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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Curt Bolinder examina la cuisine et ne trouva rien de bien remarquable. Il feuilleta une pile de journaux et contrôla le plan de travail, les placards et le compartiment congélateur du frigo.

Faste ouvrit des placards et des tiroirs de commode dans la chambre à coucher. Il poussa un sifflement en découvrant des menottes et pas mal de jouets sexuels. Dans un placard, il trouva toute une panoplie de vêtements en latex du genre qui aurait embarrassé sa maman si elle avait dû ne fût-ce que jeter un coup d'œil dessus.

— Elles ont pas l'air de s'emmerder, les meufs ! dit-il en brandissant une robe en vinyle qui, selon l'étiquette, était dessinée par Domino Fashion — allez savoir ce que c'était.

Bublanski regarda sur la commode dans le vestibule où il découvrit un petit tas de lettres encore cachetées adressées à Lisbeth Salander. Il feuilleta la liasse et constata qu'il s'agissait de factures et de relevés de compte ainsi que d'une seule lettre personnelle. Elle était de Mikael Blomkvist. Jusque-là, l'histoire de Blomkvist concordait donc. Ensuite il se pencha pour ramasser le courrier par terre derrière la porte, piétiné par la force d'intervention. Il y avait là le magazine Thaï Pro Boxing, le journal gratuit Södermalmsnytt et trois enveloppes. Toutes étaient adressées à Miriam Wu.

Bublanski fut frappé d'un soupçon désagréable. Il entra dans la salle de bains et ouvrit l'armoire au-dessus du lavabo. Il trouva une boîte d'antalgiques et un flacon à moitié vide de Citadon. Il fallait une ordonnance pour le Citadon. L'étiquette sur le flacon mentionnait Miriam Wu. Il y avait une seule brosse à dents dans l'armoire.

— Faste, pourquoi c'est écrit Salander-Wu sur la porte ? demanda-t-il.

— Aucune idée, répondit Faste.

— D'accord, si je formule autrement : pourquoi est-ce qu'il y a du courrier dans le vestibule adressé à une certaine Miriam Wu, et un flacon de Citadon dans l'armoire de la salle de bains destiné à Miriam Wu ? Pourquoi est-ce qu'il n'y a qu'une brosse à dents ? Et pourquoi — si Lisbeth Salander est bien de la taille d'une gamine d'après les informations qu'on a —, pourquoi est-ce que ce pantalon de cuir que tu tiens a l'air d'aller à une personne qui mesure au moins un mètre soixante-quinze ?

Il y eut un silence embarrassé dans l'appartement. Curt Bolinder le rompit.

— Et merde ! dit-il simplement.

15

JEUDI SAINT 24 MARS

CHRISTER MALM SE SENTAIT FATIGUÉ et misérable lorsque enfin il rentra chez lui après cette journée de travail imprévu. L'odeur d'un plat exotique lui parvenait de la cuisine et il y alla faire la bise à son petit ami.

— Comment tu vas ? demanda Arnold Magnusson.

— Comme un sac de merde, dit Christer.

— Ils en ont parlé toute la journée aux infos. Ils n'ont pas donné les noms. Mais c'est une putain d'histoire.

— C'est une putain d'histoire, exactement. Dag travaillait pour nous. C'était un ami et je l'aimais énormément. Je ne connaissais pas sa copine Mia, mais Micke la connaissait et Erika aussi.

Christer regarda la cuisine. Ils venaient d'acheter cet appartement dans Allhelgonagatan et y avaient emménagé seulement trois mois plus tôt. Tout à coup il se transformait en un monde totalement inconnu.

Le téléphone sonna. Christer et Arnold se regardèrent et décidèrent d'ignorer l'appel. Puis le répondeur se mit en marche et ils entendirent une voix familière.

— Christer. Est-ce que tu es là ? Tu me réponds ?

Erika Berger appelait pour l'informer que désormais la police suspectait l'ancienne enquêteuse de Mikael Blomkvist des meurtres de Dag et Mia.

Christer reçut la nouvelle avec un sentiment d'irréalité.

HENRY CORTEZ AVAIT TOTALEMENT LOUPÉ l'assaut de Lundagatan pour la simple raison qu'il s'était tout le temps trouvé devant le centre de communication de la police et concrètement encore en attente d'informations. Rien de nouveau n'était apparu depuis la brève conférence de presse plus tôt dans l'après-midi. Il était fatigué, il avait faim et il était irrité d'être sans arrêt éconduit par les gens qu'il essayait de contacter. Vers 18 heures seulement, une fois le raid sur l'appartement de Lisbeth Salander terminé, il put intercepter une rumeur disant que la police avait un suspect. Fait agaçant, cette information venait d'un collègue de la presse du soir en relation plus étroite avec sa rédaction. Peu après, Henry réussit enfin à dégoter le numéro du portable personnel du procureur Richard Ekström. Il se présenta et posa les questions appropriées : qui, comment et pourquoi.

— De quel journal vous êtes, dites-vous ? rétorqua Richard Ekström.

— Le magazine Millenium. Je connaissais l'une des victimes. Selon une source, la police recherche une personne précise. Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Je ne peux rien vous dire pour le moment.

— Quand pourrez-vous me dire quelque chose ?

— Nous allons peut-être tenir une autre conférence de presse plus tard ce soir.

Le procureur Richard Ekström semblait évasif. Henry Cortez tripota l'anneau en or qu'il avait à l'oreille.

— Les conférences de presse s'adressent aux journalistes d'information générale qui passent à l'impression immédiatement. Je travaille pour un journal mensuel et nous avons un intérêt tout personnel à savoir ce qui se passe.

— Je ne peux pas vous aider. Il va vous falloir patienter comme tout le monde.

— D'après mes sources, c'est une femme qui est recherchée. De qui s'agit-il ?

— Je ne peux rien dire.

— Est-ce que vous pouvez démentir que c'est une femme qui est recherchée ?

— Non, je vous ai dit, je ne peux rien dire...

L'INSPECTEUR JERKER HOLMBERG se tenait à la porte de la chambre et contemplait pensivement l'énorme flaque de sang à l'endroit où on avait trouvé Mia Bergman. En tournant la tête, sans changer de place, il pouvait voir une flaque semblable là où s'était trouvé Dag Svensson. Il réfléchissait à la quantité de sang considérable. Il y en avait beaucoup plus que dans d'autres cas de blessures par balle qu'il avait vus, ce qui indiquait qu'on avait utilisé des munitions causant d'effroyables dégâts, ce qui à son tour donnait raison au commissaire Mårtensson qui présumait que le tueur avait utilisé des munitions de chasse. Le sang avait coagulé en une masse noir et rouille qui couvrait si largement le sol que les ambulanciers et le personnel du service technique avaient été obligés de marcher dedans et avaient ainsi laissé des traces dans tout l'appartement. Holmberg avait recouvert ses tennis de housses en plastique bleu.

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