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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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En téléphonant de la voiture, ils avaient appris que la personne qui avait récemment été incluse dans le contrat d'habitation de l'appartement était une certaine Miriam Wu, née en 1974, et auparavant domicilée à Sankt Eriksplan à Stockholm.

Ils disposaient d'une photo d'identité avec le visage de Lisbeth Salander scotchée au-dessus de l'autoradio. Faste, sans se gêner, annonça qu'il lui trouvait une sale gueule.

— Merde alors, les putes sont de plus en plus moches. Il faut vraiment que tu sois en manque pour en ramasser une comme ça.

Curt Bolinder ne répondit pas.

A 16 h 20, Bublanski les appela pour annoncer qu'il partait de chez Armanskij pour se rendre à Millenium. Il demanda à Faste et Bolinder d'attendre dans Lundagatan. Il leur faudrait amener Lisbeth Salander pour interrogatoire, mais le procureur ne la considérait pas encore comme liée aux meurtres d'Enskede.

— Eh voilà, dit Faste. Encore un proc qui veut d'abord des aveux avant d'inculper quelqu'un. Curt Bolinder ne dit rien. Ils observèrent distraitement les personnes en mouvement dans les environs.

A 16 h 40, le procureur Ekström appela sur le portable de Hans Faste.

— Il s'est passé des choses. Nous avons retrouvé maître Bjurman tué par balle dans son appartement. Ça fait au moins vingt-quatre heures qu'il est mort.

Hans Faste se redressa sur le siège.

— Compris. Qu'est-ce qu'on fait ?

— J'ai lancé un avis de recherche de Lisbeth Salander. Elle est soupçonnée d'avoir commis trois meurtres. Je lance un avis de recherche national. Il faut l'appréhender. Nous devons la considérer comme dangereuse et éventuellement armée.

— Compris.

— J'envoie une brigade à Lundagatan. Ce sont eux qui entreront pour neutraliser l'appartement.

— Compris.

— Avez-vous des nouvelles de Bublanski ?

— Il est à Millenium.

— Et il a apparemment coupé son portable. Essayez de le joindre pour l'informer.

Faste et Bolinder se regardèrent.

— La question est donc de savoir ce qu'on fera si elle se montre, dit Curt Bolinder.

— Si elle est seule et que tout semble en ordre, on la cueille. Si elle a le temps d'entrer dans son appartement, c'est la brigade qui interviendra. Cette nana est complètement fêlée et apparemment en tournée meurtrière. Elle peut avoir d'autres armes chez elle.

MIKAEL BLOMKVIST ÉTAIT ÉPUISÉ quand il laissa tomber le manuscrit sur le bureau d'Erika Berger et s'assit lourdement en face d'elle dans le fauteil des visiteurs, à côté de la fenêtre donnant sur Götgatan. Il avait passé l'après-midi à essayer de déterminer le destin du livre inachevé de Dag Svensson.

Le sujet était sensible. Dag n'était mort que depuis quelques heures et son employeur était déjà en train de réfléchir à la manière de gérer son matériau journalistique. Mikael était conscient de l'aspect cynique et insensible qu'on pouvait trouver à cela. Lui-même ne voyait pas les choses ainsi. Il avait l'impression de se trouver en état d'apesanteur. Un syndrome bien connu de tous les journalistes d'information générale en activité et qui se manifestait dans des moments de crise.

Alors que d'autres s'enfoncent dans la tristesse, le journaliste d'information trouve toute son efficacité. Et malgré le coup de massue qui s'était abattu sur les membres de la rédaction de Millenium le jeudi matin, le professionnalisme prit le dessus et fut canalisé dans un travail intense.

Pour Mikael, c'était une évidence. Dag était de la même trempe et aurait réagi de la même manière si les rôles avaient été inversés. Il se serait demandé ce qu'il pouvait faire pour Mikael. Dag avait laissé le manuscrit d'un livre au contenu explosif. Il avait bossé plusieurs années à récolter des données et à trier des faits, une tâche dans laquelle il avait investi toute son âme et qu'il n'aurait jamais l'occasion de mener à bien.

Et, surtout, il avait travaillé à Millenium.

Les meurtres de Dag Svensson et de Mia Bergman ne représentaient pas un traumatisme national comme le meurtre d'Olof Palme, par exemple, et il n'y aurait pas de deuil national. Mais pour les employés de Millenium, le choc était probablement plus important — ils étaient personnellement touchés — et Dag Svensson avait un vaste réseau de contacts dans le milieu journalistique qui exigeraient une réponse à leurs questions.

C'était maintenant à Mikael et à Erika de terminer le travail de Dag sur le livre, mais aussi de répondre aux questions du qui et du pourquoi.

— Je peux reconstruire le texte, dit Mikael. Malou et moi, on doit reprendre le livre ligne par ligne et y ajouter nos éléments de recherche pour arriver à répondre aux questions. En gros, on n'a qu'à suivre les notes de Dag, mais on a des problèmes dans les chapitres IV et v qui sont principalement basés sur les interviews de Mia, et là, on ignore tout simplement les sources. A quelques exceptions près cependant, je crois qu'on peut utiliser les références dans sa thèse comme source primaire.

— Il nous manque le dernier chapitre.

— C'est vrai. Mais j'ai le brouillon de Dag et on en a parlé tant de fois que je sais parfaitement ce qu'il avait l'intention de dire. Je propose qu'on le mette en post-scriptum où je commenterai aussi son raisonnement.

— D'accord. Mais je veux voir avant de valider quoi que ce soit. On ne peut pas lui prêter des paroles comme ça.

— Ne te fais pas de soucis. J'écris le chapitre comme une réflexion personnelle signée de mon nom. Il sera clair que c'est moi qui écris et pas lui. Je raconterai pour quelle raison il a commencé à travailler sur ce livre et quelle sorte d'homme il était. Et je terminerai en récapitulant ce qu'il m'a dit au cours d'au moins une douzaine d'entretiens ces derniers mois. Je peux aussi citer pas mal de passages de son brouillon. Ça peut devenir quelque chose de très respectable.

— Merde... c'est dingue l'envie que j'ai de publier ce livre, dit Erika.

Mikael hocha la tête. Il comprenait parfaitement ce qu'elle voulait dire. Lui aussi était impatient.

— Est-ce que tu as du nouveau ? demanda-t-il.

Erika Berger posa ses lunettes de lecture sur le bureau et secoua la tête. Elle se leva et versa deux tasses de café du thermos puis s'installa en face de Mikael.

— Christer et moi, on a un brouillon pour le numéro à venir. On prendra deux articles qui étaient destinés au numéro suivant, et on a demandé des contributions aux pigistes. Mais ça fera un numéro dans tous les sens, sans vraie thématique.

Ils se turent un instant.

— Tu as écouté les informations ? demanda Erika.

Mikael secoua la tête.

— Non. Je sais ce qu'ils vont dire.

— Les meurtres font le gros des infos. A part ça, ils ne parlent que d'une prise de position des libéraux.

— Ce qui signifie qu'il ne se passe absolument rien d'autre dans ce pays.

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