuches aiment bien bousculer les mecs qu’ils appréhendent. En réalité, ce sont les inculpés qui appréhendent ! Et comment ! Plus le délit est grave, plus le gars a résisté, et plus ils font fonctionner leurs battoirs…

Si je tombe vivant entre leurs pognes, moi je vous le dis, lorsqu’ils en auront terminé avec moi, il ne restera pas plus d’air dans mes poumons qu’il n’en reste dans une vessie pétomane sur laquelle s’est assis l’Aga Khan… Dans les côtelettes, ils billent, ces carnes ! Et vlan, remettez-nous ça, la patronne !

Je n’ai rien à attendre d’eux… Du moins rien d’autre qu’un petit jardin sur le ventre dans un cimetière de banlieue !

Et tout ça alors que, pour la première fois de ma vie, je suis blanc comme neige !

Elle est duraille à gober, celle-ci… Qui m’aurait dit, et qui aurait dit à tous les dessalés de Chicago que l’Ange Noir se ferait dessouder par des bignoles français, pour des délits qu’il n’a pas commis !

Ah non ! C’est trop fort… Merde arabe ! Je veux bien régler ma note, mais seulement lorsque j’ai consommé. J’aime pas acquitter les factures des autres ! Ça me chiffonne !

À part la porte, provisoirement barricadée mais qui n’en aura pas pour longtemps, la salle de bains ne comporte qu’une seule issue. Et cette issue est constituée par une étroite fenêtre rectangulaire…

Je l’ouvre… Cette fenêtre donne sur une face de la masure que je ne connaissais pas encore : celle de la piscine. Oui, il y a une piscine ; une bath pistoche garnie de céramiques vertes qui, grâce au ciel, contient de la flotte.

Et voyez si le hasard fait bien les choses ! Le côté profond de la piscine est justement situé sous cette petite fenêtre…

Je ne fais ni une ni deux. Je boutonne ma veste, je sors mon feu, le jette à côté de la piscine dans un tas de sable et je me glisse dans l’encadrement de ladite fenêtre. Tout ça se passe en cent fois moins de temps que je n’en mets à vous le raconter.

En pratiquant ainsi, je ne puis pas prendre d’élan… C’est à force de reptations que j’arrive à franchir cet encadrement étroit.

Je fais un effort du buste, je donne une secousse et zoum !

Ça y est, je tombe… J’ai à peine le temps d’allonger les bras en brise-lame que me voici déjà dans la baille.

Je ne perds pas ma jeunesse à jouer au triton. J’opère un retournement et, d’un coup de talon je me propulse à la surface… J’émerge à cinquante centimètres de l’échelle de fer. J’empoigne les échelons et je m’extrais de la piscine.

Un flic paraît à la fenêtre et se met à gueuler aux petits pois…

Ces carnes ont déjà eu raison de la porte.

En même temps qu’il brame, le flic de la fenêtre tire. Mais on ne peut jamais bien faire deux choses à la fois. Il rate tout ce qu’il veut, or, comme ce qu’il veut c’est ma carcasse, on peut dire que sa maladresse est la bienvenue.

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