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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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« Et vous souhaitez que je rende un rapport favorable sur vos efforts ? »

Elle se retourna enfin, découvrit son calme, le regard de ses yeux gris métalliques qui ne semblaient vraiment fixés sur rien. Ils semblaient si vides !

« Duncan, est-il possible que vous soyez soucieux de votre place dans l’histoire ? »

Elle s’était adressée à lui sur un ton accusateur et elle se souvint alors d’un affrontement précédent avec Duncan Idaho. Il avait bu. Il était alors chargé de l’espionner et il était déchiré par un conflit entre ses obligations. Mais c’était avant le ghola Duncan. Cet homme était différent. Il n’était pas divisé entre ses actes, il n’était pas déchiré.

Son sourire la confirma dans ses pensées.

« L’histoire a son propre tribunal et prononce ses propres sentences. Je doute que je sois concerné lorsque viendra mon tour. »

« Pourquoi êtes-vous ici ? »

« Pour la même raison que vous, Ma Dame. »

Aucun signe extérieur n’accompagna ces simples paroles à la force confondante. Jessica réfléchit à une allure folle : Sait-il réellement pourquoi je suis ici ? Comment le peut-il ? Seule Ghanima savait. Les éléments dont il disposait lui avaient-ils permis une computation mentat ? C’était possible. Et s’il parlait ? Mais le ferait-il, s’il partageait les raisons de Jessica ? Il ne pouvait ignorer que chacun de leurs mouvements, chacune de leurs paroles étaient épiés par Farad’n ou par ses serviteurs.

« La Maison des Atréides est arrivée à un carrefour bien amer, dit-elle. La famille se bat contre elle-même. Vous étiez parmi les hommes les plus loyaux de mon Duc, Duncan. Lorsque le Baron Harkonnen…»

« Ne parlons pas des Harkonnen, dit-il. Cela remonte à un autre âge et votre Duc est mort. » Et il se demanda : Ne devine-t-elle pas que Paul m’a révélé la présence de sang Harkonnen chez les Atréides ? Paul avait alors couru un risque terrible et Duncan Idaho n’en avait été que plus attaché à lui. La confiance impliquée par cette révélation avait été d’un prix difficilement imaginable. Paul savait ce que les hommes du Baron avaient fait à Idaho.

« La Maison des Atréides n’est pas morte », dit Jessica.

« Qui est la Maison des Atréides ? demanda-t-il. Est-ce vous ? Ou Alia ? Ou bien Ghanima ? Ou encore les gens qui servent la Maison des Atréides ? Je les regarde et je vois qu’ils portent le sceau d’un labeur qui transcende les mots ! Comment peuvent-ils être Atréides ? Votre fils l’a dit très justement : “Le labeur et la persécution sont le lot de tous ceux qui me suivent.” Je voudrais échapper à cela, Ma Dame. »

« Vous vous êtes vraiment rallié à Farad’n ? »

« N’est-ce point ce que vous-même avez fait, Ma Dame ? N’êtes-vous pas venue ici pour convaincre Farad’n qu’un mariage avec Ghanima résoudrait tous nos problèmes ? »

Le pense-t-il réellement ? se demanda-t-elle. Ou bien ne parle-t-il ainsi que pour les espions qui nous écoutent ?

« La Maison des Atréides a toujours été essentiellement une idée, dit-elle. Vous le savez, Duncan. Nous achetons la loyauté avec la loyauté. »

« Servir le peuple, railla-t-il. Ahh… combien de fois n’ai-je pas entendu le Duc répéter cela. Il ne doit guère connaître le repos dans sa tombe, Ma Dame. »

« Croyez-vous vraiment que nous soyons tombés si bas ? »

« Ma Dame, ignorez-vous donc que des Fremen se sont rebellés ? Ils s’appellent « Maquis du Désert Intérieur ». Ils maudissent le nom des Atréides et même celui de Muad’Dib. »

« J’ai entendu le rapport de Farad’n », dit-elle, se demandant où Idaho entraînait leur conversation.

« Il y a plus que cela, Ma Dame. Plus que le rapport de Farad’n. Je les ai entendus moi-même. Voici ce qu’ils crient : « Que le feu s’abatte sur vous, Atréides ! Que vous n’ayez plus d’âme, plus d’esprit, plus de corps, plus de formes, plus de magie et plus d’os, plus de cheveux, plus de gestes ni de mots. Que vous n’ayez plus de tombe, plus de maison, plus de trou ni de tombeau. Que vous n’ayez plus de jardin, d’arbres ni de buissons. Que vous n’ayez plus d’eau, plus de pain, plus de lumière ni de feu. Que vous n’ayez plus d’enfants, plus de famille, plus d’héritiers ni de tribu. Que vous n’ayez plus de tête, plus de bras, plus de jambes, plus d’allure ni de semence. Que vous n’ayez plus de foyer sur aucune planète. Vos âmes ne reviendront pas des profondeurs et jamais elles ne retourneront parmi ceux qui vivent sur la terre. Jamais vous ne rencontrerez Shai-Hulud, vous serez enfermés, enchaînés au plus profond de l’abomination et pour l’éternité vos âmes ne verront plus la gloire de la lumière. « C’est ainsi qu’ils vous maudissent, Ma Dame. Pouvez-vous imaginer tant de haine chez des Fremen ? Ils vouent tous les Atréides à la main gauche des damnés, au Soleil-Femme qui est le feu le plus ardent. »

Jessica haussa les épaules. Il ne faisait aucun doute que Duncan avait répété ces paroles sur le même ton qu’il les avait entendues. Pourquoi voulait-il que la Maison de Corrino les connaisse ? Elle se représentait le Fremen, terrifiant dans sa fureur, lançant cette malédiction ancienne devant toute la tribu. Mais pourquoi Duncan voulait-il que Farad’n l’entende ?

« Voilà un argument solide pour le mariage de Ghanima et de Farad’n », dit-elle.

« Vous avez toujours abordé les problèmes de façon étroite. Ghanima est Fremen. Elle ne peut épouser que celui qui ne paie pas de fai, pas d’impôt de protection. La Maison de Corrino a abandonné toutes ses actions de la CHOM à votre fils et à ses héritiers. Farad’n vit de la tolérance des Atréides. Et rappelez-vous que, lorsque votre Duc a planté la bannière du Faucon sur Arrakis, rappelez-vous qu’il a dit : “Ici je suis, ici je reste !” Ses os sont toujours là-bas. Et Farad’n devrait vivre sur Arrakis, avec ses Sardaukar. »

Idaho secoua la tête à la seule pensée d’une telle alliance.

« Un vieux proverbe dit que l’on pèle un problème comme un oignon », dit Jessica d’un ton froid. Comment ose-t-il me faire la leçon ? A moins qu’il ne joue la comédie pour les yeux attentifs de Farad’n…

« Je ne parviens pas à concevoir les Fremen et les Sardaukar se partageant une planète, dit Idaho. Une couche qui ne veut pas quitter l’oignon. »

Elle n’aimait pas les pensées que les paroles d’Idaho pouvaient susciter chez Farad’n et ses conseillers.

« La Maison des Atréides est toujours la loi dans cet Empire ! » dit-elle d’un ton dur. Et elle pensa :

Idaho veut-il que Farad’n croie qu’il peut retrouver son trône sans les Atréides ?

« Ah, oui ! fit Idaho. J’avais presque oublié. La Loi des Atréides ! Telle qu’elle est transcrite, bien sûr, par les Prêtres de l’Élixir d’Or. Il me suffit de fermer les yeux pour entendre votre Duc me dire que toute terre est toujours acquise et conservée par la violence ou la menace. La fortune va où elle veut, comme le chantait Gurney. La fin justifie les moyens. Ou bien serais-je en train de confondre les proverbes ? Ma foi, peu importe que la force armée soit exercée ouvertement par les légions Fremen ou Sardaukar, ou bien qu’elle se dissimule dans la Loi des Atréides… elle est là. Et cette dernière couche restera sur l’oignon, Ma Dame. Vous savez, je me demande quelle force Farad’n va choisir ? »

Mais que fait-il ? se demanda Jessica.

La Maison de Corrino allait littéralement boire cet argument, avec ravissement !

« Ainsi, vous pensez que les Prêtres n’accepteraient pas que Ghanima épouse Farad’n ? » demanda-t-elle, essayant de comprendre où il voulait la conduire.

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