Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Les Pardaillan - Livre VI - Les Amours Du Chico
Les Pardaillan - Livre VI - Les Amours Du Chico - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Pardaillan - Livre VI - Les Amours Du Chico

Электронная книга - «Les Pardaillan - Livre VI - Les Amours Du Chico». Краткое содержание книги:

La suite de Pardaillan et Fausta. Au cours de son ambassade à la Cour d'Espagne, Pardaillan est amené à protéger une jeune bohémienne, La Giralda, fiancée d'El Torero, Don César, qui n'est autre que le petit-fils secret et persécuté de Philippe II. Or, Fausta a jeté son dévolu sur El Torero pour mener à bien ses intrigues, et elle bénéficie de l'appui du Grand Inquisiteur Don Espinoza dans ses criminelles manoeuvres. Le chevalier est aidé dans cette lutte par le dévouement absolu d'un pauvre déshérité, le malicieux Chico et sa bien-aimée Juana…
1 ... 80 81 82 83 84 85 86 87 88 ... 115
Перейти на страницу:

C’était une profusion de fruits, de victuailles variées, de flacons, que des personnages, hommes et femmes, engloutissaient gloutonnement.

Dans l’Été, les personnages, de grandeur presque nature, étaient entièrement nus. Dans le printemps, ils étaient un peu plus couverts. En revanche, les poses et les gestes étaient tels qu’il nous faudrait recourir au latin pour les décrire. On ne s’effarouchait pas pour si peu à cette époque.

Notez que, tout, en accomplissant ces gestes que nous ne saurions décrire, les personnages en question n’arrêtaient pas de s’empiffrer avec des grimaces de jubilation. Évidemment, l’artiste qui avait conçu ce panneau s’était inspiré de ces paroles de l’Évangile: «Que votre main droite ignore ce que fait la gauche.» De-ci, de-là, quelques tableaux.

Et toujours le même sujet, varié seulement dans les détails des gens mangeant et buvant avec des mines béates. La seule vue de ces panneaux et tableaux était faite pour réveiller l’appétit le plus profondément assoupi.

Une cheminée monumentale occupait à elle seule les deux tiers d’un côté. L’intérieur de cette cheminée était garni d’arbustes, de plantes rares, de fleurs aux parfums très doux, rangés en corbeille autour d’une vasque de marbre dont le jet d’eau retombait en pluie fine, avec un murmure caresseur, et rafraîchissant l’air, saturé de parfums. Deux fenêtres aux rideaux de velours hermétiquement clos; dix fauteuils de dimensions colossales s’espaçaient le long des boiseries; deux bahuts se faisaient vis-à-vis. Bien qu’il fît grand jour au dehors, aux quatre angles, quatre torchères énormes, chargées de cire rose et parfumée, qui se consumaient lentement et dont les volutes de fumée bleuâtre répandaient dans la salle ce parfum spécial qu’on y respirait.

Voilà ce que vit Pardaillan d’un coup d’œil.

Tout, dans cette salle, semblait avoir été aménagé en vue de la glorification de la gourmandise. Tout semblait avoir été conçu en vue de l’inciter à faire comme les personnages des tableaux et tapisseries, c’est-à-dire à bâfrer sans retenue.

Au centre de la salle, une table était dressée, autour de laquelle vingt personnes eussent pu s’asseoir à l’aise. Une nappe d’une blancheur éblouissante et d’une finesse arachnéenne; des chemins de table en dentelles précieuses, des surtouts d’argent massif, des cristaux enchâssés de métal précieux, une vaisselle d’or et d’argent, des flambeaux aux cires allumées et des jonchées de fleurs. Tel était le décor prestigieux destiné à encadrer dignement les innombrables plats, les fruits savoureux, les entremets, les pâtisseries, les compotes et les gelées et l’escadron des flacons de toutes formes et de toutes dimensions, rangés en bon ordre devant la ligne des bouteilles ventrues, vénérablement poussiéreuses.

Au milieu de cette table, surchargée de provisions qui eussent suffi à rassasier vingt personnes douées du plus solide appétit, un couvert, un seul, était mis. Et devant cet unique couvert, un vaste fauteuil semblait tendre ses bras rigides à l’heureux gourmet à l’intention duquel on avait fait cette débauche de richesses gastronomiques.

Voilà ce que désignaient de la main les frères Zacarias et Bautista, avec des airs de vénération profonde comme ils n’en avaient peut-être pas devant le saint sacrement. Et leurs yeux clignotants, leur énorme bouche qui s’arrondissait en cul de poule, leurs larges narines qui reniflaient non les parfums répandus dans la salle, mais le fumet des plats, leur air de fausse modestie, tout dans leur attitude semblait dire que tout cela était leur œuvre à eux, tout implorait un compliment que Pardaillan ne leur refusa pas.

– Admirable! dit-il simplement d’un air très convaincu.

– N’est-ce pas? rayonna frère Bautista. Et que direz-vous, mon frère, quand vous aurez goûté aux délicieuses choses qui figurent sur cette table!

Les deux moines se regardaient d’un air triomphant. Leurs yeux se disaient clairement:

«Enfin! il va goûter à ces mets, et nous, nous toucherons enfin la récompense de nos efforts persévérants. À nous la plus grande partie de ces bonnes choses… Il ne saurait manger tout cela.»

Et la langue passée sur les lèvres lippues semblait répondre:

«L’eau m’en vient à la bouche, rien que d’y penser.»

Hélas! la joie des vénérables frères fut de courte durée, car Pardaillan ajouta aussitôt:

– Merveilleux! Mais vous vous êtes donné beaucoup de peine bien inutilement, car je ne toucherai à rien des merveilles entassées là.

La consternation des moines confina au désespoir. Pour un peu, ils l’eussent battu.

– Ne blasphémez pas, dit sévèrement frère Bautista. Asseyez-vous plutôt dans ce moelleux fauteuil qui vous tend les bras.

– Mais puisque je vous dis que je ne veux rien prendre… Rien, entendez-vous?

– C’est l’ordre! dit doucement frère Zacarias.

Pardaillan lui jeta un coup d’œil de côté.

– Vous l’avez déjà dit, fit-il avec son air narquois. Vous ne variez pas souvent vos formules.

– Puisque c’est l’ordre! répéta naïvement frère Zacarias.

– Asseyez-vous, mon frère, supplia Bautista, faites-le pour l’amour de nous… Nous sommes déshonorés si vous résistez à tous nos efforts.

Pardaillan eut-il pitié de leur désespoir très sincère? Comprit-il que la résistance serait inutile et que, rigoureux observateurs de la consigne reçue, ses deux gardiens ne lui laisseraient aucun répit, tant qu’il ne se serait pas assis à cette table somptueuse? Nous ne saurions dire, mais toujours est-il que de son air railleur il condescendit:

– Eh bien, soit. Pour l’amour de vous, je veux bien m’asseoir là… Mais vous serez bien fins si vous réussissez à me faire ingurgiter la moindre des choses.

Et il s’assit brusquement, avec un air qui eût donné fort à réfléchir aux dignes moines s’ils avaient été plus physionomistes ou s’ils avaient mieux connu leur prisonnier.

– Allons, dit Pardaillan, qui sentait la colère le gagner, allons, faites en conscience votre métier de bourreau.

Les deux moines le regardèrent avec stupéfaction. Ils ne comprenaient pas. Machinalement ils regardèrent autour d’eux, comme si les paroles ne pouvaient s’adresser à eux. Et d’un commun accord, ils levèrent les yeux au ciel comme pour se dire: «Il divague».

Dès que Pardaillan eut pris place dans le fauteuil, un orchestre, qui semblait être dissimulé derrière la cheminée, se mit à jouer des airs tour à tour tendres et languissants, joyeux et capricants, tantôt sur des rythmes lents et berceurs, tantôt sur des rythmes endiablés de vitesse et d’originalité. Et les sons des instruments à cordes, auxquels se mêlaient les sons plus aigus des flûtes et ceux plus nasillards des hautbois, lui arrivaient voilés, mystérieux, comme très lointains, évocateurs de rêves mélancoliques ou joyeux.

Cette mise en scène savante, cette musique lointaine, ces fleurs, ces parfums aphrodisiaques, la splendeur de cette table, le fumet des plats, l’arôme capiteux des vins tombant en pluie de rubis et de topaze dans des coupes de pur cristal, au long pied de métal précieux, chefs-d’œuvre d’orfèvrerie, il y avait là plus qu’il n’en fallait pour affoler l’esprit le plus fermé et le plus lucide. Malgré sa force de caractère peu commune, Pardaillan était pâle de l’effort surhumain qu’il faisait pour se maîtriser.

1 ... 80 81 82 83 84 85 86 87 88 ... 115
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)