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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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« Accepter ? Par les dieux inférieurs ! Les Prêtres feront tout ce que décrétera Alia. Elle pourrait épouser Farad’n elle-même ! »

Est-ce donc là qu’il voulait en arriver ?

« Non, Ma Dame, poursuivit-il, ce n’est pas la solution. Le peuple de cet Empire ne peut plus distinguer le gouvernement des Atréides de celui de Rabban la Bête. Chaque jour, des hommes meurent dans les oubliettes d’Arrakeen. Je suis parti parce que mon épée ne pouvait servir les Atréides une seule heure de plus ! Ne comprenez-vous pas ce que je dis, pourquoi je me présente devant vous, qui représentez les Atréides ici ? L’Empire des Atréides a trahi votre Duc et son fils. J’aimais votre fille, mais elle a pris un chemin et moi un autre. S’il le faut, je conseillerai à Farad’n d’accepter la main de Ghanima, ou celle d’Alia, mais seulement selon ses propres conditions ! »

Ah… Il plante le décor pour présenter solennellement sa démission du service des Atréides, songea Jessica. Mais ces autre sujets qu’il évoquait, savait-il à quel point ils allaient dans son sens et lui facilitaient la tâche ? Elle le regarda en fronçant les sourcils.

« Vous savez que des espions écoutent chacune de nos paroles, non ? »

« Des espions ? Il rit. Ils écoutent, comme j’écouterais si j’étais à leur place. Savez-vous comment ma loyauté a pu diverger ? J’ai passé tant de nuits seul dans le désert. Les Fremen ont raison. Dans le désert, la nuit surtout, ce sont les dangers de la pensée que l’on affronte. »

« Est-ce là que vous avez entendu les Fremen nous maudire ? »

« Oui. Chez les al-Ourouba. Je les ai rejoints sur les ordres du Prêcheur. Nous nous donnons le nom de Zarr Sadus, ceux qui refusent de se soumettre aux Prêtres. Je suis ici pour annoncer solennellement à une Atréides que je suis passé dans le camp ennemi. »

Elle l’observa, en quête du moindre signe révélateur, mais il était impossible de savoir si Idaho mentait ou s’il avait des intentions cachées. Était-il possible qu’il se soit mis du côté de Farad’n ? Jessica se souvint d’une maxime des Sœurs : dans les affaires humaines, rien n’est jamais persistant ; toutes se déplacent en spirale, tournent et puis s’échappent. Si Idaho avait vraiment rejeté les Atréides, cela expliquait son comportement présent. Il tournait et s’éloignait. Elle devait tenir compte de cette possibilité.

Mais pourquoi a-t-il insisté sur le fait qu’il exécutait les ordres du Prêcheur ?

Ses pensées se précipitaient. Plusieurs solutions se présentaient et elle prit conscience qu’elle allait devoir tuer Duncan Idaho. Le plan dans lequel elle avait placé tous ses espoirs demeurait si fragile qu’elle ne pouvait autoriser la moindre interférence. Pas la moindre. Et les paroles d’Idaho laissaient entendre qu’il connaissait son plan. Elle mesura leurs positions et se déplaça pour se mettre en position de porter un coup mortel.

« J’ai toujours considéré que l’effet normalisateur des faufreluches était un pilier de notre pouvoir », dit-elle. Qu’il se demande pourquoi elle détournait leur conversation vers le système des différences de classes ! « Le Conseil du Landsraad, les Sysselraads régionaux méritent notre…»

« Vous ne détournez pas mon attention », fit Idaho.

Les actes de Jessica étaient devenus si transparents. Il s’en étonna. Était-ce qu’elle savait moins dissimuler ou bien était-il enfin parvenu à percer le bouclier de son éducation Bene Gesserit ? C’était plutôt cela, décida-t-il, mais il y avait pourtant quelque chose de changé en elle, avec le temps. Il en éprouvait de la tristesse, tout comme il en éprouvait en décelant les petites différences qui séparaient les nouveaux Fremen des anciens. La disparition du désert c’était la disparition de quelque chose de précieux pour l’homme, une chose qu’il ne saurait décrire, pas plus qu’il ne pouvait décrire ce qui se passait en Dame Jessica.

Elle le regardait avec un étonnement sincère, sans essayer de dissimuler sa réaction. Était-il possible qu’il pût lire aussi facilement en elle ?

« Vous ne me frapperez pas », dit-il simplement. Et ses mots furent ceux de l’avertissement Fremen : « Ne jette pas ton sang sur mon couteau. »

Je suis devenu très Fremen, pensa Idaho. Les usages de cette planète sur laquelle il avait vécu sa seconde vie étaient profondément inscrits en lui, réalisa-t-il, et il en conçut un sentiment de continuité déformée.

« Je crois que vous feriez mieux de vous retirer », dit Jessica.

« Pas avant que vous n’ayez accepté ma démission du service des Atréides. »

« Je l’accepte ! » lança-t-elle. L’instant d’après, elle comprit qu’elle avait obéi à un simple réflexe. Elle avait besoin de temps pour réfléchir. Comment Idaho avait-il pu savoir ce qu’elle ferait ? Elle ne croyait pas qu’il fût capable de pénétrer le Temps par l’épice.

Il s’éloigna d’elle sans se retourner jusqu’à ce que son dos rencontre la porte. Il s’inclina.

« Une fois encore, je vous dis Ma Dame, et ce sera la dernière fois. Je vais conseiller à Farad’n de vous renvoyer sur Wallach, discrètement, rapidement, dès que ce sera possible. Vous êtes un jouet bien trop dangereux, quoique je ne pense pas qu’il vous considère comme un jouet. Vous travaillez pour les Sœurs, et non pour les Atréides. Je me demande à présent si vous avez jamais travaillé pour eux, d’ailleurs. Les sorcières telles que vous vivent en des régions si lointaines et si obscures que les simples mortels ne sauraient leur faire confiance. »

« Un ghola qui se considère comme un simple mortel », dit-elle d’un ton sarcastique.

« Par rapport à vous, oui. »

« Vous pouvez disposer ! »

« Telle est mon intention. » Et Idaho franchit le seuil, sous le regard perplexe de la servante qui, évidemment, n’avait pas perdu une parole de leur affrontement.

C’est fait, songea-t-il. Et, pour eux, cela ne peut avoir qu’un seul sens.

35

Ce n’est que dans le domaine des mathématiques que vous comprendrez la vision précise du futur de Muad’Dib. Ainsi : postulons un nombre quelconque de dimensions du point dans l’espace. (C’est le classique agrégat étendu à n-plis, un agrégat à n-dimensions.) Partant de cette structure, le Temps que nous concevons communément devient un agrégat de propriétés unidimensionnelles. Si l’on applique cette conception au phénomène Muad’Dib, soit on se trouve confronté à de nouvelles propriétés du Temps, soit encore (à l’aide d’une réduction par le calcul infinitésimal) nous avons affaire à des systèmes distincts qui comprennent n-propriétés d’objet. Nous retiendrons cette dernière hypothèse pour ce qui est de Muad’Dib. Comme la réduction le démontre, les dimensions de l’espace à n-plis ont nécessairement une existence distincte dans différentes structures de Temps. On démontre ainsi la coexistence de dimensions distinctes du Temps. Cela constituant une conclusion inévitable, les prédictions de Muad’Dib impliquaient qu’il perçoive l’espace à n-plis non comme un agrégat étendu, mais comme une opération à l’intérieur d’une seule structure. Par suite, il a figé son univers dans cette structure particulière qui correspondait à sa vision du Temps.

Palimbasha :
Conférences au Sietch Tabr.

Leto, étendu au sommet d’une dune, observait la forme sinueuse d’un rocher qui émergeait du sable. C’était comme un immense ver minéral, plat et menaçant dans la lumière du soleil matinal. Rien ne bougeait. Pas un animal sur le sol, pas un oiseau dans le ciel. Les fentes d’un piège à vent étaient visibles au centre du « ver » rocheux. Là-bas, il y avait de l’eau. Ce rocher aurait pu normalement abriter un sietch, n’eût été l’absence totale de traces de vie. Immobile, à demi recouvert par le sable, Leto attendait, guettait.

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